Quelques jolies côtes

Sur la Route des Frontières

Rivière-du-Loup > Pohénégamook – 75 km
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Vendredi 18. J’arrive en fin d’après-midi chez ma sœur Lucie. Comme elle habite en Beauce, nous ne nous voyons pas si souvent, chaque occasion est une joie mutuelle. Évidemment, nous discutons voyage – elle arrive d’un spectaculaire trek au Tibet -, mais j’ai aussi la chance de croiser son fils Émile, un jeune homme aux nombreux projets. Une très belle rencontre, comme toujours.

Samedi. La nuit a été excellente, bercée par le chant de la rivière qui s’est quand même calmée après ses récents débordements. Je me lève vers 7 h, mon neveu Émile est déjà parti à vélo vers Québec où il rejoindra des amis pour 100 km de plus. Ça va rouler !

Après une douche, puis un agréable petit déjeuner avec Lucie, je prends la route – en voiture – vers 8 h 30. Le ciel est voilé, il fait environ 20°, ce sera ainsi toute la journée. Si la circulation est plus dense qu’à l’habitude, le trajet est facile à part un bouchon causé par des travaux. Je suis à Rivière-du-Loup vers 11h. 

Je branche ma voiture à une borne, bientôt rejoint par deux autres électromobilistes. J’essaie pour la première fois la fonction Autocharge : il me suffit de brancher ma voiture pour que la charge démarre automatiquement. Succès.

Je mange en chargeant, j’arrête à l’épicerie puis je stationne à l’info-touriste où ma voiture passera ces quelques jours. Des gouttes passent rapidement, il est 12 h 45 quand je commence au sec le vrai voyage.

Je démarre en longeant le fleuve sur quelques kilomètres. En arrivant à l’embranchement vers Notre-Dame-du-Portage, village avec une seule rue entre mer et falaise, une bonne averse. Je me réfugie sous une tonnelle avec deux dames en vélo électrique. C’est sympathique mais bref  : nous repartons après 10 minutes. Je traverse le ravissant village avant de retrouver la route 132. J’y croise Gervais, cycliste parti ce matin de Québec et en route vers Natashquan. Il profite du vent de dos – que j’ai dans la face – pour accumuler les kilomètres. Nous nous ressemblons pour les projets sur deux roues.

Peu avant St-André-de-Kamouraska, je prends à gauche sur la route des Frontières (289) qui me mènera jusqu’au Nouveau-Brunswick… si j’appuie sur les pédales. Ça commence par une solide montée jusqu’à l’autoroute puis jusqu’à St-Alexandre-de-Kamouraska. J’y croise trois cyclistes légers, les derniers de la journée. Ensuite, je suis en forêt pour quelques heures de montée vallonnée. Ma moyenne baisse radicalement.

La circulation est modérée, la chaussée est souvent bonne, parfois passable, et les accotements sont rares. Je longe brièvement le lac Morin, grand, assez sauvage et agrémenté de quelques gouttes sans conséquences. Ensuite… ça monte toujours.

Je rejoins enfin un sommet, à environ 430 m, puis ça commence à vraiment descendre. Avec des pointes régulières à 50 km/h, et même un maximum à 57 km/h, la vitesse moyenne remonte tandis que je descends vers Pohénégamook, lac et village. J’admire le paysage, je fais le plein d’eau et je croise près du lac une jeune famille installée ici le temps de reconstruire un pont.

La journée est bien avancée, il est temps de planter la tente. Une halte routière fera très bien l’affaire. Elle offre des tables, des poubelles avec une section recyclage – pas besoin de chercher un bac – et un coin de gazon discret pour ma tente. Repas rapide et simple, vaisselle sous quelques gouttes et moustiques envahissants, je suis bien heureux de me réfugier sous mon fidèle abri de toile. Voisinage imprévu, deux trains passent tout près, leur vacarme pas vraiment atténué par la végétation. Quand ils s’éloignent, il reste le bruit de la route, mais c’est la routine en camping sauvage. À 21 h, le journal est achevé, la nuit est presque tombée, c’est le temps de dormir pour être en forme pour la journée pluvieuse qui s’annonce.

km jour : 72,7
km total : 72
départ / arrivée : 12 h 45 / 18 h 45
temps de trajet : 4:39
vitesse moyenne : 15,6
vitesse maximale : 57

St-Jérôme

Ste-Agathe-des-Monts > St-Jérôme – 50 km
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Une autre bonne nuit – la routine, quoi – et un lever à une heure honnête puisque nous prenons la route après 9 h 30. Après quelques journées grises, la météo est parfaite, pas trop chaude sous un grand soleil.

