Les chemins creux


La Somme

2018-07-07, samedi ; > Arras – 110 km
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Est-ce que le train a pris congé cette nuit ? Peut-être aussi que je dormais bien : je n’ai rien entendu. Comme je suis en camping sauvage, je me lève tôt et je me prépare rapidement. J’ai de la compagnie : des vaches broutent dans le champ voisin. Un joggeur me salue en passant. Dès 7 h, je suis en route.

Je déjeune au premier village traversé. Si c’est frais ce matin, la chaleur sera présente, ça se sent déjà. De village en village, je reste essentiellement sur de toutes petites routes. En chemin, je croise Yannick, un cycliste léger. Agréable rencontre et belle conversation.

Je traverse Albert, une petite ville, alors que les cimetières de guerre se multiplient. À partir de Puisieux, je prends une route plus importante, ce qui n’empêche pas de rencontrer un chariot à la façon de l’ouest américain.

En arrivant à Arras, je suis sur un itinéraire connu, je retrouve facilement la maison de mes amis. Il y a un message sur la porte. Ils arriveront dans quelques minutes, je pourrai avoir la clef chez une voisine.

Pierre arrive alors que j’entre dans la douche, et tout le monde est là quand j’en sors. Il y a Élise, ainsi que Josik (10 ans), Layal (8 ans) et Charlie, le petit nouveau qui n’a que 14 mois. Samuel, l’aîné, est chez ses grands-parents.

Comme il fait chaud et que la lumière perdure bien au-delà de 22 h, nous mangeons dehors. En soirée, nous chantons plein de chansons du Québec avec Layal, alors que Josik est plongé dans un livre. Quand les enfants sont couchés, mes amis me donnent des nouvelles de Samuel. À la suite d’une infection qui s’était déplacée vers le cerveau, il a été hospitalisé à Lille et opéré trois fois, ce qui a suscité beaucoup d’inquiétudes – justifiées – chez tous les proches. Heureusement, il s’est bien remis, mais ça a été toute une épreuve pour la famille.

Il est tard quand nous allons nous coucher, mais le programme de demain matin est précis : grasse matinée.

Statistiques
km jour : 109,0
km total : 281
départ / arrivée : 7: 00 > 18: 00
temps déplacement : 7 : 35
vitesse moyenne : 14,3
vitesse maximale : 54,4

La tortue des vallées


Champ de blé

2018-07-05, vendredi ; > Saint-Just-en-Chaussée – 125 km
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Évidemment, je me lève tôt, afin que tout soit prêt. La maisonnée se disperse aujourd’hui : Marie est au boulot, Marianne a une autre sortie avec des copains et Philippe roule avec moi jusqu’à la piste cyclable qui longe la Seine. C’est là que nous nous saluons.

C’est agréable et facile de longer l’eau : il n’y a pas de voitures ni de difficultés pour trouver mon chemin. Je franchis le pont très encombré de voitures vers Saint-Germain-en-Laye et je grimpe vers le Château royal et son immense parc. Passant par là, Jean-Jacques m’accompagne à l’info touriste, mais ils n’ont pas de carte de la forêt de Saint-Germain, que je traverserai après avoir admiré Paris à partir de la terrasse du jardin.

J’aimerais suivre la piste Paris-Londres, un itinéraire vélo, mais le balisage est approximatif et je roule au radar sur des sentiers parfois minuscules. Je finis par trouver mon chemin vers la sortie et je retrouve pour un temps des chemins déjà fréquentés lors de voyages précédents.

C’est beau et chaud, au-dessus de 30°, et tout est bien sec puisqu’il n’a pas plu depuis longtemps. Après avoir quitté les rives de l’Oise, je sors de ma carte à grande échelle et je roule avec celle qui couvre la France entière. Le choix de route s’en trouve grandement diminué, mais je me fie avec succès à mon radar.

Les jolis villages se succèdent, et je me retrouve enfin sur le territoire de la carte neuve qui m’amènera demain vers Arras. Il est grand temps de trouver un endroit pour dormir. En sortant de Saint-Just-en-Chaussée, un chemin agricole part vers la gauche et passe sous le chemin de fer.

