
Kalimazoo > Port Menier, traversier – 70 km
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Mercredi. Dur de se lever, de se mettre en train. Il y a un peu de sable dans les rouages des corps, des cœurs et des vélos. Un peu d’huile appropriée est répandue sur les divers problèmes, et nous quittons le merveilleux Kalimazoo vers 11 h avec un pincement au cœur. Les côtes qui mènent à la route principale sont « quasi maso », et nous entreprenons notre dernière journée sur l’île enchanteresse.
Nous désirons revoir nos amis de Port-Menier, et c’est pourquoi nous décidons de prendre le premier camion pour le village. De toute façon, le soleil brûlant, les souvenirs des côtes vues en camion la semaine dernière et surtout un magnifique et puissant… vent de face, nous stimulent à ne pas trop pédaler. La décision de prendre le camion étant prise, il ne restait plus qu’à pédaler jusqu’à ce que… Côte après côte, avec vent et soleil, nous pédalons sans qu’arrive le fameux camion. Selon la carte, nous devons monter un peu, puis redescendre jusqu’au village.
Après un dîner, trois heures et demi et six million de côtes à monter, enfin un dix roues passe. Ce n’est pas pour nous. Finalement, il était temps quand est arrivé le fameux camion pour augmenter notre moyenne de dix à cent km/h. Il était conduit par un gentil monsieur, né sur l’île et travaillant pour la SEPAQ (comme la moitié des gens), peu jasant mais souriant et très doux, pas trop surpris par ces quatre excentriques.
Nous entrons au village avec une certaine nostalgie, déjà. Voici l’asphalte, la mer, le quai… et l’Écomusée où nous retrouvons avec grande joie notre ami Valère qui nous attendait. Notre visite est longue, car nous sommes plutôt lents. Le musée n’est pas grand, mais est très intéressant, on ose prendre le temps d’examiner les objets de la vie quotidienne, les fossiles, l’herbier, les photos, de regarder un vidéo sur Anticosti et le rêve de Menier, et bien sûr de rire avec Valère, Carole (voir mardi 3) et Steve, en racontant aventures et mésaventures. Valère nous offre de prendre une douche, il y en a quatre à l’Écomusée (centre communautaire). Ça fait un bien énorme, mais comme nous sommes sur Anticosti, l’eau reste froide. Brrr ! Mais finalement on s’habitue. .
Après la visite « achats de souvenirs » au dépanneur, nous nous rendons chez Valère pour le souper (le plus étrange du voyage au point de vue gastronomique), nous voyons un renard, nous nourrissons un chevreuil dans nos mains, faisons une vaisselle dans une vraie maison (celle de son père qui passe l’été sur Jupiter). Quelle étrange sensation…
C’est Éric (voir mardi 3) qui nous voit débarquer sans prévenir tous les cinq dans sa roulotte pour jaser de tout et de rien, mais surtout de la vie de l’île, de ses coutumes, gens et lois bien particuliers. Trois chatons, nés le jour même, ont droit à quelques caresses avant que nous nous dirigions vers le quai avec Valère et Éric. Rires et émotions, goût de rester, comme si le rêve voulait continuer. Les préparatifs permettent une pesée des vélos chargés1 : Jean-Pierre, 65 livres ; Jacinthe et Roger, 70 livres chacun ; Réal, 75 livres, sans toute la nourriture… Ouf ! Heureusement, Éric nous aide à les embarquer, il est fort et gentil. Nous restons sur le quai jusqu’à la dernière minute, avec nos deux amis, la pleine lune et le vent. Instants précieux. Sur le bateau qui tangue de plus en plus sur une mer agitée, nous jasons longuement, avant de nous écrouler sur des lits improvisés. Le bateau et nos cœurs ont des mouvements étranges, mais la fatigue fait son œuvre. Adieu, Anticosti. Ou plutôt, au revoir !
Réal
- Jean-Pierre, 30 kg ; Jacinthe et Roger, 32 kg chacun ; Réal, 34 kg ↩︎




















































