Lac Morin

> 100 km, jeudi.
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Départ selon le même horaire qu’hier, avec une variante : quelques gouttes de pluie pendant que je range l’intérieur de la tente. Aujourd’hui s’annonce très semblable à hier, à l’exception des quelques gouttes sans conséquences au matin. Donc, grand vent de face, c’est comme monter une côte de 100 kilomètres. Intense.

En route, je dois faire quelques petits ajustements au vélo : resserrer le porte-bagages avant, ajuster la tension d’un câble de dérailleur et retirer un caillou qui bloque une pédale.

Le cycliste du jour semble être un malheureux. Ce jeune homme, qui ne se lave sûrement pas souvent, a un vieux sac de couchage enroulé autour de la barre horizontale du vélo, monte les côtes à pied et a passé la nuit dans les toilettes des femmes. Souhaitons-lui de reprendre pied… 

En approchant d’une zone de travaux, un camion est arrêté : un de ses pneus est complètement déchiqueté, le conducteur attend du secours, peut-être de Montréal. Je contourne le camion, mais un véhicule arrive et je tente de revenir sur l’accotement en évitant un cône orange. Je n’évite pas le pare-chocs du camion. Chute sans gravité, je brise un porte-bouteilles. Zut !

Il faut quand même passer la zone de travaux. Le trajet des voitures est mouillé pour éviter la poussière, je passe surtout de l’autre côté des cônes. Plus loin, une équipe pose l’asphalte, c’est une circulation alternée derrière un véhicule d’escorte. Quand j’arrive, le signaleur bloque les autos le temps que je passe. Merci ! Le fonctionnement est le même lors d’un plus petit chantier en après-midi.

Il reste que le paysage est monotone, à l’exception du chapelet de jolis lacs, et que le vent rend chaque tour de pédale difficile même s’il fait très beau. Je dîne relativement tôt, à la Rivière des Outaouais. Bon choix, car ensuite, je ne trouve plus d’arrêt intéressant.

Autre enjeu : l’eau potable. Il n’y en a pas eu depuis Le Domaine, hier après-midi, je n’ai jamais trouvé de source, alors j’économise mes maigres ressources. Comme ce n’est pas trop chaud, environ 20°, ça va. 

J’arrive à un dernier poste d’accueil, à la fin du parc. Les préposés me remplissent une bouteille et me suggèrent de camper au Lac Morin. Le site est désaffecté, gratuit, et offre une splendide plage, mais est envahi de déchets. Même s’il est tôt, ce sera ici ce soir.

Quand j’y arrive, un couple danse et s’embrasse près du lac. Je les laisse à leurs amours et je m’installe. Après leur départ, je plonge dans le lac avec mes vêtements de vélo, question de laver tout ça. Au pied de ma corde à linge, de délicieux bleuets. Miam ! Popote, journal, tout est expédié rapidement. À 19 h 45, tout est fait, j’ai le temps de charger les photos et de faire quelques corrections au journal. Longue nuit fraîche et sèche en perspective. 

Km jour : 100,7
Km total : 481
Temps : 7:47
Maximum : 42
Moyenne : 12,9
Heures : 6 h 45 / 16 h 20

Lac Rapide

> 125 km, mercredi.
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Je souhaitais partir tôt, c’est un succès aujourd’hui : debout à 5 h 30, je suis en route à 6 h 45 pour reprendre le rythme vélo. C’est encore confortablement frais, mélange de soleil et de nuages pour la journée. La douce brise du matin forcit, et sans pause il me faut lutter contre un solide vent de face. Ma vitesse moyenne est bien en dessus de la moyenne.

Au moins, c’est simple côté cartographie : route 117, point. Désormais, il me faut gérer la circulation : elle est rapide et composée en grande partie de camions et de camionnettes, qui remorquent souvent roulottes et bateaux, mais les conducteurs sont remarquablement courtois. Il y a un large accotement, généralement en bonne condition mais parfois couvert de sable, de gravier ou de débris, ce qui m’oblige à rouler avec les voitures ; je fais de même lors des descentes rapides. Il y a aussi des bandes rugueuses médianes et latérales à considérer. Bref, la conduite demande de la vigilance.

Avant le Parc de La Vérendrye, quelques bâtiments et le village de Grand-Remous, installé autour d’une chute de la rivière Gatineau. C’est le temps de faire le plein d’eau et d’acheter un tout petit complément de bouffe. Je n’arrête pas à la jolie chute Quinn, que je connais déjà : je préfère rouler.