Les premiers mètres se font sur la très passante route 117, toujours sans espace pour les vélos. Roulant derrière Manon, je constate un mouvement anormal de sa roue arrière. Diagnostic rapidement confirmé : un rayon est brisé, la roue est maintenant très fragile.

Je prends donc tous les bagages et nous longeons prudemment la magnifique Rivière du Nord sur environ 6 km avant de rejoindre une boutique de vélo à Val-David. Le technicien fait un excellent travail, et bientôt nous reprenons la piste en toute confiance.

C’est vraiment très joli sous le soleil. Nous longeons le Lac Raymond, puis, assez souvent, la rivière, alors les points de vue se succèdent. Soudain, j’entends crier mon prénom par des gens que je croise. Nous nous arrêtons : c’est ma cousine Christiane et son conjoint Paul qui prennent l’air avec leurs vélos électriques. Belle rencontre !

Le trajet se poursuit sans histoire, confortable, avec quelques villages et une piste fréquentée mais facile. Avant d’arriver à Saint-Jérôme, nous arrêtons au Parc régional de la Rivière-du-Nord pour admirer les chutes Wilson, bien actives avec la pluie des derniers jours.

Déjà, nous entrons tranquillement en ville, traversant divers quartiers pour arriver au centre ville. La boucle est bouclée, la voiture nous a sagement attendus. Il reste à la charger des vélos et du matériel avant de rentrer en ville. Fin de cette petite aventure jusqu’à la prochaine, qui ne saurait tarder.

km jour : 49,2
km total : 204
départ / arrivée : 9 h 40 / 16 h 10
temps de trajet : 2:49
vitesse moyenne : 17,4
vitesse maximale : 36

Ste-Agathe-des-Monts

Mont-Tremblant > Ste-Agathe-des-Monts – 50 km
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Le déluge annoncé est bien au rendez-vous, mais nous restons au sec pour la nuit, sans nous préoccuper de la météo. Et comme espéré, nous nous levons tard, constatant que la pluie tombe en trombes. Nous nous préparons tranquillement, puis nous descendons notre matériel près des vélos pour libérer la chambre.

Il est temps de manger. Comme il est déjà tard, nous affrontons la forte pluie pour aller juste à côté : un café offre des sandwiches et des petits déjeuners ; dans le même local, il y a aussi une boutique de vélo, le tout dans un joyeux désordre organisé. Le repas est excellent… et le déluge se poursuit. Nous revenons à l’auberge et nous installons près des vélos.

La pluie diminue tranquillement et nous prenons la piste à midi, au sec même si le ciel reste bien gris. Il fait frais, autour de 17°, mais pour tout le trajet nous n’aurons que quelques gouttes, pas assez pour vraiment nous mouiller. Inattendu et très apprécié.

Après une première section plutôt facile, nous traversons la Rivière du Diable, prélude d’une douce mais longue montée de plus de 15 kilomètres. Pour moi, c’est facile, mais Manon doit y mettre toute son énergie. Heureusement, elle est en forme aujourd’hui. Et ce trajet est magnifique dans cette forêt calme et habitée d’une faune pas trop timide.

Par la suite, nous longeons la bruyante route 117 sur un faux-plat descendant qui nous propulse rapidement et facilement. Nous rejoignons la Rivière du Nord qui nous accompagnera jusqu’à destination.

Nous approchons de Ste-Agathe, c’est vraiment facile jusqu’à une barrière : la piste est fermée pour travaux. Le détour commence par une montée abrupte en gravier, puis nous promène un peu partout dans les rues. Nous retrouvons la piste qui descend bien, puis il faut remonter par une bonne côte jusqu’à la route 117, assez inconfortable avec la lourde circulation et l’absence d’un espace vélo. Nous arrivons au motel peu après 16h.

