
> Lebel-sur-Quévillon, 155 km
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Vendredi. Nuit fraîche, 10° dans la tente au matin. Contrairement à l’habitude, je n’ai pas très bien dormi : des courbatures m’ont empêché de trouver de position confortable. De plus, une voiture s’est arrêtée pendant quelques minutes à proximité. Je me lève donc un peu moins allègre. En revanche, le paysage de lumière et de brume est extraordinaire. Photos !
Je suis en route vers 6 h 45, comme d’habitude. Si c’est frais ce matin, le grand beau temps est là, et je n’ai plus à lutter contre le dur vent de face des derniers jours. Je quitte le Parc La Vérendrye, mais je poursuis sur la route 117 pour encore plusieurs kilomètres.

J’arrive enfin à l’intersection de la route 113 qui me guidera pour les prochains jours. Dès le départ, elle est plus agréable : beaucoup moins de circulation, doucement vallonnée, assez roulante avec un vent de dos ou de travers. Au début, il n’y a pas d’accotement, ce qui demande plus de vigilance.
À partir du Lac Tiblemont, le terrain est plutôt plat et l’accotement, souvent excellent, parfois problématique, est de retour pour le reste de la journée. En mi-journée, j’arrive à Senneterre alors que la météo reste magnifique.

C’est le moment de faire quelques mises à jour. J’achète et j’installe un nouveau porte-gourde – comme il est de qualité moyenne, il me faut bricoler un renforcement avec une sangle qui était incluse. Je passe aussi à l’épicerie et à l’info touristique, je dîne dans un parc près de la rivière Bell.
Je consulte la météo. Ouch ! Déluge prévu demain, pour toute la journée. Il est 14 h, je suis à 88 kilomètres de Lebel-sur-Quévillon. Le soleil se couche à 21 h, c’est difficile mais jouable. Il faudra forcer sur les pédales. Je pars.

Le vent est bon, ça avance très bien, ma moyenne demeure bonne. Bon, la route demeure un peu monotone mais quand même agréable avec quelques plans d’eau qui enjolivent le trajet. En s’éloignant un peu de Senneterre, il n’y a plus aucun bâtiment.
Soudain, sans aucune raison apparente, je commence à saigner du nez. Et ça coule ! Ça prend plusieurs minutes pour ralentir le flot suffisamment pour que le papier de toilette réussisse à limiter les dégâts. Je repars avec une narine bouchée et sanguinolente, mais il faut rouler. Après une heure, c’est enfin correct. Ouache !

Entre-temps, le ciel s’est couvert et la lumière est plus grise. Tiens ! Une halte routière près d’un lac. La pause est vraiment bienvenue. Je m’installe à une table, le motocycliste de la table voisine vient piquer une bonne jasette. Daniel est d’ici, il a à peu près mon âge mais pas la même forme – la cigarette n’aide pas. Il revient de visiter son père âgé à Senneterre. Nous passons une agréable demi-heure ensemble.
Il reste environ 40 kilomètres, c’est beaucoup, surtout que le relief devient plus intense. Il est temps d’arriver. Le premier motel, au bord du lac Quévillon, sera le bon. L’équipe d’accueil est constituée de quelques adolescents qui connaissent évidemment mon collègue Gaël, qui travaille à leur école. Je découvre ma chambre, moins chère et bien moins chic que celle de Mont-Laurier. Avec pareille météo, c’est quand même bien mieux ainsi.
Après la douche et un repas tout simple, j’appelle ma sœur Monique, chez qui je devrais arriver dans quelques jours. Nous nous donnons des nouvelles, nous discutons d’actualité. Au pays, les feux et la fumée sont au cœur des préoccupations, mais ne sont pas une menace immédiate pour moi. C’est toujours un plaisir de se parler, mais peu après il est grand temps de dormir.
Km jour : 154,5
Km total : 635
Temps : 9:13
Maximum : 45
Moyenne : 16,7
Heures : 6 h 45 / 19 h 45







Lac Tiblemont





