Le Val d’Aoste


Bard – Forte di Bard

2018-08-08, mercredi ; > Ivrea – 70 km
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Il a plu pendant la moitié de la nuit, alors mon double toit est trempé ce matin. Heureusement, l’eau n’entre pas dans ma tente quand elle est bien montée, mais rien ne sèche dans cette atmosphère chargée d’humidité.

Debout à 6 h, je suis en route une heure plus tard. Les quelques cyclistes ou coureurs qui m’ont vu en passant n’ont pas semblé étonnés, ils m’ont simplement salué.

Le ciel est pratiquement dégagé, et le soleil fait naître des volutes de vapeur quand il darde ses rayons sur la végétation. C’est très joli.

La piste cyclable, excellente, longe le fleuve Dora Bàltea sur quelques kilomètres, puis s’en éloigne pour contourner une réserve faunique avant de se terminer. Je déjeune dans un petit village où de délicieuses sources fraîches coulent un peu partout.

Il s’agit maintenant de me procurer une carte de la région. À la station service, une carte du Piemonte est disponible. C’est parfait, même si jusqu’ici j’ai suivi la seule route existante, puisque je suis dans une profonde vallée.

C’est vraiment magnifique. La rivière, brune et rageuse à cause des pluies récentes, coule au fond de la vallée. Tout autour, selon l’espace disponible, villages, cultures et infrastructures – route, autoroute, train, canaux d’irrigation – sont disposés au mieux. Plus haut, de petits villages sont accrochés un peu partout avant de laisser se dresser d’immenses murs de pierre aux sommets découpés.

Comme la région est fréquentée depuis longtemps, ont y croise régulièrement des châteaux fortifiés du Moyen-Âge, et même quelques infrastructures romaines.

Trois cyclistes me rejoignent, les mêmes qui montaient le col hier matin. Simone, Enrico et Nicoló sont partis de Genève il y a quelques jours et rentrent à la maison ce soir. Belle rencontre, à nouveau, avec ces trois jeunes hommes.

Parfois, la vallée étroite devient un défilé où la rivière coule dans une gorge. Le rail et l’autoroute gèrent ces obstacles avec une série de tunnels. Entre Châtillon et St Vincent, ma route monte et offre de splendides vues.

Plus loin, à Bard, la route contourne le rocher où trône une splendide forteresse. Avec le pont romain, l’ensemble vaut le coup d’œil. Certains petits villages bien typés, dont Donnas, sont ravissants.

Deux remarques sur le Val d’Aosta. Le français y est très présent, devançant parfois l’italien. Plusieurs le parlent, et il s’affiche fièrement. Ça me donne l’impression d’une forme d’affirmation régionale. Aussi, je trouve de temps en temps des indications pour la Via Francigena. Cet itinéraire conduit les marcheurs de la cathédrale de Canterbury, en Angleterre, jusqu’à celle de Rome, au Vatican. Axe de communication majeur au Moyen-Âge, il vient d’être réhabilité et attire déjà les pèlerins – j’avais croisé au col un jeune allemand en route pour Rome.

Je ne m’ennuie pas, mais je sens la fatigue et la chaleur – 34°, selon mon équipement ; 38° selon une enseigne. En tout cas, c’est chaud. Je souhaite une douche et du repos, donc un camping. Sur ma carte, il y en a trois autour de Ivrea alors qu’il faudrait dépasser Torino pour les suivants. Je choisis Ivrea.

Avant d’entrer en ville, je prends la côte à gauche et je suis les indications jusqu’au bout d’un tout petit chemin et d’une allée de gravier. J’ai un doute. Effectivement, le camping est fermé. Il reste une miellerie et une auberge, mais le patron, dans un excellent français, m’invite à planter ma tente et à profiter des installations sanitaires.

Je monte la tente, qui a grand besoin de sécher – c’est vite fait –, et je passe à la douche. L’endroit est calme, parfait, mais infesté de moustiques. Je m’installe donc dans ma tente pour écrire, malgré les 35° qui y règnent. C’est moins pénible que ces bestioles. À l’heure du repas, je constate avec plaisir que les moustiques sont en pause.

Vers 20 h, scénario connu, ça se met à gronder à l’étage supérieur. Peu après, mon hôte m’interpelle : « Aie, le canadien, l’orage s’en vient. Veux-tu mettre ta tente sous la véranda ? Sous un arbre, ce n’est pas très bon. » « L’arbre, c’était pour le soleil. C’est une excellente idée, j’espère avoir le temps… »

Je procède le plus vite possible, et tout est déménagé alors que tombent les premières gouttes. Quelques secondes plus tard, l’orage se déchaîne : forte pluie, gros vent, éclairs, tonnerre, la totale. La vérandai fait son œuvre, je reste au sec et, surtout, en sécurité. Je prends des notes pour demain soir…

Afin de bien dormir, je rentre quelque minutes afin de remercier mon hôte si prévenant. Jean-Pierre – sa mère était française – et sa femme tiennent un gîte selon la formule agrotourisme et sont en même temps apiculteurs. Le monde est bon.