L’extérieur est plutôt défraîchi et l’intérieur date de plusieurs décennies, mais c’est calme et propre. Après les douches, nous marchons jusqu’à l’épicerie puis au restaurant. Nous revenons sous un léger crachin. En revanche, la pluie a laissé des traces plus au nord : la ville de Rivière-Rouge, que nous avions traversée hier, a été inondée et la piste a subi un glissement de terrain.

Ce n’est rien à côté des catastrophes qui inondent les médias, mais celle-ci est toute proche.

Nous regardons le film Asiemut, le récit d’un voyage vélo épique en Asie.

La soirée est calme, la nuit sera bonne avant la dernière étape

km jour : 47,7
km total : 155
départ / arrivée : 12 h 00 / 16 h 10
temps de trajet : 3:06
vitesse moyenne : 15,4
vitesse maximale : 26

Mont-Tremblant

Nominingue > Mont-Tremblant – 50 km
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À 6 h, la sonnerie met fin à une excellente nuit. Il faut bien se lever, puisque la pluie sera au rendez-vous dès cet après-midi et jusqu’à demain. Nous sommes donc sur nos roues vers 7 h 30.

C’est encore un peu frais, surtout nuageux avec quelques percées de soleil, et très calme : nous sommes fins seuls sur la piste pour un bon bout de temps. Entre boisés et marais, c’est une belle balade.

Nous traversons la route 117, encore calme elle aussi, puis rejoignons la Rivière Rouge, ses méandres, ses rapides et ses magnifiques points de vue.

Au passage, nous longeons le rapide des Italiens, un bonheur pour les canoteurs, passons sur le spectaculaire pont et saluons même le camping improvisé où j’avais passé la nuit en 2023. Jusqu’à 10 h, nous ne croisons que cinq cyclistes – oui, comptés.

Pause à Labelle. Là, il y a un petit marché et plus de monde, dont Jason et Charles qui avaient voyagé avec nous dans la navette. Ils commencent leur journée.

Pour un bout de temps, nous traversons un territoire plus agricole et moins spectaculaire, marqué par un effondrement partiel de la piste fraîchement refaite. Une rare montée nous amène près du lac Mercier, splendide. Nous y sommes, il est presque midi, il fait chaud et humide.

Notre chambre n’est pas encore prête, mais nous pouvons laisser vélos et matériel en sécurité le temps d’une bienfaisante saucette dans le lac, puis d’un pique-nique. Nous y rencontrons Raymond, sympathique cyclotouriste torontois qui a pas mal bourlingué. La pluie qui commence ne l’inquiète pas, il va camper un peu plus loin. Détail intéressant : il aura bientôt 84 ans. Nous espérons une autre rencontre avec lui sur deux roues dans quelques années, quand il aura 100 ans.

À l’auberge, nous pouvons nous installer dans notre minuscule chambre à deux lits, parfaite pour les besoins. Manon se repose, j’écris un peu. Une marche ? Non, il pleut. Nos vélos sont en bonne compagnie : ils sont 13 ensemble. En fin d’après-midi, nous profitons d’un vaste salon avant de descendre au restaurant. Le repas est copieux, le service chaleureux, et il y a du monde.

En soirée, nous regardons le film Patients, qui relate l’année que Grand Corps Malade a passé en réhabilitation après son accident. La journée est bien avancée, et demain matin nous prendrons notre temps, puisque ce sera toujours le déluge. Une bonne nuit s’impose.

km jour : 50,7
km total : 107
départ / arrivée : 7 h 30 / 12 h 00
temps de trajet : 3:18
vitesse moyenne : 15,4
vitesse maximale : 23

Nominingue

St-Jérôme >> Mont-Laurier > Nominingue – 55 km
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Nuit calme et confortable, grâce aux fenêtres bien ouvertes de notre chambre de motel juste au nord de Saint-Jérôme. Mais le réveil sonne tôt : nous sommes debout à 6 h et à la gare à 7 h. Il y a deux petits autobus avec chacun une remorque pour les vélos, et les cyclistes qui arrivent tranquillement. À 8 h 15, les deux véhicules sont remplis, nous prenons la route. En chemin, nous arrêtons à Labelle et à Lac Saguay, nous arrivons à Mont-Laurier vers 11 h 15.