Je plante ma tente sous une voûte verte dans un embranchement où la machinerie ne passe pas. Le train n’est pas loin, mais autrement le calme semble garanti. Je m’installe, et bientôt il fait nuit noire. Dodo !

Statistiques
km jour : 124,4
km total : 172
départ / arrivée : 9 : 00 > 21 : 00
temps déplacement : 8 : 26
vitesse moyenne : 14,7
vitesse maximale : 54,8

Pause


Vie de banlieue

2018-07-05, jeudi ; Chatou (Montesson)
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Une vraie bonne nuit, ça fait du bien. Il semble que le décalage horaire ne soit pas un problème majeur pour moi.

Philippe et Marie travaillent aujourd’hui. Je me lève tôt pour les accompagner lors du petit déjeuner, puis je me recouche pour mettre à jour le sommeil. En avant-midi, c’est l’opération courriel, alors que les jeunes sont pratiquement invisibles. Au retour de Marie, tout le monde réapparaît puisque c’est l’heure de manger.

En après-midi, Marie a une brève sortie à faire pour son travail, qui se prolonge. Il est plus de 17 h quand nos partons à trois pour les grands magasins de Montesson. J’y achète une cartouche de gaz et des cartes, alors que Marie et Corentin ont leurs propres achats au programme.

Ce soir, Philippe reste au travail – un dîner lors duquel il représente son entreprise – alors je profite de la compagnie de Marie et des enfants. J’envoie un premier courriel sommaire, et au retour de Philippe nous terminons la soirée ensemble. Demain, vélo : j’ai hâte de pédaler, mais pas de quitter mes amis…

Arriver


En route, déjà. dépaysement

2018-07-04, mercredi ; > Chatou – 50 km
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La brève nuit est sans histoire et très calme. À cause du retard au décollage, nous atterrissons à 10 h 50, 40 minutes plus tard que prévu.

En attendant pour la douane française, Simon, un collègue enseignant, est là avec sa copine – nous étions à bord du même avion. Ils amorcent un tour d’Europe sac au dos.

Je récupère facilement bagages et vélo, tout est en ordre et bientôt prêt pour la route. Il est près de midi quand je fais mes premiers tours de roue sous un ciel mi soleil, mi nuages qui laisse échapper trois ou quatre gouttes à peine perceptibles avant de se dégager.

Je vérifie d’abord si je peux trouver une carte de la région. Peine perdue. Je suis donc un peu perdu moi aussi quand il s’agit de quitter l’aéroport. Après quelques détours, je me retrouve comme espéré à Roissy-en-France et à l’info touriste.

Ils offrent trois services appréciés : une carte vélo de la région, une pompe à pied pour doubler la pression de mes pneus – dégonflés pour le voyage en avion – et un accueil très sympathique.

Arrêt suivant : un immense centre d’achats auquel j’accède par le stationnement souterrain des voitures. Premier arrêt chez Décathlon pour une cartouche de gaz pour le réchaud. Échec : ils sont en rupture de stock. Deuxième arrêt chez Orange. Succès : j’ai un numéro de téléphone français pour deux mois.

Je retrouve avec ravissement les routes françaises, surtout qu’une bonne partie de mon itinéraire est doublé de voies cyclables. Je suis fidèlement les indications imprimées à partir d’Internet et traverse plusieurs banlieues, dont la célèbre Saint-Denis. Là, je manque une intersection – le trafic est dense.

C’est un peu galère pour retrouver ma route, mais je finis par franchir la Seine, non sans avoir échangé quelques mots avec un couple de cyclotouristes néo-zélandais partis de Londres vers l’Autriche.

Je suis maintenant de retour sur l’itinéraire prévu et je lui reste fidèle jusqu’à l’arrivée chez mes amis, sur le coup de 17 h.

Marie est là avec Nicolas – 14 ans et bien plus grand qu’avant – et Corentin, qui célèbre aujourd’hui ses 12 ans. C’est la cinquième fois que je suis présent pour son anniversaire. Philippe, puis Marianne, 16 ans, arrivent un peu plus tard, qui du travail, qui d’une rencontre de copains.