Il est 22 h 00, je me couche accompagné du bruit de la pluie qui se transforme tranquillement en une série d’averses.

Statistiques
km jour : 72,2
km total : 2085
départ / arrivée : 7: 00 > 15 : 30
temps déplacement : 4 : 52
vitesse moyenne : 14,8
vitesse maximale : 44,7

Le Grand-Saint-Bernard


Au col

2018-08-07, mardi ; > Aoste – 100 km
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Mon très sympatrique coloc se lève tôt et prend la route aux premières lueurs, un peu avant 6 h. Comme je suis éveillé et que j’ai de l’électricité pour l’ordi, je décide de terminer la mise à jour du journal. À 7 h, c’est chose faite. À 7 h 45, je suis en route sous un ciel bien dégagé. Scénario connu…

Tout de suite, la montée est solide, et le paysage de toute beauté. Plus je gagne en altitude, plus c’est beau, et je sais que je monterai une bonne partie de la journée.

Quelques cyclistes grimpent légers pour redescendre en vitesse, mais je suis presque seul avec bagages. Trois jeunes avec sacs arrières seulement montent rapidement – par rapport à moi –, et c’est tout. Jusqu’au sommet.

Juste avant l’intersection vers Orsières et Champex-Lac, des ouvriers achèvent le ménage après les débordements d’hier. De gros cailloux, du poids d’une voiture, de petits cailloux, et beaucoup de boue ont recouvert la route quand le torrent a débordé… d’enthousiasme, à la suite des orages.

À Liddes, une averse. Comme il est temps de manger, je m’abrite devant un garage et laisse tomber le gros de l’eau. Pas de problème.

À Bourg-St-Pierre, le soleil est revenu. Je remets de la crème solaire, puis la route entre sous un pare-avalanches, un presque tunnel – une face est ouverte, vers la vallée – de 6 km. Elle monte vers le barrage des Toulles puis le long du lac homonyme, offrant de multiples vues.

Lors d’une pause, une voiture s’arrête hors route, à côté de moi. D’où vient-elle, avec sa plaque marquée TR ? John, anglais, et Nadejda, bulgare, sont partis d’Istanbul, en Turquie, avec ce véhicule de location. Pour le moment, ils se dirigent vers l’Angleterre en faisant de nombreux détours, mais ils disent viser le Japon. À voir. En revanche, ils sont très gentils et m’offrent deux verres d’un excellent jus de fruits, boisson que je ne transporterais évidemment pas.

La route est couverte jusqu’à l’entrée du tunnel. J’émerge donc pour les six derniers kilomètres de montée, les plus abrupts. Le défi est de taille, les lacets se succèdent, mais c’est spectaculaire. Heureusement, il y a peu de circulation et les gens sont prudents quand ils passent à ma hauteur, une bonne idée avec cette route acrobatique.

Juste avant le sommet, un cycliste avec bagage léger me rattrape et nous l’atteignons à quelques instants d’intervalle. Patrice a quitté Bourg-en-Bresse hier, a dormi à Chamonix, et a donc gravi trois bons cols aujourd’hui : les Montets, La Forclaz (descente jusqu’à Martigny) et le Grand-Saint-Bernard. Tout un cycliste ! Dans mon cas, j’ai monté 47,8 km à une vitesse moyenne de 8,3 km/h. Avec les pauses, j’y ai mis près de 9 heures.

Après les photos d’usage, il me suggère de passer par Turino, car la météo s’annonce douteuse en montagne pour les prochains jours. René, un bénévole de l’Hospice, confirme la chose, appuyé par un ciel gris de plus en plus menaçant.

Alors que j’amorce la descente, la pluie passe à l’offensive. Elle est drue, glaciale, parfois mêlée de grêle. C’est, disons-le, inconfortable. Je descends le plus rapidement possible dans les circonstances, renonçant presque à photographier un paysage encore plus extraordinaire que celui de la montée. Bref, je m’enfuis.

Plus bas, la pluie cesse et la température devient un peu plus clémente. Je considère très sérieusement la suggestion de Patrice. Décision prise : ce sera Turino. Je profite aussi de cette descente exceptionnelle pour installer ma caméra sur le vélo et filmer. Je rejoins Aosta sans difficulté, réussissant même à réchauffer mes doigts.

Depuis le sommet du col, je suis en Italie, un pays dont je ne connais pas la langue. Je réussis quand même à comprendre les explications me menant à l’essentielle épicerie.

Ensuite, le camping. Je descends jusqu’à la rivière. Il y a un camping, mais il est fermé. Un homme m’indique où trouver de l’eau et un autre camping. Pour l’eau, ça va, mais en fait de camping je ne trouve qu’un dépotoir. Pas idéal.