À 11 h 40, nous prenons la piste. Côté température, c’est nuageux et confortable. La chaussée est un peu abîmée, mais les défauts sont marqués en rouge. Surtout, nous sommes dans une jolie forêt habitée par de nombreux oiseaux – un bonheur pour Manon l’ornithologue. Nous pique-niquons sur le bord du Lac des Écorces, c’est parfait.

Tout au long de la journée, nous ne croisons que quelques routes et quelques maisons, nous sommes surtout dans les bois. Nous roulons quelques kilomètres avec Jean-Claude, retraité aux multiples intérêts. Nous profitons aussi d’une savoureuse source fraîche juste à côté de la piste.

Le soleil est de plus en plus présent… et les rencontres chaleureuses se succèdent. Il y a peu de gens, mais tous sont vraiment sympathiques. Nous arrivons enfin à Nominingue peu après 17 h. Un spectacle en plein air se prépare, les tests de son annoncent une belle soirée. Moins de trois kilomètres plus loin, nous sommes à l’auberge.

La grande chambre, accessible par des escaliers et balcons extérieurs sous une petite averse, s’annonce très confortable. Nous y déposons nos sacs, puis nous repartons à pied vers le village. C’est une bonne marche d’environ 45 minutes, mais Manon a assez pédalé pour aujourd’hui.

Nous nous installons dans un petit restaurant pour un repas simple. Comme le cuisinier est absent, l’équipe fait de son mieux mais c’est plus long que prévu. Quand nous terminons, il fait presque nuit et il pleut, ce qui vient interrompre le spectacle qui se donnait juste à côté. Nous ne sommes pas très motivés à marcher dans ces conditions. J’appelle un taxi, la seule voiture en service est en route pour Mont-Laurier. Décidément…

Optimiste, je tends le pouce. Deux dames qui quittent le spectacle s’offrent pour nous raccompagner, mais l’arrière de la voiture est rempli de matériel d’artisanat. La conductrice va conduire son amie et revient nous chercher. Belle rencontre, à nouveau.

Nous nous préparons tranquillement pour la nuit, puisque nous avons décidé de nous lever tôt demain matin.

km jour : 57,1
km total : 57
départ / arrivée : 11 h 40 / 17 h 45
temps de trajet : 3:46
vitesse moyenne : 15,1
vitesse maximale : 37

Petit Train, Petit Témis – 2025

Le Lac Témiscouata

En cet été 2025, pas de grand voyage, mais plusieurs activités et petites sorties, dont deux sur la Route Verte qui permet de faire à vélo une bonne partie du tour du Québec.

En début d’été, j’ai accompagné mon amie Manon pour son premier voyage à vélo sur la piste du Petit Train du Nord, un classique parcouru tranquillement mais que je connaissais déjà.

En revanche, j’avais bien besoin de faire quelques kilomètres plus intenses sur mon vélo même si j’avais peu de jours consécutifs disponibles. J’ai décidé de faire une balade en territoire nouveau : la piste cyclable du Petit Témis. Ça semblait facile, mais il y a eu quelques imprévus…

Train – Nominingue
2025-07-05 – 55 km

Train – Mont-Tremblant
2025-07-06 – 50 km

Train – Sainte-Agathe-des-Monts
2025-07-07 – 50 km

Train – Saint-Jérôme
2025-07-08 – 50 km

Témis – Quelques jolies côtes
2025-07-19 > Pohénégamook – 75 km

Témis – Du lac au fleuve au lac
2025-07-20 > (Dégelis) – 125 km

Témis – Au parc Témiscouata
2025-07-21 > Parc Témiscouata – 35 km

Témis – Dépasser les obstacles
2025-07-22 > St-Honoré – 60 km

Témis – Les derniers kilomètres
2025-07-23 > Rivière-du-Loup – 55 km

Témis – Bienvenue cyclistes ?
Un petit suivi…

De Lyon à la maison

> Aéroport >>> Montréal – 35 km
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Lundi. Comme d’habitude, je me lève quelques minutes avant que sonne mon alarme. Une heure plus tard, je suis en route. Ce matin, il fait beau et frais, c’est donc très confortable. Aussi, l’itinéraire est simple et l’algorithme ne m’a préparé aucune mauvaise surprise.

