Levé peu avant mon alarme, je me prépare facilement, j’en ai maintenant l’habitude. C’est un peu nostalgique, puisque je suis presque de retour chez moi. Ce matin, il y a de l’action : une équipe d’ouvriers vient faire des réparations à l’extérieur – ils travaillent fort et bien.
Il est 8 h 45 quand je prends la route, Jean-Pierre m’accompagne et me guide à vélo vers le traversier. Nous profitons pleinement de la rencontre, jusqu’à la dernière minute. Il est le cycliste du jour, puisque je ne rencontre pas de cyclotouriste du jour.
Le traversier est ponctuel, nous sommes nombreux à y embarquer en direction du Vieux-Port de Montréal. La météo est chaude, le ciel est magnifique tout comme le paysage. Plusieurs personnes sont intriguées par mon vélo bien chargé.
Il faut maintenant traverser la ville du sud au nord, trajet bien connu sur le Réseau Express Vélo, une piste cyclable très appréciée et très utilisée. Arrivé à la Rivière des Prairies, je prends vers l’ouest. Je croise le pont de l’Île Perry, complétant la boucle. Quelques minutes plus tard, je passe le cap des 2000 kilomètres à la hauteur du pont de Cartierville.
Approchant de la maison, je choisis de passer près de la rivière, croisant Mélanie, une collègue de travail. En revanche, je ne peux pas longer la rivière, la rue est devenue un chantier impraticable. Pas grave.
Peu après midi, je suis à la maison. Le terrain est un peu ébouriffé, comme prévu, mais tout est en ordre. Denis, un voisin qui promène le chien de son fils, vient discuter un peu, puis je rentre chez moi. Fin d’un trajet hors normes. J’ai déjà hâte au prochain.
Km jour : 31,7 Km total : 2007 Temps : : 2 : 11 Maximum : 29 Moyenne : 14,5 Heures : 8 h 45 / 12 h 10
Éveillé peu avant mon alarme, je paresse jusqu’à 6 h. À 7 h, je suis en route sous un ciel parfaitement dégagé. C’est encore un peu frais, mais ça ne durera pas.
Jusqu’à Berthierville, la piste s’écarte de la route 138 pour me mener sur de petites routes agricoles magnifiques, avec des fermes, l’ombre des arbres et une circulation homéopathique. Seul inconvénient, la chaussée, souvent bonne ou excellente, se dégrade parfois sévèrement. Avec la pluie des derniers jours, les fossés sont remplis et les rivières charrient une eau couleur chocolat.
Le traversier venu de Sorel se prépare à accoster quand j’arrive au quai. Il est 9 h 30, il y a du monde. Un homme vient me rencontrer, puis je me dirige vers l’embarquement alors que le bateau laisse sortir les nombreux véhicules qu’il a transportés. Je traverse en compagnie de deux cyclistes fort sympathiques, Nathalie et Chantal. Il s’est écoulé près d’une heure, bien agréable.
Toutefois, la ville de Sorel est envahie de cônes oranges. En particulier, le pont qui traverse la Rivière Richelieu est en circulation alternée, et c’est le trottoir qui est accessible aux vélos. Je commence être habitué à n’importe quoi.
En sortant de la ville, ce sont les spectaculaires installations industrielles qui attirent le regard. Ensuite, je dois quitter le fleuve pour la Rivière Richelieu, histoire de contourner des travaux. De retour au fleuve après un lunch dans un parc, il y a quelques colonies de vacances puis surtout des maisons et chalets souvent luxueux au bord de l’eau alors que la ville de Contrecœur s’étire sur des kilomètres.
Après une pause au Moulin Chaput au village de Contrecœur, je croise les cyclotouristes du jour. Dave et Beth, de Salt Lake City (Utah) traversent le Canada en plusieurs étapes. Cette année, ils ont été sérieusement incommodés par les feux de forêt en Ontario – pourtant moins pires que le président de leur pays, selon eux – et se dirigent maintenant vers un tour de la Gaspésie. Bonne route.