Une piste cyclable longe la rivière. Je la prends. Devant moi, une masse grise s’avance. Pluie ou brouillard ? Il est tard, je plante ma tente en vitesse à quelques mètres de la piste, près d’une rangée d’arbres, et je m’y réfugie au plus vite. J’ai à peine le temps de manger avant que la nuit soit totale. Je me couche, et bientôt la pluie commence, forte. Est-ce que c’est pour quelques heures ou pour quelques jours ? Sujet palpitant de méditation nocturne.

Statistiques
km jour : 99,4
km total : 2013
départ / arrivée : 15: 05 > 18 : 45
temps déplacement : 12,3
vitesse moyenne : 12,3
vitesse maximale : 55,7

Les hauts et les bas


Lac des Dix

2018-08-06, lundi ; > Martigny – 40 km
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La nuit, en montagne, nous profitons de la fraîcheur et du calme. J’ai donc très bien dormi. Le matin est rayonnant quand nous nous levons, mais la canicule sévit sur l’Europe, avec des températures anormalement chaudes. Ici, nous sommes protégés des pires effets.

Au programme ce matin, une autre petite virée en voiture. Nous descendons d’abord pour voir de près les pyramides d’Euseigne, un étonnant phénomène géologique. Sur une moraine très friable, quelques cailloux ont protégé de l’érosion le sol les supportant, et se sont ainsi retrouvés au sommet de colonnes pointues, tout le reste ayant été lessivé.

Le site est évidemment protégé, mais un militaire a déjà manifesté son génie en en visant une à titre d’entraînement pour l’artillerie… Bravo, champion.

Pendant que j’admire le paysage, François-Xavier part à la recherche de ses clefs de voiture. Il les avait en arrivant, évidemment, mais où sont-elles ? Dans ses poches ? Dans ses sacs ? Dans la voiture ? Dans l’herbe ? Non… Finalement, je les retrouve sur un banc, à 3 m de là. Nous pouvons repartir.

Nos repartons vers les hauteurs. Ici, les routes sont un exploit du génie humain, et celle-ci en est un bon exemple. De flancs de montagne en lacets, nous grimpons rapidement et prudemment sur un étroit ruban noir où souvent deux voitures ne peuvent se croiser.

Nous atteignons le pied de la Grande Dixence, un monumental barrage hydroélectrique. Plus de 100 km de tunnels acheminent de l’eau depuis les vallées aux alentours via une quarantaine de captages et plusieurs usines de pompage. Avec ses 285 m, presque la hauteur de la Tour Eiffel, il ferme une vallée étroite.

Un téléphérique nous emmène en haut profiter du paysage et du temps magnifique. À bord, Louis, sympathique cyclotouriste, est le premier québécois que je rencontre depuis que j’ai quitté l’aéroport.

François-Xavier et moi longeons d’abord la rive ouest, seule accessible par une série de tunnels creusés à même la falaise. Entre les tunnels, les points de vue sur les montagnes, les glaciers et le lac sont fabuleux. Nous revenons vers la crête du barrage avant de redescendre, car le temps est court. Je serais resté longtemps à explorer cet environnement exceptionnel.

Nous redescendons au chalet où nous attendent Bernard, frère de François-Xavier et avec qui il partage aussi la maison de Sion, et Albin, un ami. Le repas concocté par frérot est excellent, tout comme les conversations. Mais le départ est proche.

François-Xavier et moi redescendons en plaine, passant de 24° à 35°. Ouf ! Je me prépare et je prends la route vers 15 h.

Rapidement, je traverse le Rhône et roule sur sa rive sud, d’abord sur route puis au milieu des arbres fruitiers et des vignes. C’est chaud, brumeux, magnifique et venteux, de face. Plus j’approche de Martigny, plus le vent forcit et plus les nuages s’assombrissent, accompagnés de quelques coups de tonnerre. Puis les nuages sont partout.

En entrant en ville, je visite une arène romaine, et arrive une averse : je me mets à l’abri à côté d’une fontaine. En reprenant la route, un panneau indique que le col et le tunnel du Grand Saint-Bernard sont fermés. Des orages violents ont provoqué un débordement de rivière.

Je suis déterminé, mais pas téméraire : je me dirige rapidement vers le camping local où je choisis l’option dortoir. Après le repas et la douche, la pluie forte commence pour plusieurs heures.

J’accueille mon coloc de ce soir, un colosse aux cheveux très courts et à l’abondante barbe en broussaille. Johannes est parti de l’Autriche, son pays, depuis trois mois et il marche par les montagnes jusqu’à Cannes. Ce n’est pas son premier voyage : passant par la Russie, il s’est déjà rendu à pieds à Jérusalem et en est revenu de la même manière. Il est également écrivain, ermite et prêtre. Tout un personnage !