Au début, je traverse un long chantier, mais qui laisse une place aux vélos, puis je profite de bonnes pistes cyclables. Le dernier tiers du trajet est sur une route assez passante et sans accotement, alors mon clignotant rouge reprend du service. J’arrive sans encombre après 21 km et 1 h 45 de trajet.

L’aérogare est moderne et lumineuse avec ses grands murs vitrés. Le comptoir d’information me donne une pièce en plastique pour déverrouiller un chariot, puis je m’installe dans un coin plus tranquille pour tout mettre en sacs, une affaire de 45 minutes. C’est l’heure d’enregistrer mes bagages, sans aucune difficulté. Quand je ramène la pièce de plastique, la dame est toute étonnée : ça n’était jamais arrivé.

Peu après, je rencontre Gilbert, québécois d’origine africaine, et nous restons ensemble pour la suite des étapes, soit une bouffe d’aéroport, la douane, les contrôles de sécurité et l’attente avant l’embarquement. Il est de très agréable compagnie, alors le temps passe vite et bien.

À l’appel de ma section, je me dirige vers l’avion et mon siège. Je suis avec Sarah, qui revient à la maison avec son conjoint et leurs trois enfants après trois semaines dans leurs familles en France et des vacances en Corse. Traductrice dans le milieu artistique, vivant sans voiture, intéressée aux enjeux de société et de langue, nous avons beaucoup de sujets intéressants pour nos échanges.

Après le repas d’avion – c’est encore pire qu’un repas d’aéroport -, je fais une sieste assez inconfortable mais nécessaire. Je réussis à mettre le journal à jour juste avant que l’avion amorce sa descente vers un Montréal pluvieux.

Nous touchons le sol alors que les fenêtres se couvrent d’une pluie abondante. L’avion s’immobilise au milieu de rien, et nous attendons plusieurs minutes qu’une passerelle soit installée. C’est un autobus qui nous mène à une entrée de l’aérogare et à une longue marche dans un dédale de corridors. Contrairement à nos craintes, les formalités se font rondement, avec une attente minimale. Je trouve un petit coin un peu plus tranquille pour remettre mon vélo sur ses roues.

Quand j’émerge à l’extérieur, c’est gris et froid, mais la pluie est très faible. Je rejoins la piste cyclable de l’aéroport, puis celle de la rue Donegani que j’utilise pour aller travailler.

Agréable surprise : la piste cyclable très détériorée du boulevard Des Sources a été élargie et repavée. J’arrive chez moi sans encombre, mais il est déjà 19 h 40, soit 1 h 40 du matin dans mon corps. Comme prévu, ma maison n’a subi aucun dommage lors des pluies torrentielles des dernières semaines.

Je passe rapidement à l’épicerie, et en soirée j’appelle ma sœur – décalage oblige, j’ai quelques ratés dans la séquence des idées… Je me couche à l’heure habituelle afin de reprendre rapidement pied dans ce fuseau horaire. Bonne nuit en perspective, rêves de voyage à prévoir. Quel bonheur de pouvoir ainsi vivre et rencontrer dans notre monde !

km jour : 32,8
km total : 1335
départ / arrivée : 8 h 00 / 9 h 45 – 19 h 40 (1 h 40…)
temps déplacement : 2 : 10
vitesse moyenne : 15,2
vitesse maximale : 55

Les aléas du train

> Nevers >> Lyon – 50 km
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Dimanche. Nuit courte, mais réparatrice : je m’éveille avant la sonnerie du réveil. Si l’intérieur de la tente est préservé, le double toit est dégoulinant même si la pluie cesse tranquillement. Le temps reste gris et frais.

Au programme : rangement du campement, déjeuner, salutations, puis vélo : je suis en route à 10 h, avec une veste.

Je détricote le trajet d’hier, d’abord celui en voiture avec Paul et Grégoire, puis celui à vélo. Toutefois, je ne laisse pas l’algorithme me ramener sur l’invraisemblable détour d’hier : je reste sur les routes. C’est vallonné, toujours bien joli malgré la grisaille, agréable, mais sans aucun autre vélo.