J’entre dans le Parc peu après 9 h 30. Pour le paysage, c’est essentiellement une route qui serpente, monte et descend entre deux murs de conifères sur des kilomètres et des kilomètres. De temps en temps, un joli lac sauvage s’offre à la vue. 

J’espère arriver au Chutes Roland pour manger, j’y suis enfin peu avant 13 h. Elles sont magnifiques sous le soleil. Comme l’endroit est prisé, il y a du monde. En particulier, un couple venu de Timmins, Ontario, a des vélos sur sa voiture. Ils m’offrent de petites tomates savoureuses et une poignée de cerises. Miam ! Il y a aussi un plus jeune couple avec deux adolescentes : Émilie et Michael, ainsi que Marianne, 15 ans, vont conduire Malorie, 13 ans, pour un camp de gymnastique d’une semaine. Famille sympathique et curieuse.

Je reprends la route, moins vallonnée mais tout aussi venteuse. Pause à l’aire de services Le Domaine pour refaire le plein d’eau potable, un besoin vital.

Je croise le cyclotouriste du jour, en fait le seul cycliste depuis l’entrée dans le Parc – il y en avait un le matin, et c’est tout. De retour de la Baie James, Fred cumule les kilomètres sur un vieux Mikado, un vélo classique de cyclo. Un vrai de vrai.

La journée achève, mon corps a besoin de repos. Le camping Lac Rapide offre maintenant un accueil ajusté aux cyclistes. Le site est parfait, au bord d’une baie de l’immense réservoir Cabonga, j’entends les huards en écrivant – mais aussi les voitures… 

Je m’installe, je mange, j’écris, et à 21 h 30 tout est accompli. Je prévois sortir du Parc dès demain, une grosse commande puisque le vent sera de retour et l’eau à trouver – si la source annoncée est toujours disponible, ce serait parfait. En attendant, dodo !

Km jour : 125,5
Km total : 380
Temps : 9:02
Maximum : 45
Moyenne : 13,9
Heures : 6 h 45 / 18 h 45
Camping : 20 $

Lac Gatineau

> 15 km, mardi.
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Encore une nuit à l’hôtel, lever vers 8 h 30. C’était confortable, mais c’est probablement la dernière ici : l’appareil photo est arrivé à Mont-Laurier et sera livré aujourd’hui ; normalement, la roue devrait être là dans la journée. En attendant, il fait et fera très chaud – prévision 31° thermomètre -, il y a des risques d’orages et de tornades dans le sud du Québec et le ciel est brouillé par la fumée des incendies, même si l’odeur n’est pas perceptible.

Matinée tranquille, à lire un peu. Je quitte la chambre vers 11 h 30, toujours en attente des livraisons. Je dîne dans la salle à manger en compagnie de quelques employés. À 12 h 45, mon téléphone sonne ; 10 minutes plus tard, je suis à la boutique. Danny installe les composants requis – pneu, chambre à air, disque de frein – pendant que je déballe l’appareil photo. Voilà que tout est revenu à la normale, je pourrai reprendre la route. 

En revenant à l’hôtel, je retrouve Robert qui est près du chemin avec son quadriporteur. J’ai l’occasion de mieux discuter avec cet homme qui a fait sa vie à force d’initiatives éclairées. En particulier, il a mis sur pied un service de livraison maintenant concentré sur le médical très utile dans la région. Il est de très agréable compagnie malgré deux AVC qui l’ont laissé handicapé.

De retour à l’hôtel, je me prépare soigneusement et je suis sur la route vers 15 h. Bien sûr, je sécurise l’appareil photo à la lumière des dernières expériences. Il ne pourra plus tomber jusqu’à la roue, mais je ne pourrai plus m’en servir en roulant. C’est préférable ainsi.

Aujourd’hui, il flotte un petit air d’apocalypse : le temps est très brumeux, le soleil est orangé, il y a maintenant une odeur de fumée et il fait trop chaud. Changements climatiques, feux et canicule, c’est une situation désagréable et inquiétante. Il faut en plus me réhabituer à côtoyer la circulation d’une grande route, heureusement sur de larges accotements assez propres.