En soirée, en écoutant la pluie tomber à verse, je m’attelle à la mise à jour mon journal, bien négligé ces derniers temps. Quand mon collègue se couche, je migre au salon alors que la pluie cesse pour un temps. À mon retour à la trop chaude chambre, je devine quelques étoiles et je m’installe sans bruit.

Statistiques
km jour : 38,1
km total : 1913
départ / arrivée : 15: 05 > 18 : 45
temps déplacement : 2 : 28
vitesse moyenne : 15,4
vitesse maximale : 38,2
Camping : 24 Fr

Messe, bisse et petites fleurs


Chapelle Notre-Dame-du-Bon-Conseil

2018-08-05, dimanche ; Mayens de Sion (Sion), Tyon
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Après pareille journée, la nuit a été excellente et appréciée. En revanche, il faut se lever et ne pas traîner ce matin : François-Xavier préside la messe et je m’occupe de l’animation musicale. Après le déjeuner et les préparatifs, nous nous mettons en marche, puisque la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Conseil est plus facile d’accès à pieds qu’en voiture.

La chapelle elle-même est bien jolie mais minuscule. François-Xavier préside donc dehors, sous le porche, alors que l’assemblée plutôt nombreuse et de tous âges est assise au pied des immenses mélèzes qui forment une cathédrale naturelle sous le ciel bleu.

Ma guitare est bien petite pour un tel lieu, mais les chants sont visiblement appréciés de l’assemblée. Après la messe, les gens restent longtemps à bavarder sous les arbres.

Au midi, nous deux sommes invités au chalet de Françoise, une bénévole fort impliquée. En chemin, nous croisons deux randonneurs âgés, Alain et Anne-Marie. Lui a été diplomate à Ottawa et ils étaient très amis avec la famille Trudeau à l’époque où Pierre-Éliott était premier ministre du Canada.

Notre hôtesse est une grande dame, plutôt aristocratique, mais énergique et ouverte. À l’apéro, les voisins, Pia et Thierry, de Zurich, se joignent à nous avec leurs deux petites filles Ottilia et Isabel, Hélène, jeune fille au pair et Nicolas, un neveu. Belle troupe, belle rencontre.

Pour le repas, la table est élégante, la nourriture excellente et les conversations variées et passionnantes. Nous restons bien plus tard qu prévu.

En après-midi, François-Xavier et moi partons marcher le long du bisse de Vex. Ce système d’irrigation séculaire apportait l’eau des torrents vers les coteaux par des canaux presque horizontaux installés au flanc des montagnes.

Contrairement à bien d’autres, ce bisse a été réhabilité et accueille de nombreux promeneurs pour une marche en altitude facile et ombragée. En prime, des paysages époustouflants. Nous marchons jusqu’à Oyonaz et revenons récupérer nos effets au petit café où nous les avions laissés.

Toujours à pieds, nous rejoignons la voiture et montons jusqu’à Tyon, une station de sports d’hiver. Ici, ce sont aussi les vues qui nous attirent, malgré le brouillard et les nuages de plus en plus présents. Elles sont au rendez-vous, mais la surprise est de retrouver une végétation très semblable à celle du Québec, incluant les épilobes, magnifiques fleurs violettes, et des bleuets – myrtilles, ici – prêts à être dégustés.

En redescendant, petit détour pour voir de loin les pyramides d’Euseigne, une étonnante curiosité géologique. Tout aussi étonnantes sont les couleurs du ciel qui, éclairé par dessous les nuages, vire à l’orange en colorant tout le paysage. En même temps, des orages s’approchent, mais passent ailleurs.

De retour au chalet, c’est un repas simple et savoureux, puis une courte soirée. Quand François-Xavier se couche, je m’occupe de trier les photos du jour avant de m’installer pour une autre nuit s’annonçant excellente.

Marathon


Le Rhone au pont d’Evionnaz

2018-08-04, samedi ; > Mayens de Sion (Sion) – 175 km
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Excellente nuit, à peine troublée par quelques feuilles froissées par les biches. Je me lève tôt et prends la route avant 7 h 30. Je sais déjà que je commence une grosse journée.

En quittant mon camping improvisé, j’amorce une descente à près de 50 km/h et en deux minutes je me retrouve en Suisse, sans avoir remarqué le moindre panneau marquant le passage. C’est le changement de la signalisation vélo qui m’indique l’événement.

D’abord en campagne, puis en banlieue, puis en ville, je roule vers le lac Léman, une affaire de plus de 25 km. Je déjeune donc au bord de l’eau, en plein centre de la ville. Le panorama est bien joli, ainsi que les mannequins – enfin, des gens qui en ont l’apparence – qui font leur jogging.