Il reste à traverser quelques zones industrielles autour de Verchères et Varennes, jolis villages accueillants pour les vélos, et de belles vues sur le fleuve. En arrivant à Varennes, l’algorithme me mène dans un cul-de-sac. Étrange…
Plus j’approche de Montréal, plus les aménagements cyclables sont confortables. À Boucherville, c’est très agréable, mais je guette une bifurcation qui me permet d’éviter un escalier impraticable avec un vélo si chargé. Bientôt, je suis dans des sentiers boisés, et j’arrive chez mes amis à 18 h. Bonheur !
Douche, bon souper sur la terrasse avec un dessert de fruits frais, un peu de travail informatique avec Diane, souvenirs de voyage, la soirée est bien remplie. Faut bien se coucher, car demain viendra vite. La nuit sera confortable.
P.S. Voici des nouvelles de Beth et Dave
Hi Real,
We met cycling on the road yesterday. We’ll check out your blog for our future tours in NB, NS, PEI and Newfoundland.
Lundi. Une bonne nuit au sec. J’aurais aimé faire la grasse matinée, mais mon corps a pris d’autres habitudes. Au petit matin, je vérifie la météo : il y a maintenant une brève pause dans les précipitations, avant une reprise de la pluie et le déluge prévu en après-midi. Direction épicerie et guichet, je confirme que je reste ici une autre nuit. Demain, la journée s’annonce parfaite, je pourrai vraiment profiter du trajet.
Je reprends la mise en ligne du journal, entre musique et bruissement de la pluie qui tombe plus ou moins doucement toute la journée. Comme il y avait plusieurs jours de retard, il est près de 16 h quand cette étape est complétée. Un marathon.
J’avais espéré marcher un peu, mais la pluie reste très présente. Je me contente donc d’une pause lecture. Je commence aussi à préparer mon matériel pour un départ demain matin.
C’est après le souper, vers 19 h, que le soleil et moi pouvons enfin sortir un peu, dans mon cas pour une petite balade au centre ancien du village, à quelques pas. C’est joli et instructif, puisque la ville a installé plusieurs affiches à caractère historique.
De retour, je prends une douche rapide, je me prépare pour demain et j’appelle Monique. Peu avant le coucher, Jean-Pierre et Diane me confirment que je pourrai les visiter demain soir, permettant de diviser la distance en deux parties – inégales, mais quand même plus confortables -, et surtout de revoir mes amis. Une bonne nuit sera une bonne idée pour passer une bonne journée.
Km jour : 1,3 Km total : 1860 Temps : 0 : 07 Maximum : 19 Moyenne : 12,2
Nuit calme et humide, mais l’intérieur de la tente est resté bien sec. Levé peu avant 6 h, je suis en route 50 minutes plus tard, découvrant que l’usine qui m’a accueilli était une pâtisserie. Ce matin, c’est surtout gris, sans vent significatif mais avec la menace de forte pluie en après-midi et d’averses en tout temps. Il faudra planifier en conséquence.
Je fais quelques kilomètres pour déjeuner au cœur de Deschambault, un site magnifique. J’avance bien en avant-midi, principalement sur la route 138 mais parfois sur de jolies routes plus tranquilles, même si tôt en ce dimanche il n’y a pas foule. Je traverse une série de jolis villages qui ramènent de beaux souvenirs.
Jusqu’à Trois-Rivières, tout est simple même si la chaleur est de plus en plus présente. Carl, un cycliste d’ici, roule avec moi pour quelques kilomètres. Je passe devant le sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, envahi de touristes pèlerins. Je dîne dans un parc tout près des ponts de la rivière Saint-Maurice.
La traversée de la ville est bien jolie au début alors que la piste longe l’eau, puis devient plus compliquée alors qu’elle serpente dans de petites rues puis longe des axes achalandés. Ça redevient plus bucolique en se dirigeant vers Pointe-du-Lac.