Ici, je dispose de la chambre d’amis et je profite d’une bonne douche avant un excellent repas de fête. En soirée, discussions et bricolage, comme toujours très agréables. Je me couche vers minuit, il est grand temps car je tombe de fatigue.

Statistiques
km jour : 48,5
km total : 48
départ / arrivée : 12 : 00 > 17 : 0
temps déplacement : 3 : 21
vitesse moyenne : 14,4
vitesse maximale : 33,2

Partir


Vol de nuit

2018-07-03, mardi ; >>> Paris – 5500 km
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Cette année, il me semble avoir moins couru que d’habitude. J’ai quand même travaillé, mais j’imagine que l’expérience est utile. Encore cette fois, je n’ai pas pu voir Hélène par manque de temps.

Hier lundi, j’ai passé une bonne partie de la journée au chalet avec François et Linda, cet après-midi, Gaétan est venu me mener à l’aéroport, où nous sommes arrivés avant l’ouverture des guichets – tout a pris place dans sa voiture, en particulier le vélo dans son sac. Aucun problème non plus pour les formalités. Comme la dernière fois, le vélo et les bagages enregistrés pèsent seulement 40 kg, soit 43 kg au total, bien mieux que les 55 kg des voyages précédents.

En mangeant mon lunch, je reçois un texto : Jean-Pierre et Diane sont en route pour l’aéroport, mais la circulation est dense et leur avion pour l’Islande – destination Norvège – est prévu avant le mien. Je repère le comptoir de leur compagnie aérienne et les accueille sur place. Leur départ ressemble à une course à obstacles, ils doivent gérer un poids excédentaire de bagages, mais tout se passe bien. Nous franchissons ensemble les contrôles, et nous souhaitons mutuellement bon voyage.

Au comptoir de leur compagnie, je rencontre trois de mes élèves et leurs parents, en route vers la Pologne en passant par l’Islande. On se reverra avec plaisir à l’automne.

En attendant mon avion, j’appelle Roger, Lucie et Monique, puis je m’installe pour de longues heures. Nous décollons en retard : un autre avion avait pris la place, une passagère avait été refusée et son bagage débarqué.

Prévu à 20 h 35, le départ de la porte a finalement lieu à 21 h 25 et le décollage 15 minutes plus tard. Comme la vidéo décrivant les mesures de sécurité ne fonctionne pas, c’est le personnel de bord qui nous les présente en une petite chorégraphie souriante. Étonnamment, l’avion est loin d’être plein, ce qui donne un espace apprécié.

Au début du trajet, je regarde un – bon – film situé dans une Amérique profonde où la vie est rude et le sourire rare, puis je me repose, comme il se doit.

Europe à vélo – été 2018

Les balcons de la Durance

L’Europe est un fabuleux pays de vélo. Paysages variés et magnifiques, histoire, culture, bouffe, nombreux aménagements cyclistes, il y a de quoi être séduit. Mais c’est autre chose qui m’y attire régulièrement : mes chers amis.

Oui, j’y a pas mal pédalé – près de 2500 km -, mais j’ai d’abord voulu multiplier les rencontres. En gros, j’ai dormi deux nuits sur trois chez des amis ; parmi celles passées sous la tente, deux sur cinq l’ont été en camping sauvage.

Ce voyage a donc un côté un peu aventureux, mais c’est d’abord le côté humain qui en fait la richesse.

