Mont-Laurier 2

Mont-Laurier, 8 km
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Levé à 7h45, je prends mon petit déjeuner à l’hôtel et après 6 minutes de vélo je suis à la boutique. Bien sûr, nous commandons une roue neuve qui devrait arriver d’ici deux jours – espérons demain. Donc, une deuxième nuit à l’hôtel. J’y reviens alors que tombent quelques gouttes sans conséquences.

Ensuite, je commande un nouvel appareil photo qui devrait arriver à la boutique de vélo d’ici deux jours – espérons demain. Le site de commande n’est pas si coopératif, mais ça finit par fonctionner. En attendant, il me reste le téléphone pour prendre quelques photos. Comme le radar météo voit venir une bonne averse, je reste sagement à ma chambre jusqu’au dîner.

Quand la pluie se termine, je pars marcher un peu. Il y a deux petites îles habitées sur la Rivière du Lièvre, et un parc sur l’Île Bell, mais c’est un petit parc avec quelques bancs et des balançoires. En revanche, j’y croise Robert sur son quadriporteur. Retraité et hémiplégique, il habite ici depuis des décennies et aime son coin. De retour à l’hôtel, une famille de Bretagne arrive. Ils profitent bien de leur voyage au pays. De mon côté, petite pause – sieste…

En fin d’après-midi, lentement et prudemment, je me risque à une balade vélo aux alentours sous la chaleur de la fin de l’après-midi. Je retrouve la Rivière Lièvre, une maison de mon enfance et mon école primaire de l’époque, les chutes, un joli sentier en pleine ville. 

Retour à l’hôtel. Afin de cuisiner mon souper, j’ai besoin d’un contenant pouvant aller dans le four à micro-ondes. La réceptionniste m’en prête un, et nous engageons la conversation plus avant. Technicienne en éducation spécialisée, Emmanuelle a surtout travaillé dans des organismes communautaires et s’intéresse aux jeunes. Comme c’est une partie importante de ma vie, c’est très intéressant.

Après le repas, petite marche de l’autre côté de la rivière, miroir en cette fin de journée. C’est ensuite le temps de compléter en musique un journal différent de ce que j’aurais imaginé, un journal de l’attente.

La soirée se termine en revoyant la vidéo Canada vertical qui relate une aventure plein air épique à laquelle avait participé Jacob, rencontré en Gaspésie il y a quelques années : la première traversée nord-sud du Canada à force humaine (ski, canot et vélo), 7600 km sur 8 mois, de l’île d’Ellesmere jusqu’à la pointe Pelée (Ontario). Ça aide à relativiser les défis que je me lance. En attendant, une autre nuit confortable s’annonce.

Km jour : 8,2
Km total : 241
Temps : 0:46
Maximum : 20
Moyenne : 10,7

Mont-Laurier

Mont-Laurier, 20 km
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Dimanche. Excellente nuit, à peine moins fraîche que la précédente. Je m’étais couché tôt, je me réveille une bonne demi-heure plus tard alors que la journée s’annonce à nouveau superbe. 

La piste est pratiquement déserte : je croise un chevreuil, deux cyclistes et un quatre-roues égarés. C’est un tunnel vert et lumineux, avec parfois des parois de roches de chaque côté. Il faut quand même surveiller, car elle est souvent abimée. Je prends une pause petit déjeuner au village Lac-Saguay. Pas d’eau disponible, mais j’ai ce qu’il faut pour me rendre à la source de Lac-des-Écorces.

Soudain, un nième gros cahot expulse mon appareil photo de sa pochette, qui se retrouve plié en deux dans les rayons de la roue avant. Bilan : un appareil photo détruit, trois rayons cassés et un vélo inutilisable au milieu du bois. Je commence par récupérer les débris : la carte mémoire est là, mais la batterie a pris le bois. Heureusement, je suis intact, mais un peu mal pris. Bon. Que faire ?

La réponse arrive sur deux roues. Infirmière cadre dans un hôpital régional et maman de deux jeunes enfants, Audrey-Anne habite Rivière-Rouge et profite du beau temps. Sa voiture est à Lac Saguay. Elle pédale jusque là, puis reviens me prendre alors que je marche à côté de mon vélo handicapé vers puis sur le chemin Guénette. Direction Mont-Laurier en excellente compagnie afin de dénicher une roue ou, au pire, de la faire réparer. 