Je choisis de ne pas aller très loin. Le camping du Lac Gatineau est à quelques kilomètres, des orages sont possibles en soirée, alors c’est ma destination. Sur place, j’hérite d’un cher coin de terrain à l’ombre mais sans rien, l’eau n’est pas potable, le bruit de la circulation est omniprésent et il faut payer pour la douche. Mémorable, pour de mauvaises raisons.

Je monte la tente en vitesse pour échapper aux bibittes, à la pluie qui semble s’approcher et pour écrire un peu. Vers 18 h, il y a du tonnerre et il fait presque nuit ; dehors, le ciel est d’un jaune inquiétant. La pluie commence… puis s’arrête après quelques gouttes. Tout ça pour presque rien.

Je peux tranquillement aller manger sur une table près du lac, puis je reviens à ma tente puisque la douche est occupée. Comme il est tôt, pas de problème pour attendre. Après la douche, dodo dans une tente à 28° et avec les bouchons d’oreilles, car les véhicules sont vraiment bruyant. Je souhaite partir tôt pour bien profiter de la belle journée qui s’annonce demain. Parc La Vérendrye, me voici !

Km jour : 13,7
Km total : 254
Temps : 0:57
Maximum : 33
Moyenne : 14,3
Heures : 15 h 00 / 16 h 10
Camping : 41$

Mont-Laurier 2

8 km, lundi.
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Levé à 7h45, je prends mon petit déjeuner à l’hôtel et après 6 minutes de vélo je suis à la boutique. Bien sûr, nous commandons une roue neuve qui devrait arriver d’ici deux jours – espérons demain. Donc, une deuxième nuit à l’hôtel. J’y reviens alors que tombent quelques gouttes sans conséquences.

Ensuite, je commande un nouvel appareil photo qui devrait arriver à la boutique de vélo d’ici deux jours – espérons demain. Le site de commande n’est pas si coopératif, mais ça finit par fonctionner. En attendant, il me reste le téléphone pour prendre quelques photos. Comme le radar météo voit venir une bonne averse, je reste sagement à ma chambre jusqu’au dîner.

Quand la pluie se termine, je pars marcher un peu. Il y a deux petites îles habitées sur la Rivière du Lièvre, et un parc sur l’Île Bell, mais c’est un petit parc avec quelques bancs et des balançoires. En revanche, j’y croise Robert sur son quadriporteur. Retraité et hémiplégique, il habite ici depuis des décennies et aime son coin. De retour à l’hôtel, une famille de Bretagne arrive. Ils profitent bien de leur voyage au pays. De mon côté, petite pause – sieste…

En fin d’après-midi, lentement et prudemment, je me risque à une balade vélo aux alentours sous la chaleur de la fin de l’après-midi. Je retrouve la Rivière Lièvre, une maison de mon enfance et mon école primaire de l’époque, les chutes, un joli sentier en pleine ville. 

Retour à l’hôtel. Afin de cuisiner mon souper, j’ai besoin d’un contenant pouvant aller dans le four à micro-ondes. La réceptionniste m’en prête un, et nous engageons la conversation plus avant. Technicienne en éducation spécialisée, Emmanuelle a surtout travaillé dans des organismes communautaires et s’intéresse aux jeunes. Comme c’est une partie importante de ma vie, c’est très intéressant.

Après le repas, petite marche de l’autre côté de la rivière, miroir en cette fin de journée. C’est ensuite le temps de compléter en musique un journal différent de ce que j’aurais imaginé, un journal de l’attente.

La soirée se termine en revoyant la vidéo Canada vertical qui relate une aventure plein air épique à laquelle avait participé Jacob, rencontré en Gaspésie il y a quelques années : la première traversée nord-sud du Canada à force humaine (ski, canot et vélo), 7600 km sur 8 mois, de l’île d’Ellesmere jusqu’à la pointe Pelée (Ontario). Ça aide à relativiser les défis que je me lance. En attendant, une autre nuit confortable s’annonce.

Km jour : 8,2
Km total : 241
Temps : 0:46
Maximum : 20
Moyenne : 10,7

Mont-Laurier

> 20 km, dimanche.
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Excellente nuit, à peine moins fraîche que la précédente. Je m’étais couché tôt, je me réveille une bonne demi-heure plus tard alors que la journée s’annonce à nouveau superbe. 