Je repars et je longe plus ou moins la rive du lac. Il y a parfois des percées, mais ce sont généralement les propriétaires de ces riches maisons qui bénéficient du panorama. Je repasse en France – cette fois-ci, c’est indiqué – et poursuis vers Yvoire avant un coude de la rive et des routes souvent pas mal encombrées. Suivre l’itinéraire vélo n’est pas toujours évident.

Autour de Thonon-les-Bains, la circulation atteint son paroxysme. À partir de Évian-les-Bains, il n’y a plus que la route principale, car la montagne est de plus en plus proche du lac. C’est de plus en plus beau. À St Gingolph, retour en Suisse et route au pied des falaises.

Je ne suis plus très loin de l’estuaire du Rhône. À partir d’ici, je roule sur un itinéraire cyclable, et presque toujours sur la digue du fleuve. Comme les impressionnantes montagnes suisses encadrent l’ étroite plaine, les paysages sont de toute beauté. En prime, je bénéficie d’un bon vent de dos, gracieuseté des violentes thermiques qui se développent en fin de journée avec la canicule qui sévit toujours. Le brouillard est assez dense pour ressembler à de la pluie qui avancerait derrière moi.

À St Maurice, la vallée se rétrécit jusqu’à devenir un étroit goulot. J’y croise une joyeuse famille voyageant à vélo avec de jeunes enfants, dont un bébé.

J’avance toujours de mon mieux, voyant les heures et les kilomètres s’accumuler. Je prends une bonne collation dans le coude du Rhône, juste au pied d’une paroi où s’exercent des alpinistes chevronnés.

C’est sans histoire, mais toujours au milieu de fabuleux paysages de montagnes, que je rejoins Sion après près de 175 km et 13 heures. Quand je retrouve mon ami François-Xavier, la fatigue s’estompe rapidement.

Après une douche spécialement appréciée, une visite de la maison et un petit tri de mon bagage, nous partons pour la montagne, mais en voiture cette fois-ci. En chemin, nous arrêtons à un petit resto panoramique pour de savoureuses raclettes, puis nous rejoignons le petit chemin de terre qui mène au chalet.

Il faut marcher 300 m avec nos lampes pour enfin entrer dans ce petit bâtiment rustique, charmant et parfait pour sa fonction. Nous ne veillons pas tard…

Statistiques
km jour : 173,7
km total : 1875
départ / arrivée : 7: 25 > 20 : 35
temps déplacement : 9 : 37
vitesse moyenne : 18,0
vitesse maximale : 48,1

ViaRhôna


Usinens

2018-08-03, vendredi ; > La Joux (Genève) – 105 km
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C’est toujours très agréable d’être avec mes amis, alors il est 10 h et il fait déjà très chaud quand je fais mes premiers tours de roues. Je contourne Le Tremblay, un petit hameau dont le nom me dit vaguement quelque chose, avant une bonne descente vers le lac du Bourget. Un cycliste me guide vers le trajet que je suivrai tout au long du lac.

Jusqu’à Aix-les-Bains, c’est une piste cyclable magnifique et fréquentée, parfois à quelques centimètres au dessus du niveau de l’eau. Celle-ci, toujours turquoise et transparente, est très fréquentée par les baigneurs.

Après la ville, ça se passe sur route. Elle est impressionnante : c’est un simple balcon qui surplombe l’eau de 2 m environ. Le train est habituellement confiné dans son tunnel.

Au bout du lac, je bifurque vers un itinéraire que je ne connais pas mais qui, longeant un joli canal, me mène à la ViaRhôna. Souvent sur piste agricole, parfois sur route, le trajet est facile et agréable. Je croise le Fier, un torrent que j’avais remonté par ses gorges lors d’un passage précédent.

Un peu après Seyssel, les choses se corsent. Alors que la chaleur est à son maximum – près de 40° –, j’entame une longue montée sur les petits rapports. Surtout dans les cultures, mais parfois en croisant des villages, la piste rejoint un plateau vallonné. À part un croisement un peu serré avec un motocycliste téméraire, c’est assez agréable, même si je bois de grandes quantités d’eau.

En approchant d’un mur de montagnes, je rejoins quatre jeunes cyclistes voyageant très légers sur des vélos parfois rustiques. Nous nous recroisons plusieurs fois pendant la descente qui mène au défilé de l’Écluse. Ici, le Rhône passe par un étroit passage entre d’impressionnantes parois rocheuses. C’est de toute beauté.

À la sortie du défilé, les quatre comparses regonflent des pneus quand une valve de détache. La chambre à air est finie. Ils en ont une avec eux, mais j’ai les outils et l’expérience, alors je fais la réparation. Nous échangeons des coordonnées, nous prenons des photos et nous roulons ensemble avec l’idée de dénicher un camping commun. Une soirée avec Levon, Karen, Thibault et Pierre me semble être une bonne idée, mais malheureusement ils ratent une intersection sur la piste cyclable et j’y continue seul, puisque c’est le chemin pour Genève.