Je vérifie la météo : une forte ligne d’orage s’approche. J’appuie sur les pédales, je suis à Yamachiche à 15 h. Vérification faite, il me faut plutôt me rendre à Louiseville, 8 kilomètres plus loin. Après 4 kilomètres, la pluie commence ; à une minute de l’auberge, c’est le déluge. Il est temps d’arriver… trempé.
Je suis accueilli par Armando et un énorme plat de pop-corn. Il ne parle pas plus français que moi espagnol, mais nous parvenons à nous comprendre. Comme je ne suis pas sur les plateformes de réservations en ligne, je paierai comptant, après une douche chaude et une marche humide jusqu’au guichet automatique.
L’auberge est dans une maison ancienne adaptée, charmante. Je m’installe dans la chambre 7, simple mais confortable, bien plus que ma tente alors que la pluie reprend de plus belle. Ce n’est pas très grand, mais je peux y faire sécher mon matériel, qui en a bien besoin.
Je complète d’abord le journal avant d’aller manger – j’ai accès à une cuisine -, puis je me lance dans le ménage des photos des derniers jours, en musique. Comme il n’y a pas de chaise dans ma chambre, j’utilise mon fauteuil de camping, toujours apprécié. En soirée, je reçois un appel de mon ami Jean-Pierre et je réussis à mettre en ligne deux jours de journal.
Comme la météo de demain annonce autour de 40 mm de pluie, je prévois ne pas bouger d’ici. Pour le moment, dodo !
Km jour : 110,0 Km total : 1859 Temps : 6 : 22 Maximum : 34 Moyenne : 17,3 Heures : 6 h 40 / 15 h 20
DeschambaultMoulin de la ChevrotièreSainte-Anne-de-le-PéradePont de la Rivière BatiscanPont de la Rivière BatiscanBatiscanLunch à Trois-RivièresL’amphithéâtreTrois-RivièresDélugeRefuge
Avec le discret chant de la cascade, on dort toujours bien chez Lucie. Nous nous levons vers 7 h, il fait un temps magnifique, alors nous déjeunons près de la piscine avec du yogourt et une profusion de framboises et de bleuets frais cueillis. Un délice. Avant que je prenne la route, nous admirons une sélection d’images fabuleuses de l’Argentine. À 9 h, je pars, alors que Lucie prépare un voyage imminent.
Je longe la Rivière Chaudière vers Québec, tout d’abord sur la rive ouest puis, à partir de Saint-Ètienne-de-Lauzon, sur la rive est. La circulation est assez dispersée et la route variable, mais généralement correcte. Et les paysages sont bien jolis, même si le soleil disparaît derrière les nuages.
À Breakeyville, une ancienne voie ferrée est devenue une superbe piste cyclable très fréquentée au bord de la rivière. Une pause à une halte devient une occasion de rencontres, certains rêvant de voyager, d’autres appréciant une oreille pour y déposer des pans de vie.
À Lévis, après un dîner à l’abri du soleil revenu en force, l’approche des ponts est compliquée par des travaux, mais rendue très agréable par la rencontre de deux jeunes cyclistes curieux.
Le pont de Québec est égal à lui-même, soit étroit, pénible et dangereux : la passerelle pour vélos et piétons est à peine plus large que ma monture, il faut poser le pied à terre lors des croisements, c’est franchement désagréable.
L’arrivée sur l’autre rive n’est pas bien meilleure : un gros chantier oblique à un détour par une rue si abrupte que je dois m’arrêter pour laisser un pause à mon système cardiovasculaire. Ouf ! Le calme du Chemin Saint-Louis est apprécié… brièvement. À Cap-Rouge, une descente abrupte mène au bord du fleuve, puis je remonte tranquillement vers Saint-Augustin-de-Desmaures. C’est là que je croise les cyclotouristes du jour.
Simon, concepteur de jeux vidéos, et Jasmine, architecte, complètent un voyage Montréal-Québec avec un équipement approximatif, mais se préparent à partir sur des voyages plus importants. Il est aussi question de ne pas laisser le travail prendre la place de la vie. Belle rencontre.