La piste est pratiquement déserte : je croise un chevreuil, deux cyclistes et un quatre-roues égarés. C’est un tunnel vert et lumineux, avec parfois des parois de roche de chaque côté. Il faut quand même surveiller, car elle est souvent abimée. Je prends une pause petit déjeuner au village Lac-Saguay. Pas d’eau disponible, mais j’ai ce qu’il faut pour me rendre à la source de Lac-des-Écorces.

Soudain, un nième gros cahot expulse mon appareil photo de sa pochette, qui se retrouve plié en deux dans les rayons de la roue avant. Bilan : au milieu du bois, un appareil photo détruit, trois rayons cassés et un vélo inutilisable. Je commence par récupérer les débris : la carte mémoire est là, mais la batterie a pris le bois. Heureusement, je suis intact, mais un peu mal pris. Bon. Que faire ?

La réponse arrive sur deux roues. Infirmière cadre dans un hôpital régional et maman de deux jeunes enfants, Audrey-Anne habite Rivière-Rouge et profite du beau temps. Sa voiture est à Lac Saguay. Elle pédale jusque là, puis reviens me prendre alors que je marche à côté de mon vélo handicapé vers puis sur le chemin Guénette. Direction Mont-Laurier en excellente compagnie afin de dénicher une roue ou, au pire, de la faire réparer. 

Mais nous sommes dimanche : les boutiques de vélo sont fermées, il ne reste que Canadian Tire qui n’a que ses vélos, mais pas de roues ni de rayons. Il faudra attendre à lundi, 9 h. Camper en centre-ville devant la boutique n’est pas une option intéressante, je me retrouve donc à l’hôtel en compagnie de mon vélo. Il est 11 h 30. Merci, Audrey-Anne : aujourd’hui, tu as été un ange, mon ange.

Il y a quand même des avantages à la situation : douche, lavage, recharge d’appareils et connexion Internet sont vraiment utiles. Si la plupart des commerces sont fermés, il reste l’épicerie… à environ une demi-heure de marche dans chaque sens sous 28°. Je prends le risque d’y aller avec mon vélo, lentement et sans charge à l’avant : succès. J’ai maintenant ce qu’il me faut pour me rendre à Senneterre, à environ 300 km d’ici.

Ce n’était pas le plan, mais comme j’ai accès à l’électricité et à Internet je peux mettre en ligne les premières pages du journal, ce qui occupe bien mon temps avant et après le souper pizza à un resto voisin – pas beaucoup d’options aux alentours…

Bien sûr, j’appelle mon ami Jean-Pierre, qui fête demain son anniversaire. Plus tard, avec mon frère Gaétan, toujours de bon conseil, nous discutons entre autres du remplacement de l’appareil photo.  

Avant le dodo, je prépare mes sacs pour être fin prêt demain matin. Ce sera une nouvelle aventure après une nuit confortable.

Km jour : 19,2 + 3,7
Km total : 229 + 232
Temps : 1:11 + 0:20
Maximum : 26
Moyenne : 16,2

Lac-Saguay

> 110 km, samedi.
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Nuit calme et froide, 12° dans la tente ce matin : j’ai apprécié mon chaud sac de couchage. Levé peu avant 6 h, je suis en route peu après 7 h. Je garde un peu mon polar puisque c’est encore froid, mais il fait un temps magnifique.

Au début, je suis presque seul. La piste traverse une dernière fois la Rivière du Nord, ici torrent, puis ça monte doucement avant une descente de près de 15 kilomètres autour de Saint-Faustin. 

Nous approchons de Mont-Tremblant et du très joli et touristique lac Mercier. Ici, il y a du monde : cyclistes de tout acabit, coureurs, marcheurs, patineurs, et autres. En restant vigilant, ça va bien.

Une toute jeune femme immobile contemple un chevreuil peu timide qui se régale à proximité. Pour aujourd’hui, c’est mon troisième sur quatre.

En arrivant à Labelle, j’ouvre mon téléphone pour indiquer à mon cousin René que je m’approche, mais comme prévu il a des visiteurs – ce sera pour une autre fois. J’ai aussi un appel de ma cousine Martine, qui sera au Lac-St-Jean en même temps que moi. À suivre.

Après Labelle, ça se calme sur la piste. Il y a des sections plus agricoles et le kilomètre 100 depuis Saint-Jérôme. En fin d’avant-midi, il y a un haut pont qui surplombe la Rivière Rouge et deux groupes de cyclistes qui s’y croisent par hasard. Je me propose pour prendre une photo de famille, habituellement plus satisfaisante que le traditionnel égoportrait. La conversation commence. Jean-Charles, en particulier, aimerait bien partir pour de longs trajets sur deux roues. Bel échange.