La journée avance, il est temps de trouver où planter la tente. Juste après Joux, un petit bois, un emplacement parfait, même s’il est très près de la route. Je m’arrête. Je mange d’abord, puis je reçois avec plaisir un appel de mon amie Claire. Il fait pratiquement noir quand je monte la tente et m’y installe pour la nuit. Il y a quand même un peu de trafic dans le bois : les biches y gambadent allègrement. Gambadez ! Je dors.

Statistiques
km jour : 107,5
km total : 1702
départ / arrivée : 10: 00 > 20 : 15
temps déplacement : 6 : 42
vitesse moyenne : 6,0
vitesse maximale : 58,1

Étrange jardinier et cabrioles


Bourdeau – le château

2018-08-02, mardi ; La Motte-Servolex (Lac du Bourget)
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Après la chaude nuit, heureusement tempérée par une fenêtre grande ouverte, je me lève encore un peu fatigué de la grande journée d’hier. La chaleur semble installée pour plusieurs jours encore.

Ce matin, Fabien et moi nous rendons chez M. Gilbert, qui habite à la limite de La Motte-Servolex et de Chambéry. Ce vieux jardinier et polémiste ne jure que par le bio, qu’il pratique furieusement dans un jardin en apparence désorganisé tout en maugréant contre « le système ».

C’est un homme très seul et Fabien a un rôle de travailleur social plus encore que d’aide jardinier. En revanche, la production est savoureuse. En particulier, je cueille des figues fraîches en haut d’une échelle branlante. C’est inconfortable, mais c’est un vrai délice.

Au retour, nous apprenons que Wandrille, que j’avais rapidement salué ce matin, est parti sans préavis pour un bout de vacances, ayant déniché un transport de dernière minute. On se retrouvera une autre fois.

Après le repas du midi, nous partons à quatre pour le bout de la route sur la rive ouest du lac du Bourget. Après avoir longé les plages envahies, nous terminons le trajet à pieds, puis à la nage, pour aller sauter des falaises.

Comme c’est un jeu peu compatible avec mon vertige, je me contente de prendre des photos en mode rafale. Parmi elle, certaines sont splendides alors que Fabien et Arthur se lancent dans le vide avec enthousiasme.

Au retour, je procède au tri des photos du jour : j’en efface près de 600, ne gardant que la centaine de meilleures – vive le mode rafale ! Après le repas, la soirée est tranquille, et nous chantons un peu avec la guitare. Les garçons apprécient, mais participent peu car ce ne semble pas être trop de leur âge ni de leur culture. Avant de me coucher bien au chaud, je prépare une mise à jour de ma page Facebook. Comme la journée de demain s’annonce costaude, je profite d’une bonne nuit.

Le Rhône et les « petits » cols


Sainte-Marie-d’Alvey

2018-08-01, mercredi ; > La Motte-Servolex (Chambéry) – 145 km
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Ayant hier soir préparé le courriel de nouvelles, je me suis couché tard et levé tôt. Avec la canicule, c’est aussi moins confortable pour dormir. Je salue ceux de mes hôtes qui sont debout, puis je prends la route pour une journée qui s’annonce longue.

Je descend vers la Saône, une affaire de quelques instants, puis je remonte sur le plateau, ce qui est nettement plus long.

Le trajet est facile à suivre, j’ai un confortable vent de dos et parfois un peu d’ombre, appréciée. En prime, la circulation est faible sur cette section. À l’horizon, une ligne bleue : ce sont les montagnes vers lesquelles je me dirige et qui me mettent un sourire aux lèvres.

Je passe juste en dessous de Pérouges, spectaculaire cité médiévale que nous avions explorée lors d’une précédente visite. En sortant de l’épicerie, un homme m’aborde avec une série de questions techniques sur mon vélo. Après une année difficile, Georges reprend une vie où le vélo aura sa place.

Je roule ensuite sur une route achalandée jusqu’au Rhône. Juste dans un coude du fleuve, un parc, et la ViaRhôna, véloroute qui remonte son cours. C’est le temps de manger, puis de profiter d’une piste cyclable parfaite pour plusieurs kilomètres de toute beauté.

Même en revenant sur la route, ça avance bien. Il fait très chaud – au moins 35° – mais le vent de dos est un bon ami. Le paysage est spectaculaire avec le Rhône, les montagnes des deux côtés, les jolis villages. Je retrouve la ViaRhôna un peu plus loin, je la suis jusqu’au coude suivant du fleuve.

Je quitte la piste pour retrouver la route de cols qui complétera le trajet d’aujourd’hui. En chemin, je visite une des plus jolies églises du trajet. J’aide un jeune cycliste à guider une cyclotouriste hongrois ne parlant que sa langue d’origine. Plus loin, un jeune homme aux mains noircies a démonté sa roue arrière. Il a crevé son pneu, qui est inutilisable puisqu’il est déchiré de partout pour avoir roulé sans air. À défaut de mieux, je lui fournis du savon pour ses mains.