Mais nous sommes dimanche : les boutiques de vélo sont fermées, il ne reste que Canadian Tire qui n’a que ses vélos, mais pas de roues ni de rayons. Il faudra attendre à lundi, 9h. Camper en centre-ville devant la boutique n’est pas une option valide, je me retrouve donc à l’hôtel en compagnie de mon vélo. Il est 11h30. Merci, Audrey-Anne : aujourd’hui, tu as été un ange, mon ange.

Il y a quand même des avantages à la situation : douche, lavage, recharge d’appareils  et connexion Internet sont vraiment utiles. Si la plupart des commerces sont fermés, il reste l’épicerie… à environ une demi-heure de marche dans chaque sens sous 28°. Je prends le risque d’y aller avec mon vélo, lentement et sans charge à l’avant : succès. J’ai maintenant ce qu’il me faut pour me rendre à Senneterre, à environ 300 km d’ici.

Ce n’était pas le plan, mais comme j’ai accès à l’électricité et à Internet je peux mettre en ligne les premières pages du journal, ce qui occupe bien mon temps avant et après le soupez pizza – pas beaucoup d’options aux alentours…

Bien sûr, j’appelle mon ami Jean-Pierre, qui fête demain son anniversaire. Avec mon frère Gaétan, toujours de bon conseil, nous discutons du remplacement de l’appareil photo.  

Avant le dodo, je prépare mes sacs pour être fin prêt demain matin. Ce sera une nouvelle aventure après une nuit confortable.

Km jour : 19,2 + 3,7
Km total : 229 + 232
Temps : 1:11 + 0:20
Maximum : 26
Moyenne : 16,2
Heures : 7h30 / 9h20

Lac-Saguay

> Lac Saguay, 110 km
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Samedi. Nuit calme et froide, 12° dans la tente ce matin : j’ai apprécié mon chaud sac de couchage. Levé peu avant 6h, je suis en route peu après 7h. Je garde un peu mon polar puisque c’est encore froid, mais il fait un temps magnifique.

Au début, je suis presque seul. La piste traverse une dernière fois la Rivière du Nord, ici torrent, puis ça monte doucement avant une descente de près de 15 kilomètres autour de Saint-Faustin. 

Nous approchons de Mont-Tremblant et du très joli et touristique lac Mercier. Ici, il y a du monde : cyclistes de tout acabit, coureurs, marcheurs, patineurs, et autres. En restant vigilant, ça va bien.

Une toute jeune femme immobile contemple un chevreuil peu timide qui se régale à proximité. Pour aujourd’hui, c’est mon troisième sur quatre.

En arrivant à Labelle, j’ouvre mon téléphone pour indiquer à mon cousin René que je m’approche, mais comme prévu il a des visiteurs – ce sera pour une autre fois. J’ai aussi un appel de ma cousine Martine, qui sera au Lac-St-Jean en même temps que moi. À suivre.

Après Labelle, ça se calme sur la piste. Il y a des sections plus agricoles et le km 100 depuis Saint-Jérôme. En fin d’avant-midi, il y a un haut pont qui surplombe la Rivière Rouge et deux groupes de cyclistes qui s’y croisent par hasard. Je me propose pour prendre une photo de famille, habituellement plus satisfaisante que le traditionnel égoportrait. La conversation commence. Jean-Charles, en particulier, aimerait bien partir pour de longs trajets sur deux roues. Bel échange.

Alors que cette troupe reprend la piste, quelques canots passent le rapide sous le pont, puis arrive René qui achève une belle boucle sur deux roues. Enseignant, il se déplace à l’année sur son vieux vélo. Un autre passionné.

À la sortie du pont, quelques tables, il est temps de manger. Je me joins à trois jeunes femmes qui adorent leur premier voyage à vélo. Amies au secondaire, colocs pendant les études, Mélissa, Raphaëlle et Maïa entrent avec un certain vertige dans la vie professionnelle, mais y apportent leurs valeurs et leurs idées du monde dans lequel elles souhaitent vivre. Une autre très belle rencontre.

Maintenant, il est temps de rouler. J’avance tranquillement sur une piste souvent détériorée. En passant à Rivière-Rouge, je ne remplis pas mes gourdes car l’eau n’y est pas potable. C’est en arrivant à Nominingue que je trouve de l’eau.

Il y a aussi un dernier chevreuil, un pont et plein de gens qui batifolent à la plage en dessous. J’arrête, un homme est là et la conversation est lancée. Reynald, retraité, a décidé de se remettre en forme après un infarctus. Il est vraiment sympathique, c’est bien agréable. Roger et Michael, deux de ses amis, arrivent, ce qui relance la conversation. Il faut quand même repartir.