Un peu plus loin, après un zone de travaux, la piste descend abruptement – je me rappelle avoir difficilement monté cette côte à 15 % – pour rejoindre un petit paradis cycliste, un peu habitation en forêt, un peu agriculture. Splendide, même si le soleil est de moins en moins présent.
En remontant, je suis rattrapé par Annie, qui vit sans voiture et rêve de partir au loin sur deux roues. Nous jasons longuement, elle se dit inspirée par mon voyage, c’est encore une très agréable rencontre.
La route se poursuit, j’achète quelques victuailles, la pluie annoncée ne vient pas. À Neuville, de nombreux kiosques de fruits et légumes offrent des délices impossibles à transporter. J’achète quand même une poignée de fèves jaunes, savoureuses.
À Donnacona, je valide un détour à travers un chantier avec un homme. À la suite d’un accident de voiture qui l’a laissé handicapé, Christian a été obligé de quitter son travail de mécanicien passionné. Il vit difficilement les limitations physiques. C’est quand même étonnant de voir tant de gens se confier à un inconnu qui passe. Une route qui traverse la Rivière Jacques-Cartier est complètement fermée aux voitures et devient une belle piste.
À 19 h, après exactement 100 km, j’arrive à Portneuf, à une halte routière presque parfaite : il y a des tables couvertes, des toilettes, de l’eau potable, mais… le camping y est interdit. Je profite des installations pour souper, puis je me mets en quête d’un site pour la nuit. Ce sera derrière une usine, discrètement.
Je monte la tente, je m’installe pour écrire. J’y suis depuis un peu plus d’une demi-heure, il est 21 h, une forte averse déferle brièvement. Mais l’eau reste à l’extérieur. J’écris la journée d’aujourd’hui, puis dodo à 22 h.
Km jour : 101,0 Km total : 1749 Temps : 6 : 40 Maximum : 50 Moyenne : 15,3 Heures : 9 h 00 / 20 h 00
La rivière qui murmureChez LucieChez LucieLe bagage est prêtArrivée près des pontsUn autre chantierEmbouchure de la ChaudièreCôte trop abrupteCap-Rouge : le train dans le cielDonnaconaOuvert aux vélosCamping interdit
Nuit parfaite avec le bruit des vagues, et parfois de la pluie. Comme je dors à l’intérieur, je peux m’organiser facilement. Quand tout est prêt, je salue et remercie mes hôtes. Quelle rencontre, quelle chance !
Aujourd’hui, c’est une belle météo pour le vélo – une fois n’est pas coutume. En quittant Berthier-sur-Mer, je quitte aussi le fleuve pour suivre de petites routes tranquilles dans le piedmont des Appalaches. En dehors de quelques villages, c’est très agricole et visiblement prospère.
Plus tard, je rejoins la Cycloroute de Bellechasse, une superbe piste cyclable, bien pavée et longée de framboisiers – il y a aussi plusieurs cyclistes, bien sûr. Je rejoins le village de Saint-Anselme, où je dîne, puis je me dirige vers Sainte-Hénédine par la Véloroute de Dorchester.
Sur la route vers Scott, je croise une cycliste : c’est ma sœur Lucie qui est venue à ma rencontre. Nous sommes bien heureux de nous retrouver. C’est un coup de chance qu’elle soit disponible, car son agenda de retraitée voyageuse déborde.
Il fait bien chaud, alors la piscine est plus qu’appréciée. Nous visitons aussi leur campeur, un gros véhicule qui rend leurs voyages vraiment confortables. La finition en bois est magnifique. En revanche, l’ensemble des appareils exige une bonne phase d’apprentissage, toujours en cours après presque un an. Malgré quelques ajustements, ils en profitent bien.
Nous nous dirigeons ensuite vers un site d’auto cueillette pour en ramener bleuets et framboises, des délices de saison. Nous soupons près de la piscine, puis nous partons en voyage virtuel à partir des excellentes photos que ma sœur collectionne, en particulier d’une diversité d’oiseaux magnifiques. Que ce soit à Terre-Neuve ou au Costa-Rica, le monde est beau.