Il n’est pas si tard – 17 h 45 – quand je commence à monter bien lentement vers La Crusille, mon premier col. Il n’est pas très haut, mais c’est un bon travail sous la chaleur. J’atteins le sommet – 573 m – à 19 h 20, redescends à toute vitesse vers le village de Novalaise, 140 m plus bas, et repars pour le Col de l’Épine.

C’est plus sérieux, mais vraiment très beau. Les belvédères ouvrent vers la vallée et le lac d’Aiguebelette, la route est étroite et sinueuse, un plaisir lent et intense avec une pente maximale de 9 %.

Je suis au sommet – 987 m – à 21 h 10, bien heureux mais fatigué. La voiture d’un jeune chauffard ayant gravi le col à toute allure est en panne, une excellente nouvelle pour la sécurité de tous. Heureusement, j’étais arrêté lors de son premier passage, je suis rassuré pour la descente que j’entame avec mes lumières.

Il y a une averse dans la vallée, mais je n’en recevrai pas une goutte. Comme il fait de plus en plus noir, un motocycliste m’ouvre gentiment la route. Il ne reste plus qu’à repérer l’édifice où habite Fabien, mais ma prise d’écran reportée sur l’appareil photo n’est pas assez précise. Je cherche un peu, m’informe et arrive enfin après 22 h30, ayant cumulé 145 km au compteur.

Après la douche, essentielle, nous passons à table. Mes hôtes avaient attendu mon arrivée pour manger. Autour de la table, Fabien et ses fils Arthur, 17 ans, et Cyrian, 13 ans. Au dessus, de la table, une des quatre guêpes ayant décidé de veiller avec nous – je les capture et les retourne dehors chacune leur tour. Wandrille, 15 ans, est déjà couché. Malgré le plaisir des retrouvailles, nous nous couchons peu après car la fatigue a fait son œuvre et nous voulons profiter de la journée de demain. Mais c’est vraiment très chaud…

Statistiques
km jour : 144,8
km total : 1594
départ / arrivée : 8: 50 > 22 : 40
temps déplacement : 8 : 57
vitesse moyenne : 16,1
vitesse maximale : 56,8

Entre traboules et piscine


Annick dans une traboule

2018-07-31, mardi ; Albigny-sur-Saone (Lyon)
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C’est confirmé : le pays est chaud, très chaud. Malgré tout, je dors bien.

Nous ne levons pas très tard, car nous désirons profiter de l’avant-midi pour une petite visite de Lyon avant la grosse chaleur. De plus, Thierry travaille à partir de 14 h, il ne sera en vacances que demain soir.

Mes amis ont une Leaf, une voiture électrique, ce qui est très agréable. Avec celle-ci, nous nous rendons en compagnie de Tom près de la Basilique de la Fourvière pour descendre vers la vielle ville.

Comme il fait très beau, les vues sont splendides. Nous traversons au passage les arènes romaines. Elles sont occupées par des ouvriers affairés à démonter les scènes et les installations liées à un festival qui se terminait samedi.

Dans ce quartier, l’ancien et le moderne cohabitent, mais plus bas ce sont les vieux bâtiments et les rues étroites qui sont omniprésents. Enfin, ce sont plutôt les touristes et les commerces liés à eux qui prennent toute la place.

Les traboules sont une particularité de Lyon. À l’époque ville de tisserands, il fallait acheminer la production vers le fleuve à l’abri des intempéries et du gros soleil, alors les gens utilisaient les corridors et les cours intérieures des maisons pour circuler. Plusieurs de ces trajets sont toujours utilisés… par les touristes. Malgré tout, c’est une intéressante utilisation publique des espaces privés.

Il y a aussi de jolis morceaux d’architecture, dont l’église Saint-Jean, que mes hôtes me présentent. Nous remontons voir la basilique puis retrouver la voiture en empruntant des escaliers et un chemin de dévotion nommé Jardin du Rosaire. Il y a 10 ans ces jours-ci que mon père Rosaire est décédé…

Nous nous rendons à l’appartement de Léo pour manger à l’abri. Thierry se rend au travail à pieds, alors que nous rentrons tranquillement à la maison.

Avant de passer à la piscine, je prépare un paquet avec les sacs de transport, les cartes déjà utilisées et les chaussures de vélo excédentaires. Nous nous rendons à la poste et j’expédie le colis à mes amis de Manosque. Je commence les étapes de montagne : 13 € pour me débarrasser de 3,7 kg me semble être un excellent investissement.

Nous pataugeons ensuite longuement dans la chaude et bienfaisante piscine de mes amis. Au retour de Thierry, nous nous séchons et passons à table en famille avec des grillades. Comme nous mangeons tard, la soirée ne s’étire pas pour mes hôtes.