Alors que cette troupe reprend la piste, quelques canots passent le rapide sous le pont, puis arrive René qui achève une belle boucle sur deux roues. Enseignant, il se déplace à l’année sur son vieux vélo. Un autre passionné.

À la sortie du pont, quelques tables, il est temps de manger. Je me joins à trois jeunes femmes qui adorent leur premier voyage à vélo. Amies au secondaire, colocs pendant les études, Mélissa, Raphaëlle et Maïa entrent avec un certain vertige dans la vie professionnelle, mais y apportent leurs valeurs et leurs idées du monde dans lequel elles souhaitent vivre. Une autre très belle rencontre.

Maintenant, il est temps de rouler. J’avance tranquillement sur une piste souvent détériorée. En passant à Rivière-Rouge, je ne remplis pas mes gourdes car l’eau n’y est pas potable. C’est en arrivant à Nominingue que je trouve de l’eau.

Il y a aussi un dernier chevreuil, un pont et plein de gens qui batifolent à la plage en dessous. J’arrête, un homme est là et la conversation est lancée. Reynald, retraité, a décidé de se remettre en forme après un infarctus. Il est vraiment sympathique, c’est bien agréable. Roger et Michael, deux de ses amis, arrivent, ce qui relance la conversation. Il faut quand même repartir.

Au village, une petite équipe prépare le spectacle de ce soir. Sur scène, une femme à la guitare, ses trois filles de 9 à 14 ans environ chantent avec elle. Un homme gère le son avec une tablette, un autre sera sur scène ce soir mais sa guitare a un petit problème à régler. Ça s’annonce très bien comme spectacle, mais la route m’appelle.

En s’éloignant de Nominingue, il n’y a plus personne. Il y a quelques sites intéressants pour camper, mais il est tôt. Peu après 17 h, un site magnifique, semi-aménagé, près d’un lac sauvage. Ce soir, ce sera ici. 

Rien n’est parfait, on dirait. Les variations sur le thème du moustique abondent. Je cuisine rapidement avec polar, pantalons et moustiquaire, puis je me réfugie sous la partie moustiquaire de ma tente pour écrire à la clarté. Quelques cyclotouristes passent mais ne s’arrêtent pas.

21 h 15, tout est complété, la nuit n’est pas encore tombée mais la fraîcheur s’annonce. Le ciel est parfait.

Km jour : 109.8
Km total : 209 
Temps : 6:43
Maximum : 29
Moyenne : 16,3
Heures : 7 h 10 / 17 h 10

Sainte-Agathe

> 100 km, vendredi.
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Grand départ pour un projet un peu fou. Chibougamau, c’est loin, mais je n’y étais jamais allé. Go pour une boucle d’environ 2000 kilomètres !

J’avais prévu partir hier, mais c’était le déluge alors que le beau temps s’installe pour quelques jours à partir d’aujourd’hui. Et pour le moment les nombreux feux qui dévastent le nord du pays ne menacent pas mon itinéraire. À suivre.

Je ne pars pas très tôt. Je me lève tard, et il reste quelques préparatifs. En particulier, je vide mon frigo dans mes bagages. C’est donc pas mal lourd. Les premiers tours de roues sont un peu instables, le temps de renouer avec cette conduite différente. 100 m, et c’est réglé.

Je prends d’abord le boulevard Gouin, puis je traverse Laval jusqu’à Ste-Rose, essentiellement sur pistes cyclables. Facile. À Rosemère et Sainte-Thérèse, c’est plus compliqué, mais je rejoins finalement la première partie de la piste du Petit Train du Nord.

Ici, elle longe plus ou moins la voie ferrée toujours utilisée, souvent sous les arbres. Je dois prendre une pause technique, car le support du garde-boue commence à frotter sur la roue arrière. C’est corrigé rapidement.

À Saint-Jérôme, il faut marcher pour rejoindre le kilomètre 0, car un spectacle est en préparation pour ce soir. Je reconnais la musique de Robert Charlebois. Ça risque d’être bien bon, mais je serai déjà ailleurs. 