Partir
2018-07-03 >>> Paris – 5500 km

Arriver
2018-07-04 > Chatou – 50 km

Pause
2018-07-05 Chatou (Montesson)

La tortue des vallées
2018-07-05 > Saint-Just-en-Chaussée – 125 km

Les chemins creux
2018-07-07 > Arras – 110 km

Pique-nique sur ponton
2018-07-08 Arras – 20 km

Les chemins de poussière
2018-07-09 > St-Valery (Baie de Somme) – 125 km

De mer en falaises
2018-07-10 > Pourville-sur-Mer (Dieppe) – 85 km

Un manoir du 15e siècle
2018-07-11 > Beuzeville-la-Guérard – 60 km

À la plage
2018-07-12 Beuzeville (Les Petites Dalles)

En passant, marcher Paris
2018-07-13 >> Paris >> Dijon

Enfants de la patrie (Magny)
2018-07-14 Magny-sur-Tille (Dijon)

Revoir ma Normandie
2018-07-15 >> Paris >> Yvetot

Christian, le Havre
2018-07-16 > Le Havre – 85 km

Normandie : côte(s) à Caen
2018-07-17 > Tilly-la-Campagne (Caen) – 120 km

La Suisse Normande
2018-07-18 > Domfront en Poiraie – 110 km

La Vélo Scène
2018-07-19 > Beauvoir (Mt-Saint-Michel) – 80 km

Rencontres en route
2018-07-20 > Rennes – 85 km

Atterrir un peu plus loin que prévu
2018-07-21 >> Tours > Coussay-les-Bois – 30 km

Inès et Arthur au Futuroscope
2018-07-22 Coussay-les-Bois (Futuroscope)

Angles-sur-Anglin
2018-07-23 Coussay-les-Bois (Angles-sur-Anglin)

Seul
2018-07-24 > Ménigoute – 95 km

Rencontres sur la Vélo Francette
2018-07-25 > Damvix – 100 km

Plaines et falaises de La Rochelle
2018-07-26 > Champagné-les-Marais – 115 km

Le Puy du Fou
2018-07-27 > Saint-Martin-Lars – 45 km

En famille
2018-07-28 La Guillemandière

En famille (bis)
2018-07-29 La Guillemandière

Trains
2018-07-30 >> Albigny-sur-Saone (Lyon) – 20 km

Entre traboules et piscine
2018-07-31 Albigny-sur-Saone (Lyon)

Le Rhône et les « petits » cols
2018-08-01 > La Motte-Servolex – 145 km

Étrange jardinier et cabrioles
2018-08-02 La Motte-Servolex (Lac du Bourget)

ViaRhôna
2018-08-03 > La Joux (Genève) – 105 km

Marathon
2018-08-04 > Mayens de Sion (Sion) – 175 km

Messe, bisse et petites fleurs
2018-08-05 Mayens de Sion (Sion), Tyon

Les hauts et les bas
2018-08-06 > Martigny – 40 km

Le Grand-Saint-Bernard
2018-08-07 > Aoste – 100 km

Le Val d’Aoste
2018-08-08 > Ivrea – 70 km

Torino : entrer et sortir
2018-08-09 > Caselette (Torino) – 100 km

Val de Susa et Montgenèvre
2018-08-10 > Saint Chaffrey (Briançon) – 105 km

Autour du col du Granon
2018-08-11 Saint Chaffrey (Col de Granon)

Le fort et le torrent
2018-08-12 > Réotier – 45 km

La métamorphose du train
2018-08-13 > >> Beaumont-sur-Perthuis – 45 km

Vie communautaire
2018-08-14 La Pourraque (Beaumont-sur-Perthuis)

Les vœux de Claire
2018-08-15 La Pourraque (Manosque)

Tours de roues en Provence
2018-08-16 > La Pourraque (Montfuron) – 40 km

Les gorges en famille
2018-08-17 La Pourraque (Monpezat)

De Marseille à Montréal
2018-08-18 >>> Montréal – 6000 km

Retour à la maison

La maison, c’est par où ?

2017-08-07 > Montréal – 115 km
Sommaire

Lundi. Levé tôt, comme d’habitude en camping, je pars tôt, même si je prends mon temps : c’est déjà la dernière journée de voyage pour cet été.

Ce matin, c’est frais et confortable, mais surtout couvert. Pour les dix premiers kilomètres, je roule sur de routes de campagne aussi désertes que le camping lors de mon départ. Grâce à ma carte assez détaillée, je rejoins facilement la Montérégiade, un segment de la Route Verte qui relie toutes les régions du Québec.