En ce qui me concerne, je prépare le deuxième message collectif, ce qui me fait coucher plus tard. Heureusement, un peu d’air frais entre par la fenêtre grande ouverte.

Trains


Vélo momifié

2018-07-30, lundi ; >> Albigny-sur-Saone (Lyon) – 20 km
Sommaire


La nuit a été un peu courte, mais bien suffisante, paisible à part la visite d’un moustique. Quelques minutes après mon lever, la pluie débute, parfois faible, parfois forte. Ce n’est pas très inquiétant.

Je me prépare, mange en compagnie des lève-tôt, et c’est déjà le temps des adieux auprès de ceux qui sont debout. Je laisse dormir certains, mais je monte voir les deux filles de Camille et Pierre qui sont encore couchées. Erin descend rapidement, ce sont elle, Camille et Laurent qui m’accompagnent sous le déluge jusqu’au porche. Adieux émus.

Après quelques minutes, je suis bien trempé, mais ça roule vite et bien. Les kilomètres s’accumulent rapidement, mais nous avions sous-évalué la distance. Même si je pédale fort – moyenne inhabituelle de 21,5 km/h – et que la pluie cesse, je constate que je serai en retard.

Effectivement, j’arrive à la gare de Chantonnay deux minutes après l’heure prévue du train. Celui-ci… a dix minutes de retard. Providentiel. Il est trop tard pour acheter un billet, mais je m’en passe sans problème.

En descendant à La-Roche-sur-Yon, un homme m’accompagne. Patrick se dirige aussi vers Nantes et a déjà été coureur cycliste. Nous conversons en attendant notre correspondance, alors que le soleil pointe quelques rayons. Malheureusement, nous ne sommes pas dans le même wagon.

Le train est plein, il y a tant de bagages qu’il est difficile de placer mon vélo, mais en réorganisant quelques valises c’est bon. J’ai un siège à côté d’une jeune femme peu loquace, mais le trajet est court.

À Nantes, c’est la correspondance qui est courte. Je n’ai pas le temps de préparer mon vélo, alors je l’entre dans le train tout chargé et je range tout dans les sacs après le départ, une opération d’une bonne demi-heure. Je m’installe à ma place… que je cède à la gare suivante à une jeune fille souhaitant voyager avec sa famille. Je me retrouve face à une autre jeune femme encore moins parlante que la précédente.

C’est le temps de me remettre au journal, à nouveau bien en retard. Comme il n’y a pas de prise de courant, je me contenterai de vider sa batterie. Au Mans, notre TGV s’accroche à un autre à destination de Marseille, et je ne vois plus de sièges libres. La météo reste variable, avec ses nombreux nuages, quelques bonnes éclaircies et des averses.

À partir du milieu de l’après-midi, il n’y a plus d’averses et le ciel se dégage totalement. La chaleur commence à s’insinuer dans le train.

En débarquant à Lyon juste à l’heure, c’est une fournaise qui nous attend. Je m’installe sur le quai à l’ombre pour remettre mon vélo sur ses roues, puis je me dirige vers le hall de la gare par l’ascenseur, une bénédiction.

Les passagers se regroupent devant les écrans affichant les départs. Mon train est indiqué comme à l’heure, mais la voie ne s’affiche pas. Un employé m’indique la voie habituelle et je me poste à proximité. Bon plan : le train ne s’affiche que 6 minutes avant le départ, j’arrive sur le quai une minute avant le train.

Le trajet se passe sans anicroche, mais l’arrivée à la gare Albigny-Neuville est plus délicate. Le train s’immobilise, mais les portes ne s’ouvrent pas. Je me prépare à bloquer le train au besoin, car mon vélo ne passerait pas par les allées, trop étroites. Finalement, elles s’ouvrent et nous descendons, même si la marche est haute.

Je me prépare, et je constate que la gare n’a que des escaliers. Descendre n’est déjà pas simple, mais il faut remonter ensuite. Une dame à vélo m’aide. Il ne reste plus qu’une costaude mais courte montée et je suis chez mes amis.

J’avais joué de la guitare lors du mariage de Thierry et Annick, il y a maintenant 22 ans. Ils ont quatre fils : Léo, 20 ans, Romain, 17 ans, Tom, 14 ans, ainsi que Clément, 9 ans. Seul Romain est absent pour le délicieux repas.

La soirée est tranquille. Nous jasons pas mal – Thierry est un hypermarathonien passionné, courant par exemple 130 km en montagne en 40 heures… – et chantons un peu, puis nous nos installons pour la nuit. On verra le niveau de sommeil, je suis clairement dans un pays chaud…

Statistiques
km jour : 20,2
km total : 1449
temps déplacement : 1 : 02
vitesse moyenne : 19,5
vitesse maximale : 53,2