Je rejoins une route plus importante que je laisse pour les berges de la Loire. J’arrive à la gare une bonne heure avant le train prévu, qui a même la bonne idée de se présenter quai 1, donc sans franchissement de voie – ici, c’est compliqué avec les tunnels et les escaliers.

J’entre dans le train, il n’y a pas vraiment de place. Le contrôleur essaie d’en trouver, puis me demande si j’ai une réservation vélo : comme le site Web ne le mentionnait pas pour ce trajet, je n’étais pas au courant. Je reste sur le quai. Mauvaise situation.

Je me dirige rapidement vers le guichet. Mon billet est perdu, et la préposée cherche longuement une option. Aucun trajet direct n’est disponible, il me faudra passer par Dijon avant de revenir à Lyon en ajoutant quelques heures et plusieurs Euros au trajet. À prévoir : une lettre à la SNCF, qui semble considérer les vélos comme une nuisance et l’information comme… rien.

En attendant le prochain train, un couple de cyclistes m’interpelle : François et Florence bourlinguent aussi avec vélos et étaient présents hier soir. Encore du bon monde : bonne route !

Dans le train pour Dijon, il y a une montagne de bagages hétéroclites dans l’espace vélo : un groupe de jeunes revient d’une colonie de vacances près de Toulouse. Un peu de réorganisation permet de caser mon vélo et mes sacs.

Au début du trajet, je suis avec Martine, qui marche sur des itinéraires spirituels et revient de la Via Francigena, un Compostelle italien bien moins fréquenté que son célèbre frère. Elle s’intéresse aux valeurs dans la définition de l’identité personnelle. 

Rapidement, la conversation change de direction avec les jeunes qui papillonnent tout autour. Accompagnés par leurs moniteurs récemment sortis de l’adolescence, dont une Lucie bien heureuse de sa première expérience de camp, plusieurs de ceux-ci vivent en foyers de groupe et sont très curieux et heureux d’être accueillis. Quand d’autres cyclistes arrivent, nous nous livrons à une réorganisation en règle de tout l’espace.

Tout le monde descend à Dijon, le terminus. J’ai le temps requis pour bien me préparer pour le train suivant, je réussis même à engouffrer une petite quiche de gare. 

À bord du train vers Lyon, nous sommes six cyclistes pour trois espaces vélo, c’est à nouveau un travail de collaboration qui permet de bien nous organiser. Ce dernier train est le plus confortable de tous ceux de cet été et nous dépose au cœur de Lyon vers 20 h 45. 

Au départ, j’avais penser m’installer dans un camping, mais celui de Lyon est à l’opposé de l’aéroport, et pas mal loin. J’avais donc opté pour l’auberge de jeunesse, un excellent choix dans les circonstances. J’y suis en 30 minutes, mais au moins trois heures plus tard que prévu…

Adrien, qui m’accueille et qui passera la nuit, est très sympathique. Il me propose un dortoir plus petit – bonne idée – et me donne accès à un atelier pour y sécher ma tente encore détrempée.

Je ne veille pas tard. La nuit dernière a été courte, et la journée un peu complexe. Nous sommes cinq dans notre dortoir, mais c’est un lieu de silence alors je n’aurai rien connu de mes colocataires d’une nuit. De toute façon, je tombe de sommeil.

km jour : 48,9
km total : 1302
départ / arrivée : 10 h 00 / 13 h 25 – 21 h 25
temps déplacement : 3 : 25
vitesse moyenne : 14,4
vitesse maximale : 46
auberge : 26 €

Laure et Gabriel

> St-Saulge >> Château de Mont – 35 km
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Samedi. Le camping était bruyant, ou plutôt la mobylette qui pétaradait tout autour un peu trop tard. J’avais l’impression que c’était pour le plaisir de déranger par le bruit. Autrement, la nuit a été excellente, et comme souvent je suis éveillé un peu avant l’alarme.

Au lever du jour, il reste un peu de soleil, mais ça ne dure pas : les nuages envahissent rapidement tout le ciel. Ce matin, pas de douche : la porte pour y accéder est brisée, mais surtout j’aimerais bien faire le trajet avant la pluie annoncée en mi-journée. Je suis en route dès 8 h 30, en ayant pris le temps de saluer Thomas et de payer ma nuit.