Établie sur l’emprise d’une ancienne voie de chemin de fer, la piste est facile et jolie, malgré qu’elle soit en poussière de roche. C’est simplement moins rapide. J’apprécie particulièrement de circuler entre cultures et nature, parfois dans de véritables tunnels d’arbres. En arrivant à Saint-Jean-d’Iberville, je redécouvre l’environnement urbain, mais pour peu de temps. Le trajet vers Chambly est magnifique : c’est toujours de la poussière de roche, mais le long du canal de Chambly, loin de voitures.

Il y a plusieurs marcheurs, coureurs et cyclistes : en particulier, j’y rencontre Jorg, d’Edmonton, Alberta, qui traverse le Canada à vélo et parle bien français. Arrivé hier au Québec, il ne connaît pas les itinéraires possibles. Nous en discutons, je lui donne une carte du secteur vers lequel il se dirige et nous prenons une photo à deux. Belle rencontre.

Je mange à Chambly, où je rencontre Olivier et Mara, deux jeunes cyclistes de retour de Burlington, Vermont.

Suivant toujours la Route Verte, je traverse Carignan et entre dans Longueuil. Comme la piste va trop vers l’est, je la quitte pour me diriger approximativement vers le pont Victoria. Je retrouve des pistes cyclables, passant par hasard devant la maison de mes amis Jean-Luc et Dominique, absents.

Une succession de passerelles donne accès à la digue de la voie maritime, chemin obligé pour rejoindre l’estacade du Pont Champlain. Mais la grille est cadenassée : le pont-levis est remonté afin de permettre le passage d’un gros navire vers l’écluse. Si les voitures disposent d’une alternative, les cyclistes n’ont qu’à attendre, une bonne demi-heure cette fois-ci. Je sors mon ordinateur pour travailler un peu sur le journal.

Ayant repris ma route après le passage du bateau, je m’arrête à nouveau pour réparer une crevaison, pas pour moi mais pour un homme ayant encore plusieurs kilomètres à parcourir. Il en est très reconnaissant.

Le chantier du nouveau pont Champlain avance. C’est assez spectaculaire. Comme les constructeurs utilisent l’estacade, une passerelle pour vélos a été construite pour permettre notre passage. Bon point. Et c’est une traversée spectaculaire, offrant de belles vues sur la ville.

L’entrée sur l’île de Montréal est également conditionnée par le chantier : la piste temporaire circule entre machines, constructions et entreposages.

À partir de Verdun, je progresse tranquillement sur les berges du Saint-Laurent. Les vélos et marcheurs sont nombreux, les vues sont belles, c’est agréable même si le ciel se couvre à nouveau.

En arrivant à Dorval, deux jeunes cyclistes ont visiblement un problème mécanique. Pour cause : le dérailleur du vélo de Frédéric est tout tordu. Je sors ma trousse de mécanique et replace les choses temporairement pour leur permettre de rentrer à la maison. Lui et Élodie, qui l’accompagne, sont bien contents.

La ville de Dorval est envahie de cônes orange. Je réussis à me sortir de ce labyrinthe et retrouve le chemin que j’emprunte régulièrement pour revenir du travail. Des automobilistes impatients ne comprennent pas pourquoi je roule sur la route – utilisant klaxon et engueulade comme arguments – alors que j’avais expérimenté un partage harmonieux de la route pendant tout le voyage. Il reste du travail à faire.

Je suis chez moi peu avant 19 h. Tout est en ordre, si on peut dire, car ma maison est un chantier. Ce sera pour un autre jour. Après près de 1800 kilomètres, mission accomplie. Quel beau voyage ! Le repos sera apprécié, mais je repartirai, pour les rencontres, pour rester vivant et heureux.

Statistiques
km jour : 115,5
km total : 1788
départ / arrivée : 7: 45 > 19 : 00
temps déplacement : 7 : 01
vitesse moyenne : 16,4
vitesse maximale : 27,9


Du gravier avec ça ?