J’ai déjà 54 kilomètres au compteur, et ça va très bien. Je replace la chaîne du vélo d’une jeune femme – plus facile avec des gants. À partir du Chemin des Hauteurs, la piste est en poussière de roche, ce qui est moins confortable et rapide. À Prévost, les travaux de pavage sont bien avancés, c’est tout neuf et bien agréable. À la gare, une femme fait des étirements un peu acrobatiques. Mélanie est pharmacienne en milieu hospitalier et adore son travail, mais est aussi férue de randonnée et s’intéresse aux valeurs. Belle pause.

Je retrouve la poussière de roche, mais aussi la Rivière du Nord qui magnifie le paysage. De plat en faux plat, ça monte pas mal et il y a du monde qui se déplace par toutes sortes de moyens.

Au kilomètre 36, changement radical d’ambiance : c’est Val Morin. la piste longe le Lac Raymond, haut lieu de villégiature. C’est très beau, même si j’ai parfois le soleil en plein visage, mais ce n’est pas un endroit pour y planter ma tente. 

Un peu plus loin, en arrivant à Sainte-Agathe, il y a un emplacement convenable avec un banc et à proximité de la rivière et de ses rapides. Il est grand temps. Je mange, je monte le camp et je fais deux appels. Il est 23 h 30, trop tard pour écrire. Dodo !

Km jour : 100,0
Km total : 100 
Temps : 6:56
Maximum : 32
Moyenne : 14,4
Heures : 11 h 30 / 20 h 20

Le Nord à vélo – été 2026

Projet un peu fou, peut-être : une boucle prévue d’environ 2000 kilomètres en grande partie dans la forêt, loin des villes mais près de la nature. À partir de Montréal, le plan est de passer par Senneterre, Chibougamau, le Saguenay-Lac-Saint-Jean avant de revenir à la maison. Comme toujours, il y a des imprévus : dès le jour 3, je suis immobilisé. Plus loin, la météo joue les trouble-fête. Mais l’aventure se poursuit avec le sourire jusqu’à la fin.

C’est un plaisir d’écrire et aussi d’être lu. Merci de votre intérêt.

Sainte-Agathe
2026-07-10, 100 km

Lac-Saguay
2026-07-11, 110 km

Mont-Laurier
2026-07-12, 20 km

Mont-Laurier 2
2026-07-13, 8 km

Lac Gatineau
2026-07-14, 15 km

Lac Rapide
2026-07-15, 125 km

Lac Morin
2026-07-16, 100 km

Lebel-sur-Quévillon
2026-07- 17, 155 km

Lebel-sur-Quévillon 2
2026-07-18, 2 km

Waswanipi
2026-07-19, 135 km

Chibougamau
2026-07-20, 115 km

Lac-Ashuapmushuan
2026-07-21, 120 km

Saint-Félicien
2026-07-22, 105 km

Lac-à-la-Croix
2026-07-23, 70 km

La Baie
2026-07-24, 105 km

Petit-Saguenay
2026-07-28, 65 km

Saint-Denis-de-la-Bouteillerie
2026-07-29, 115 km

Berthier-sur-Mer
2026-07-30, 100 km

Sainte-Marie
2026-07-31, 75 km

Portneuf
2026-08-01, 100 km

Louiseville
2026-08-02, 110 km

Louiseville 2
2026-08-03, 1 km

Longueuil
2026-08-04, 115 km

Montréal
2026-08-05, 30 km

Bienvenue cyclistes ?

Tout un accueil !

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Je ne pouvais pas laisser le blocage de la piste se poursuivre sans réagir. Dès mon retour, j’ai transmis une plainte au Ministère des Transports. J’ai également écrit pour quelques médias un texte présentant ce problème étrange rencontré sur un des principaux axes cyclables du Québec. Voici.

Bienvenue cyclistes ? Pas tous les jours.

Cyclotouriste de longue date, je viens enfin de parcourir Le Parc linéaire interprovincial Petit Témis qui relie Edmunston NB à Rivière-du-Loup Qc, une magnifique balade vélo de 134 km. Mais les gens de la région évitent une partie de la piste, car il y a un os.

Entre St-Honoré-de-Témiscouata et St-Louis-du-Ha ! Ha !, la piste est fermée : il y a de gros travaux sur l’autoroute 85. Pour les contourner, une navette est offerte… cinq jours par semaine, soit du jeudi au lundi. Or, une semaine compte bel et bien sept jours !

Mardi dernier, j’ai bien vu les panneaux annonçant la fermeture avant d’arriver devant une barrière et des cônes oranges. Je n’ai vu aucune indication de détour, et pour cause : il n’y a pas de détour. Il n’est pas recommandable de rouler sur une autoroute en travaux, même si certains y vont à leurs risques.

