
> Lac Morin, 100 km
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Jeudi. Départ selon le même horaire qu’hier, avec une variante : quelques gouttes de pluie pendant que je range l’intérieur de la tente. Aujourd’hui s’annonce très semblable à hier, à l’exception des quelques gouttes sans conséquences au matin. Donc, grand vent de face, c’est comme monter une côte de 100 kilomètres. Intense.
En route, je dois faire quelques petits ajustements au vélo : resserrer le porte-bagages avant, ajuster la tension d’un câble de dérailleur et retirer un caillou qui bloque une pédale.
Le cycliste du jour semble être un malheureux. Ce jeune homme, qui ne se lave sûrement pas souvent, a un vieux sac de couchage enroulé autour de la barre horizontale du vélo, monte les côtes à pied et a passé la nuit dans les toilettes des femmes. Souhaitons-lui de reprendre pied…
En approchant d’une zone de travaux, un camion est arrêté : un de ses pneus est complètement déchiqueté, le conducteur attend du secours, peut-être de Montréal. Je contourne le camion, mais un véhicule arrive et je tente de revenir sur l’accotement en évitant un cône orange. Je n’évite pas le pare-chocs du camion. Chute sans gravité, je brise un porte-bouteilles. Zut !

Il faut quand même passer la zone de travaux. Le trajet des voitures est mouillé pour éviter la poussière, je passe surtout de l’autre côté des cônes. Plus loin, une équipe pose l’asphalte, c’est une circulation alternée derrière un véhicule d’escorte. Quand j’arrive, le signaleur bloque les autos le temps que je passe. Merci ! Le fonctionnement est le même lors d’un plus petit chantier en après-midi.
Il reste que le paysage est monotone, à l’exception du chapelet de jolis lacs, et que le vent rend chaque tour de pédale difficile même s’il fait très beau. Je dîne relativement tôt, à la Rivière des Outaouais. Bon choix, car ensuite, je ne trouve plus d’arrêt intéressant.
Autre enjeu : l’eau potable. Il n’y en a pas eu depuis Le Domaine, hier après-midi, je n’ai jamais trouvé de source, alors j’économise mes maigres ressources. Comme ce n’est pas trop chaud, environ 20°, ça va.
J’arrive à un dernier poste d’accueil, à la fin du parc. Les préposés me remplissent une bouteille et me suggèrent de camper au Lac Morin. Le site est désaffecté, gratuit, et offre une splendide plage, mais est envahi de déchets. Même s’il est tôt, ce sera ici ce soir.

Quand j’y arrive, un couple danse et s’embrasse près du lac. Je les laisse à leurs amours et je m’installe. Après leur départ, je plonge dans le lac avec mes vêtements de vélo, question de laver tout ça. Au pied de ma corde à linge, de délicieux bleuets. Miam ! Popote, journal, tout est expédié rapidement. À 19 h 45, tout est fait, j’ai le temps de charger les photos et de faire quelques corrections au journal. Longue nuit fraîche et sèche en perspective.
Km jour : 100,7
Km total : 481
Temps : 7:47
Maximum : 42
Moyenne : 12,9
Heures : 6 h 45 / 16 h 20