Bien sûr, nous ne nous couchons pas très tard, mais nous avons bien profité de ces heures ensemble.
Km jour : 76,2 Km total : 1647 Temps : 4 : 47 Maximum : 38 Moyenne : 15,9 Heures : 8 h 30 / 15 h 15
Pointe de l’Ïle d’OrléansTiens ! Des vignes…Chaussée dégradéeCycloroute de BellechasseL’heure du lunchRivière EtcheminMur de vélosÉrablièreLe campeurLe campeur – intérieurLe campeur – intérieurLe campeur – garageMaison accueillante
Excellente nuit, le vent s’étant calmé et la pluie ayant pris congé. Et, bonheur, tout mon matériel a bien séché et le solide vent d’est qui me poussera toute la journée est de retour. En revanche, c’est et ça restera frais, il y a un bon brouillard qui masque les lointains
Tout de suite en quittant le site, une descente bien abrupte mène au bord du fleuve, à la Pointe-aux-Orignaux. Pour plusieurs kilomètres, le trajet est enchanteur, avec un chapelet de jolies maisons entre mer et escarpement. Avec le brouillard, c’est magique.
Jusqu’à Rivière-Ouelle, c’est agricole avec une odeur de mer, puis la piste quitte les routes. C’est la Piste cyclable de la Grande-Anse, mince ruban de gravier entre la mer et l’autoroute. C’est bien joli et j’y suis fin seul pour 14 kilomètres.
À partir de Saint-Roch-des-Aulnaies, c’est une suite de villages charmants, souvent touristiques et la circulation est assez restreinte. Je mange vers Saint-Jean-Port-Joli, en gardant un œil sur la météo : il y a de la pluie sur le radar, mais elle progresse de l’est vers l’ouest et ne me rattrape pas pour le moment. C’est plus facile.
Mes réserves de nourriture baissent. Une affiche indique une fromagerie artisanale qui utilise du lait de chèvre. J’en ressort avec une réserve plus confortable. Geneviève et Enzo, jeunes montréalais, s’approchent et s’intéressent à voyager à vélo. Ils sont bien contents de voir de plus près comment ça peut fonctionner.
En après-midi, je traverse Montmagny, une ville plus importante. La circulation devient plus dense et le reste un temps. J’arrive à Berthier-sur-Mer en me disant qu’il serait utile de m’installer, car la pluie s’en vient. Tiens, ce n’est pas ici que Liana et Antoine se marieront sur un domaine familial ? Un appel, et c’est confirmé : j’y suis attendu.
Je suis près de la plage de Berthier-sur-Mer, la cyclotouriste du jour arrive. Venue de Montréal sur un très vieux vélo équipé se sacoches neuves, Marie en est à sa première expérience, qu’elle adore. Elle a réussi à prendre un petit congé de son travail dans le monde de la scène.
Elle s’informe de deux cyclistes qu’elle avait croisés ces jours derniers : Guy et Anne étaient partis il y a 70 jours de Vancouver et rentrent tranquillement chez eux, en Gaspésie – je les avait vus ce matin. Une fois de plus, je constate que les voyageurs à vélo sont une espèce bien sympathique.
Quelques minutes plus tard, je suis chez mes hôtes du jour. L’endroit est spectaculaire : ce domaine sur le bord du fleuve comprend une grande maison, ancien presbytère et plus ancien bâtiment de la ville, une chapelle de bonne taille, de grands arbres, des jardins et une gloriette où l’on m’offre de m’installer. Comme la pluie est arrivée, c’est plus que parfait.
Les personnes sont encore plus intéressantes que les lieux. Comme ils sont retraités, il peuvent bien profiter des lieux, sauf en hiver où tout est fermé. Il y a Marie et Luc, sœur et frère du papa d’Antoine, leurs conjoints respectifs Denis et Julia, ainsi que la chienne Luna qui veille jalousement sur les lieux.