L’algorithme me guide sur de petites routes, de plus en plus petites. Devrais-je lui faire confiance ? Je risque. La petite route devient une route fermée aux voitures, puis en gravier correct, puis en gros gravier inconfortable. Si la tendance se maintient… et elle se maintient : la dernière section avant la vraie route est étroite, très érodée, impraticable, il faut y marcher difficilement en guidant le vélo. Décidément, cet algorithme ne sera pas ma référence la prochaine fois.

Je retrouve les routes normales, assez vallonnées, pas très rapides mais agréables. J’arrive à St-Saulge vers 11 h 30, sans que la pluie ne soit encore là. J’approche de l’église, j’entends de la musique. La chorale répète, c’est magnifique. Gabriel arrive en même temps, nous sommes bien heureux de nous retrouver lors de cette journée bien spéciale. J’entre mon vélo dans l’église, ils sont tous là à chanter, c’est le chœur des anges. 

Rapidement, je repars en voiture avec Gabriel vers le château où aura lieu la noce afin de prendre une bonne douche et un bref repas en excellente compagnie.

Un peu plus tard, une autre voiture me ramène à l’église et nous nous préparons pour une célébration imprégnée de joie, de simplicité, évidemment d’émotion, et d’une musique exceptionnelle : aujourd’hui, la chorale montréalaise se surpasse. 

Il y a des averses éparses. Je ne suis pas du tout motivé à pédaler sous la pluie pendant une heure encore, mais Paul a la grande voiture de ses parents. Le vélo y entre facilement, ainsi que les bagages, Grégoire et moi. Nous sommes donc rapidement et confortablement sur place.

En plus du château, il y a une grande tente permanente capable d’accueillir tous les invités – nous sommes environ 150 – et un champ où monter nos petites tentes. Des gens sont venus de partout en France et d’ailleurs : il y a même Vincent, un collègue québécois de Laure ayant fait ce bref voyage uniquement pour l’occasion – c’est mon premier québécois depuis le départ.

Il y a aussi un petit groupe de musiciens – trois guitaristes, un bassiste et un percussionniste – dont l’un est garçon d’honneur et qui présentent un répertoire de musique latine. Venus de Lausanne, Los Azulejos sont excellents et très sympathiques. Nous profitons de leur musique et de délicieuses entrées. Nous avons aussi un photographe très dynamique qui prends de nombreuses images en souriant.

Le début de la soirée est marqué par des messages des parents, des fratries et d’amis des mariés. Ils sont bien préparés, bien livrés et permettent de connaître un peu plus les racines de nos amis. Plus tard, les plats principaux arrivent, bien appréciés, dans une atmosphère plutôt survoltée où la chorale est bien impliquée – parfois en chantant : lien vidéo.

Grégoire avait écrit un texte de circonstance sur la musique québécoise Les étoiles filantes. Avec une guitare empruntée et la chorale, c’est un beau moment pour les mariés et les invités – lien vidéo.

En soirée, c’est bien sûr la danse qui prend la vedette. Les choristes sont aussi des danseurs  particulièrement compétents et énergiques. Je suis vraiment impressionné par un duo rock avec Paul et Anna, acrobatique et magnifiquement coordonné : parfois lancée en l’air, Anna virevolte littéralement, avec un grand sourire. Bravo !

La fête se poursuit une bonne partie de la nuit. De mon côté, je quitte vers 2 h et je m’installe dans ma tente, alors que le bruit de la pluie qui succède aux averses masque un peu la musique. 

km jour : 36,7
km total : 1253
départ / arrivée : 8 h 30 / 11 h 30
temps déplacement : 2 : 28
vitesse moyenne : 14,9
vitesse maximale : 50

Rencontres ferroviaires

>> Nevers – 1,3 km
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Vendredi. Personne ne semble s’ennuyer de la grosse chaleur. C’est plus agréable et confortable, nuit et jour.

Ce matin, dernier repas avec Virginie et Sarah, qui part travailler après un dernier câlin. Bientôt, tout est fin prêt. En enlevant la roue avant, le vélo entre tout juste dans la voiture, c’est parfait.