Abbaye Saint-Benoît-du-Lac

2017-08-06 > Sainte-Sabine – 95 km
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Dimanche. C’est quand même bien de dormir à l’intérieur quand il pleut. Et il a sûrement plu cette nuit, puisque c’est tout mouillé dehors. D’ailleurs, il tombe encore quelques gouttes d’un ciel bien gris pendant le déjeuner, mais ce sont les dernières.

Je pars à 9 h 15, remerciant Jacques pour son accueil toujours chaleureux. Dehors, c’est froid et venteux, mais il est prévu que le temps s’améliorera en cours de journée.

Ce matin, j’ai choisi de me rendre au monastère Saint-Benoît-du-Lac, réputé pour son site, son architecture, sa liturgie grégorienne et ses fromages, toutes choses que j’apprécie.

Tout de suite après le lac Orford, je croise un chemin que je ne connais pas, mais qui selon la carte semble intéressant. Je m’y risque. Excellent choix.

Cette route serpente en forêt en suivant les collines. Rien de très abrupt, de jolis paysages, une chaussée en très bonne condition et pratiquement aucune circulation : je passe de bons moments malgré quelques kilomètres de gravier imprévus. J’arrive à Austin sans difficultés, puis à Saint-Benoît-du-Lac 15 minutes avant la messe. Une jeune femme préposée aux visites guidées accepte que je laisse mon vélo sous sa garde. C’est donc l’âme en paix que je profite de la liturgie. J’achète également un peu de fromage : c’est lourd, mais trop bon, et il ne me reste plus beaucoup de chemin à parcourir avant la fin du périple. Je mange près de l’abbaye avant de reprendre la route. Temps de pause : deux heures bien comptées.

Le village d’Austin a installé une maquette intéressante : le système solaire à l’échelle 1 : 3,000,000,000. Le Soleil mesure 46 cm, la Terre 4 mm, et Neptune est à près de 2 km du Soleil. J’imagine que la plus rapprochée des étoiles serait dans l’hémisphère sud, ou même pas loin de la lune. L’univers est immense, et nous, humains, pouvons difficilement être prétentieux.

Le soleil perce de plus en plus, mais le vent reste fort et souvent de face. Ce n’est pas très grave au début de l’après-midi, car il y a pas mal de côtes. La montée, puis la descente vers Bolton-Est, puis le trajet vers South-Bolton se font bien, car c’est bien joli. J’entame ensuite la traversée de la passe de Bolton, toujours aussi belle. Après le stationnement des Sentiers de l’Estrie – que de souvenirs ! –, la route serpente entre les massifs des monts Écho et Glen. Quelques crans rocheux ajoutent leurs accents à un paysage fort.

Un cycliste me rattrape, puis roule un temps avec moi. Nous avons bien des intérêts communs en termes de destinations : il connaît Anticosti, la Côte-Nord, il arrive de l’Islande et se prépare à pédaler au Japon. Il repart quand sa conjointe nous rejoint.

Je retrouve Marc et Christine pour une pause à Lac-Brome, dont le cœur est envahi de touristes. Marc me présente une carte vélo de la région à laquelle il a contribué. Encore une belle rencontre.

Le relief diminue, mais pas le vent de face. J’avance lentement. À partir de l’intersection vers Sutton, la circulation est dense pour quelques kilomètres. À Cowansville, je complète mon garde-manger. C’est une journée presque sans villes : deux villages, plus Lac-Brome et Cowansville, c’est tout. Je retrouve les chemins de campagne.

Je quitte la route 104 pour prendre des rangs de gravier. C’est joli et calme, il n’y a pratiquement plus de voitures.

Au camping, immense au milieu des champs, c’est calme. C’est presque la fin du trajet : je termine mon réservoir principal de carburant – j’ai un petit réservoir de sécurité, quand même – et je mange mes derniers légumes déshydratés. Après la douche et un peu d’écriture, dodo !

Statistiques
km jour : 94,9
km total : 1672
départ / arrivée : 9 : 15 > 19 : 00
temps déplacement : 5 : 46
vitesse moyenne : 16,3
vitesse maximale : 52,4
camping : 34 $

À l’abri du déluge

Lac Memphrémagog

2017-08-05 > Eastman – 45 km
Sommaire

Samedi. Un petit regard sur la météo a été éloquent : je me lève tôt pour partir tôt, car un gros système de pluie est attendu en mi-journée. Après avoir salué et remercié mes amis, je prends la route sous un ciel bien gris.

