
> Chibougamau, 115 km
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Lundi. Comme toujours, je me lève tôt. La nuit a été la plus froide depuis le départ, il fait 8° dans la tente, encore moins dehors, et c’est très humide, même dans la tente. Je m’habille chaudement, mais mes mains sont ankylosées par le froid. Le brouillard est dense, c’est de toute beauté avec le jour qui se lève.
Je déjeune en compagnie de deux prospecteurs. Jeunes géologues venus de France et adorant vivre au Québec, Lukas et Siméon partent chaque jour en forêt pour récolter des échantillons permettant d’évaluer l’intérêt de mines potentielles. Comme c’est de l’or qu’ils cherchent, il suffit d’en trouver 25 g par tonne de minerai, mais leur sac de matériel pèse 20 kg, à trimballer hors sentier.

Je prends la route à l’heure habituelle. Au départ, je suis toujours chaudement habillé, pour une couple d’heures, et j’ai un feu rouge à l’arrière, même si les véhicules sont rarissimes.
Le temps est beau et se réchauffe toute la journée, le vent est faible mais favorable, et la route… est égale à elle-même, soit un exercice de patience. Même si c’est un paysage sans vrai relief, il y a pratiquement toujours des montées et des descentes, alors je passe mon temps à jouer du dérailleur.
Jusqu’à Chapais, peu à signaler, sauf la traversée de quelques rivières et un relief qui s’intensifie vers la fin. J’arrive à Chapais, première et seule agglomération du jour, peu après midi.

À l’entrée, un petit parc, une table abritée du gros soleil, c’est parfait. Une minute plus tard, un homme se joint à moi. Laurier m’avait vu arriver avec mon vélo chargé, et il en est lui même grand amateur. Dans quelques jours, il participera au Grand Tour, organisé par Vélo Québec. Il quitte, car sa conjointe pourrait s’inquiéter de son retard. Belle rencontre.
Un couple descend d’un motorisé avec deux chiens. Michel et Nathalie sont bien intrigués par mon voyage. Plus loin, après un arrêt à l’épicerie, un autre couple recharge sa voiture électrique à la borne rapide. Gustave et Élise reviennent d’un long périple et seront ce soir chez eux, à St-Félicien. Encore du bien bon monde.
Il faut repartir. Selon les conseils de Laurier et en fonction d’une météo pluvieuse pour plusieurs jours, je décide ne ne pas faire le détour vers Chibougamau, mais de bifurquer directement vers le Lac St-Jean. En attendant, il y a un bruit de frottement sur la roue arrière. J’arrête pour vérifier ce qui se passe. Contrairement à mes attentes, ce n’est pas l’ajustement du premier jour qui se serait déréglé, mais un boulon du garde-boue qui est desserré. Le problème est vite réglé. Et qui s’arrête ? Laurier, qui revient d’une petite balade de 50 km à vélo. Quel homme sympathique !

Cet après-midi, ça chauffe, et la circulation est bien plus dense, mais il reste pas mal de kilomètres et de côtes. À l’intersection des routes 113 et 167, un dépanneur/station service/motel. Comme j’en aurai pour deux ou trois jours sous la pluie pour rejoindre St-Félicien, et que je sens la fatigue après ces dures étapes, c’est ici que je passerai la nuit. Je pourrai en prime sécher – temporairement – ma tente trempée.

La chambre est encore bien moins chic que celle de Lebel-sur-Quévillon, mais ce ne sera que pour une nuit. Donc, douche, petit lavage, séchage de matériel, repas, journal, le temps passe vite. Je réussis à mettre en ligne les deux dernières journées alors que des sombres nuages, du tonnerre puis de la pluie préfigurent le programme des prochains jours. Il est 21 h 30. Dodo.
Km jour : 113,5
Km total : 886
Temps : 6 : 52
Maximum : 50
Moyenne : 16,5
Heures : 6 h 45 / 16 h 20







































































































