Nous reprenons la route de Toulouse, plus précisément de la gare. Dans le stationnement, je remet le vélo sur ses roues. L’ascenseur est si petit qu’il faut mettre le vélo en position verticale pour y entrer. Nous repérons l’ascenseur et les écrans, il est déjà temps de nous quitter… en espérant nous revoir bientôt.

Il y a plusieurs cyclistes, et une solidarité entre ces voyageurs de la lenteur. Il y a encore une heure d’attente, je reste en compagnie de Mathieu, qui combine vélo et train pour visiter son frère. Quand nos trains sont appelés, nous descendons pour rejoindre nos quais respectifs. Pour rejoindre le quai 9, il faut à nouveau se coincer dans un ascenseur minuscule, c’est un autre cycliste qui m’aide à en sortir. Prévu à 13 : 03, le train a quelques minutes de retard, rattrapées en cours de trajet.

Quand le train arrive, il faut repérer rapidement les entrées cyclistes. Dans notre wagon, nous avons trois vélos pour deux emplacements, mais un petit bricolage permet de bien nous installer. Pour le trajet, je suis avec Bastien, négociant qui a vécu en Afrique de l’Ouest et un peu au Québec, qui débute un trajet vélo le long des gorges de l’Allier. À la gare suivante, Bérénice se joint à nous pour un bout de temps. Étudiante en dentisterie, elle arrive de Lourdes, où elle a été brancardière, et se dirigera demain vers les Alpes.

Les jolis paysages défilent lentement, mais je n’ai pas de bonnes conditions pour les apprécier : le mal des transport n’est pas loin, et il fait vraiment chaud dans le train bondé. Les vallons deviennent plus profonds, les tunnels se succèdent, le temps passe. À Aurillac, ville plus importante, plusieurs personnes descendent et montent, mais la plupart des nombreux arrêts sont brefs.

Après six heures de trajet, nous arrivons enfin à Clermont-Ferrand pour une correspondance de 30 minutes. Entrer dans les petits ascenseurs est ardu, prendre les marches étroites pour monter dans le train est encore pire, puis il faut tout décharger pour suspendre le vélo aux crochets.

Juste derrière moi, une jeune femme galère aussi avec une poussette et un jeune enfant. En me rendant à ma place, je la vois dans un compartiment, seule avec son enfant. Nous échangeons quelques mots et bientôt nous nous préparons à faire le trajet ensemble. Béatriz est française avec des racines portugaises, son mari est sénégalais et joueur de rugby professionnel, le petit Éli, 17 mois, est un heureux métissage.

Nous conversons un bout de temps puis elle me dit que son fils adore la musique. Je vais chercher la guitare, et Redouane se joint spontanément à nous. Ce sont donc d’heureux mélanges d’improvisation berbères, de chanson française et même d’un classique québécois qui résonnent dans le bruyant compartiment et font danser Éli dans sa poussette. Rencontre improbable, bonheur partagé.

Au moment de descendre enfin du train – après huit heures si inconfortables, j’ai mon voyage -, nous nous entraidons pour que tout se passe bien mieux qu’à l’entrée. Nous sommes sur un quai central. Je donne un coup de main à Béatriz qui doit rejoindre le tunnel par l’escalier avec la poussette, mais je ne ressens aucun enthousiasme à tout démonter deux fois pour faire de même. Gary, employé de la gare, me propose de traverser les voies avec lui, en sécurité. Proposition très à propos et appréciée.

Le camping est tout près, j’y arrive en quelques minutes. Il est 21 h 30, l’accueil est fermé, mais un appel me confirme que je peux m’installer pour la nuit sur les berges de la Loire. Il y a là une constellation de petites tentes et de vélos, puisque l’itinéraire est un classique très fréquenté. Thomas, un sympathique voisin cycliste, arrive pour une intéressante conversation – une autre. 

C’est frais et confortable. C’est le temps d’écrire et de dormir avant de rejoindre mes amis pour la grande journée de demain… et pour y arriver avant la pluie.

km jour : 1,3
km total : 1216
temps déplacement : 0 : 07
vitesse moyenne : 11,1
vitesse maximale : 24
camping : 13 €