Je procède à mes routines dans l’espace confortable qui m’est alloué, et je me couche avant 22 h. La vue est belle, la vie est belle.
Km jour : 102,1 Km total : 1571 Temps : 6 : 21 Maximum : 38 Moyenne : 16,1 Heures : 7 h 00 / 17 h 00
Respecter les limitesRivière-OuelleRivière-OuellePiste cyclable de la Grande-AnsePiste cyclable de la Grande-AnseL’Islet-sur-MerLa glorietteUne partie du jardinLa chapelleLa chapelleLa maisonLa chapelleLa gloriette
Il a beaucoup plu au début de la nuit, puis de façon plus épisodique ensuite. Je me lève donc dans une tente trempée. Je profite d’un bon moment sans précipitations pour tout ranger, puis je traverse vers un autre parc, de l’autre côté de la route. J’aurais dû le faire hier : il est bien mieux que celui où j’ai passé la nuit. J’aurais même pu monter la tente à l’abri de la pluie. Elle sèchera quand elle sèchera.
Dès le départ, j’affronte une série de longues montées abruptes sous une petite pluie pas vraiment dérangeante. Pendant des kilomètres, jusqu’à Sagard, la route suit la rivière Petit-Saguenay. Ensuite la pluie s’estompe et les pentes s’adoucissent.
J’arrive au traversier de Saint-Siméon vers 11 h 45, bien à l’heure puisqu’il est attendu vers 13 h. J’ai même le temps d’écrire un peu avant l’embarquement, une longue opération précédée du débarquement des véhicules qui le remplissaient.
Je m’installe dans un fauteuil près des fenêtres avant et d’une prise de courant. Une dame est en face de moi. Nathalie est biologiste marine, électromobiliste, cycliste, nous avons donc plusieurs sujets pour remplir une conversation bien intéressante. Normalement, les piétons et cyclistes sortent avant les voitures, mais il n’y a pas de place pour passer mon vélo. Je suis donc le dernier sorti.
C’est vraiment pas chaud, mais j’ai un bon vent de dos, ce qui est exceptionnel puisque ici j’aurais normalement un vent de face. En sortant de Rivière-du-Loup, je traverse tranquillement le très joli village de Notre-Dame-du-Portage, étiré entre falaise et mer, puis j’enfile les kilomètres à une vitesse inhabituelle.
Un peu avant Kamouraska, je croise une cycliste avec bagages. Anouk, la cyclotouriste du jour, est partie de la région de Montréal et est à 5 kilomètres de sa destination, chez sa soeur. C’est sa première expérience de cyclotourisme, elle en est ravie. Nous tentons une photo, mais il n’y a pas de support pour mon trépied. Un gentil randonneur de passage prend le relais.
Au même moment, une voiture s’arrête : ce sont Charline, soeur d’Anouk, et leur père Michel qui viennent aux nouvelles, soupçonnant à juste titre qu’elle est en conversation. Sympathique. Charline me suggère un site de camping un peu plus loin.
Je me rends donc à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie, un cas de toponymie créative. Le site que je choisis est sur l’escarpement et non au bord du fleuve, mais permet en déplaçant une table à pique-nique de monter la tente à l’abri de possibles précipitations. Je dois cuisiner dans le vestibule à cause du fort vent.
Routines du soir, appel de mon amie Maria-Regina, journal mis à jour, il est plus de 22 h 30 quand je disparais pour une nuit qui s’annonce vraiment fraîche.
Km jour : 113,4 Km total : 1469 Temps : 7 : 14 Maximum : 59 Moyenne : 15,7 Heures : 7 h 00 / 19 h 45
Arrivée à Saint-SiméonSur le traversierSur le traversierSur le traversierSociété de consommationNotre-Dame-du-PortageNotre-Dame-du-PortageCharline, Michel, Anouk
Bien sûr, nous nous levons plus tard que d’habitude. Encore ce matin, beau temps chaud, mais nuageux et humide. En vérifiant la météo, nous constatons que les risques d’averses sont presque disparus, alors qu’un déluge était annoncé. Donc, changement de programme : je pars aujourd’hui.