J’ai fait quelques appels. À la navette, une boite vocale, pas de retour. À Québec 511 (Transport Québec), une préposée un peu désemparée m’indique que ce ministère ne s’occupe pas des vélos (quelqu’un s’est trompé de siècle ?) et, en désespoir de cause, me donne le numéro de la municipalité. À la municipalité, ce sont les vacances, il ne reste qu’une boite vocale. Heureusement, la Sûreté du Québec est là. Un agent se rend sur place et demande un véhicule de l’entrepreneur pour me faire franchir quelques kilomètres, même si ce n’est pas sa responsabilité. Bravo et merci !

Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Mercredi matin, j’ai croisé plusieurs voyageurs au long cours : quelques québécois, un allemand, un couple parti de Toronto vers Moncton, un jeune homme pédalant de Vancouver jusqu’à Terre-Neuve. Aucun ne mesurait le problème, plusieurs ne comprenaient pas le français. Je leur ai fait part de mon expérience et de la solution utilisée.

Si rien n’est fait, des voyageurs seront mal pris et à grand risque deux jours par semaine, alors que la navette existe. En attendant d’établir un nécessaire vrai détour vélo, la navette doit rouler tous les jours dès mardi prochain. Point.

Deux jours plus tard, j’ai appelé le numéro de la navette. On m’a indiqué que le service était maintenant disponible sept jours par semaine, ce qui a été confirmé le lundi 28 juillet par un communiqué du Ministère. Est-ce grâce à ma plainte, à des pressions de la SQ ou aux deux ? Peu importe : les cyclistes pourront passer en sécurité. C’est quand même étonnant : ce chantier s’étire de 2022 à 2027, et ce n’est que maintenant que la navette roule tous les jours de l’été.

Malheureusement, la piste sera à nouveau complètement fermée à partir du 1er septembre ; il faudra donc s’assurer d’un détour sécuritaire d’ici là. Donc, encore à suivre.

Les derniers kilomètres

Un joli camping

St-Honoré-de-Témiscouata > Rivière-du-Loup >> Montréal – 55 km
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Mercredi. La nuit s’annonçait froide, elle a tenu promesse : mon thermomètre a affiché un tout petit 10°. Au matin, le soleil a tout réchauffé puisque la journée s’annonce parfaite. Quand je me lève vers 8 h 15, Simon est déjà parti. Sous le soleil, le site reste enchanteur. Je me prépare tranquillement pour cette dernière journée vélo – déjà ! 

En début de journée, je croise plusieurs cyclistes au long cours : quelques québécois, Tobin, de Hambourg (Allemagne), Sue et Don, pédalant de Toronto à Moncton, ainsi que Rudy, traversant de Vancouver à St-Jean Terre-Neuve. Aucun ne soupçonne le blocage de la piste, alors je leur fais part de la solution expérimentée hier.

La piste progresse principalement en forêt, avec quelques passages près de routes. Quelques jolis lacs et un autre camping avec cascade enjolivent le trajet. En approchant de Rivière-du-Loup, les cyclistes récréatifs se font plus nombreux – je regonfle le pneu d’un vélo électrique.

Les bâtiments, routes et autres aménagements se multiplient, on devine puis observe les montagnes de Charlevoix et le fleuve. En entrant en ville, je perds brièvement la piste mais la retrouve facilement.

Une bonne descente passant devant l’hôpital, puis je retrouve l’info touristique et ma voiture. Tout est en ordre, bien sûr. Je charge mon matériel, j’installe mon vélo sur le toit, je change de vêtements. Il est temps d’acheter un peu de nourriture et de prendre la route sous la chaleur et un ciel voilé.

Peu après, à l’entrée de Notre-Dame-du-Portage, j’arrête pour manger en admirant le majestueux fleuve et les montagnes de l’autre rive. Je roule pour un bout de temps sur la pittoresque route 132, puis je rallie l’autoroute après Rivière-Ouelle. Quelques recharges et plusieurs kilomètres plus loin, je suis de retour à la maison… avant de repartir dans deux jours ! 

km jour : 55,2
km total : 349
départ / arrivée : 9 h 30 / 13 h 30
temps de trajet : 2:38
vitesse moyenne : 21,0
vitesse maximale : 66