Je longe la rivière Magog, parfois sur piste, parfois sur route. Des gens créatifs ont aménagé sous le viaduc de l’autoroute 410 une passerelle pour vélos. C’est génial et très efficace. En arrivant à Magog, je reçois quelques gouttes sans conséquence.

En ville, la piste passe sur les berges du lac Memphrémagog : c’est superbe, alors j’en profite pleinement… et lentement.

Je vais ensuite le plus directement possible vers le lac Orford, car le ciel est de plus en plus gris. Ça reste très beau car la route 112, calme ici, passe au pied du mont Orford.

À la halte du lac Orford, un jeune cycliste souhaite ne pas rencontrer de pluie sur son trajet vers Montréal. Je lui soumets qu’il peut se compter chanceux de ne pas être en sucre. Et quelques instants plus tard, la pluie commence. Pour moi, pas de problème, je suis à 5 minutes de ma destination ; lui a dû recevoir toute une douche, car c’est un solide déluge qui déferle pendant quelques heures.

C’est avec mon oncle Jacques que je passe le reste de la journée. Grâce aux parapluies, nous réussissons à nous rendre à la voiture, puis à entrer au restaurant où nous dînons. Dans l’après-midi, nous discutons abondamment. Jacques est curieux et bricoleur, c’est très intéressant. Plus tard, quand le soleil émerge entre de plus petites averses, nous marchons dans les sentiers en forêt.

Après le souper, nous poursuivons nos conversations, toujours animées, assez tard en soirée. Comme la pluie se poursuit de temps en temps, je profite pleinement de la solidité et du confort de la maison, en plus de l’hospitalité de mon oncle.

Statistiques
km jour : 45,6
km total : 1578
départ / arrivée : 8: 00 > 12 : 00
temps déplacement : 2 : 56 
vitesse moyenne : 15,4
vitesse maximale : 45,0

Vallons

Milan

2017-08-04 > Sherbrooke – 110 km
Sommaire

Vendredi. Levé plus tard que d’habitude, je prends le temps de bien organiser mon matériel en tenant compte des possibles averses prévues. Je suis en route avant 9 h.

Après un départ confortable sous un ciel bleu, comme d’habitude, la journée annonce qu’elle sera brûlante malgré un petit vent qui forcit en après-midi. La route est très belle, pratiquement sans circulation, mais elle monte et descend constamment, tracée en ligne droite au travers de collines.

Il y a quelques villages en route, parfois traversés, parfois contournés. Je mange à Scotstown, dans un parc près de la rivière.

À East Angus, je me rends à l’information touristique pour vérifier le trajet vélo vers Sherbrooke. Rien n’existe. Faudra faire avec. En sortant de la ville, je passe le cap des 1500 km.

Je me retrouve sur la route 112. C’est désagréable car le flot de circulation est pratiquement ininterrompu. Dès Ascot Corner, le village suivant, je prends le chemin Spring, un rang raboteux tout en côtes, mais calme et joli. J’arrive près de l’université Bishop’s et je profite d’une belle piste cyclable en forêt le long de la rivière Saint-François pour entrer en ville.

Je quitte la piste cyclable quand je croise la rue Galt qui me guide chez mes amis. Je ne traîne pas en chemin, car de gros nuages font craindre une averse de fin de journée. Finalement, j’arrive bien sec chez Gérard et Georgette. Je suis très bien reçu : c’est toujours un plaisir de se retrouver. Après la bienfaisante douche, les conversations ne manquent pas, le repas et la compagnie sont excellents et nous profitons de chaque instant d’une belle soirée, sans se coucher trop tard.

Statistiques
km jour : 108,9 
km total : 1532
départ / arrivée : 8: 45 > 17 : 30
temps déplacement : 6 : 36
vitesse moyenne : 16,5
vitesse maximale : 62,6