Ce n’est pas instantané, bien sûr. Le vélo demande de petits bricolages, dont l’installation de l’attache fabriquée hier avec Alex. Facile. Nous allons également à La Baie pour de petits achats. Finalement, je prends la route en début d’après-midi.
Je n’avais jamais gravi à vélo la Côte à Caribou, une montée de 8 kilomètres qui mène des rives du Saguenay au Lac Goth et à Saint-Félix-d’Otis. Aujourd’hui, je me lance. Comme prévu, la première partie est abrupte, je monte lentement sous la chaleur.
Un groupe de cyclotouristes est en pause. Serge, Odile et leurs filles Charlotte et Mathilde sont venus de l’Abitibi pour pédaler le tour du Saguenay, un bon défi et un trajet splendide pour les cyclotouristes du jour. Après une première rencontre chaleureuse, nous nous revoyons tout près d’une cascade où les trois filles vont se rafraîchir. Bonne route !
La mienne se poursuit. Après la longue côte, c’est plus facile pour un temps, même si les côtes se succèdent. En arrivant à Rivière-Éternité, c’est le scénario village : une descente échevelée, puis une série de montées infernales. La section la plus difficile est celle entre Rivière-Éternité et Anse-St-Jean. Les montées se font à 4 km/h, la limite avant de tomber, je n’atteins que 60 km/h dans la plus grosse descente… grâce à mes freins. La vigilance est de mise, mais j’en profite pour tourner une petite vidéo rapide.
Depuis le départ, de gros nuages noirs me suivaient sans me rattraper, mais à l’Anse-St-Jean l’averse arrive. Je prends une bonne pause pour rester au sec et manger. Je repars vers Petit-Saguenay, où je m’installe pour la nuit derrière l’info touristique, avec les VR. Comme la pluie revient, je me réfugie dans la tente et j’appelle mon frère. Ensuite, dodo !
Km jour : 66,8 Km total : 1355 Temps : 4 : 55 Maximum : 60 Moyenne : 13,6 Heures : 13 h 20 / 19 h 50
Solide !Avec MoniqueOdileMathildeCharlotteSergeToute une descente !Anse-St-Jean
Ce matin, il fait encore très beau, mais je ne pars pas : la météo est à la pluie. La famille va cueillir des camrises, un fruit d’origine asiatique, délicieux mais qui doit être gardé congelé. De mon côté, je reste chez Monique car je tiens à mettre le journal à jour et en ligne. C’est un bon travail, complété vers 13 h alors que le soleil a laissé place aux averses.
Monique m’appelle : nous sommes à nouveau invités chez Yves pour le souper. Il y aura moins de convives puisque Katia est chez elle à Chicoutimi, Liana et Antoine sont repartis pour Québec alors que Agathe et Guy ont fui les averses. Je reçois aussi une invitation de ma cousine Martine, le meilleur moment pour se voir étant ce soir. On accepte les deux invitations.
Chez Yves, Alex et moi entreprenons de fabriquer une attache en aluminium pour stabiliser mon porte-bagages avant. Travail agréable, succès probable, à confirmer lors de l’installation.
Ensuite, souper excellent et abondant, comme toujours ici. Monique et moi prenons la route avec la voiture d’Alex, car l’autonomie de celle de Monique est pas mal limitée pour ce trajet d’environ une heure.
Il est 20 h quand nous arrivons au petit coin de paradis où Martine et Pierre prennent des vacances. Nous sommes rapidement rejoints par Daniel et Caroline, qui habitent tout près depuis leur retraite. C’est une très belle soirée près du lac et du feu, avec ces cousins avec qui nous avons bien des intérêts communs.
Il est déjà minuit quand nous reprenons la route avant une nuit bien méritée.
Chez MoniqueËtre précisApprendre le maïsYvesCaroline, Charlène, AnoukaCousins