Au village, une petite équipe prépare le spectacle de ce soir. Sur scène, une femme à la guitare, ses trois filles de 9 à 14 ans environ chantent avec elle. Un homme gère le son avec une tablette, un autre sera sur scène ce soir mais sa guitare a un petit problème à régler. Ça s’annonce très bien, mais la route m’appelle.

En s’éloignant de Nominingue, il n’y a plus personne. Il y a quelques sites intéressants pour camper, mais il est tôt. Peu après 17h, un site magnifique, semi-aménagé, près d’un lac sauvage. Ce soir, ce sera ici. 

Rien n’est parfait, on dirait. Les variations sur le thème du moustique abondent. Je cuisine rapidement avec polar, pantalons et moustiquaire, puis je me réfugie sous la partie moustiquaire de ma tente pour écrire à la clarté. Quelques cyclotouristes passent mais ne s’arrêtent pas.

21h15, tout est complété, la nuit n’est pas encore tombée mais la fraîcheur s’annonce. Le ciel est parfait.

Km jour : 109.8
Km total : 209 
Temps : 6:43
Maximum : 29
Moyenne : 16,3
Heures : 7h10 / 17h10

Sainte-Agathe

Rivière du Nord

> Sainte-Agathe, 100 km
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Vendredi. Grand départ pour un projet un peu fou. Chibougamau, c’est loin, mais je n’y étais jamais allé. Go pour une boucle d’environ 2000 kilomètres !

J’avais prévu partir hier, mais c’était le déluge alors que le beau temps s’installe pour à partir d’aujourd’hui. Et pour le moment les nombreux feux qui dévastent le nord du pays ne menacent pas mon itinéraire. À suivre.

Je ne pars pas très tôt. Je me lève tard, et il reste quelques préparatifs. En particulier, je vide mon frigo dans mes bagages. C’est donc pas mal lourd. Les premiers tours de roues sont un peu instables, le temps de renouer avec cette conduite différente. 100 m, et c’est réglé.

Je prends d’abord le boulevard Gouin, puis je traverse Laval jusqu’à Ste-Rose, essentiellement sur pistes cyclables. Facile. À Rosemère et Sainte-Thérèse, c’est plus compliqué, mais je rejoins finalement la première partie de la piste du Petit Train du Nord.

Ici, elle longe plus ou moins la voie ferrée toujours utilisée, souvent sous les arbres. Je dois prendre une pause technique, car le support du garde-boue commence à frotter sur la roue arrière. C’est corrigé rapidement.

À Saint-Jérôme, il faut marcher pour rejoindre le kilomètre 0, car un spectacle est en préparation pour ce soir. Je reconnais la musique de Robert Charlebois. Ça risque d’être bien bon, mais je serai ailleurs. 

J’ai déjà 54 kilomètres au compteur, et ça va très bien. Je replace la chaîne du vélo d’une jeune femme – plus facile avec des gants. À partir du Chemin des Hauteurs, la piste est en poussière de roche, ce qui est moins confortable et rapide. À Prévost, les travaux de pavage sont bien avancés, c’est tout neuf et bien agréable. À la gare, une femme fait des étirements un peu acrobatiques. Mélanie est pharmacienne en milieu hospitalier et adore son travail, mais est aussi férue de randonnée et s’intéresse aux valeurs. Belle pause.

Je retrouve la poussière de roche, mais aussi la Rivière du Nord qui magnifie le paysage. De plat en faux plat, ça monte pas mal et il y a du monde qui se déplace par toutes sortes de moyens.

Au kilomètre 36, changement radical d’ambiance : c’est Val Morin. la piste longe le Lac Raymond, haut lieu de villégiature. C’est très beau, même si j’ai parfois le soleil en plein visage, mais ce n’est pas un endroit pour y planter ma tente. 

Un peu plus loin, en arrivant à Sainte-Agathe, il y a un emplacement convenable avec un banc et à proximité de la rivière et de ses rapides. Il est grand temps. Je mange, je monte le camp et je fais deux appels. Il est 23h30, trop tard pour écrire. Dodo !

Km jour : 100,0
Km total : 100 
Temps : 6:56
Maximum : 32
Moyenne : 14,4
Heures : 11h30 / 20h20

Le Nord à vélo – été 2026

Projet un peu fou, peut-être : une boucle d’environ 2000 kilomètres dans la forêt, loin des villes mais près de la nature. À partir de Montréal, le plan est de passer par Senneterre, Chibougamau, le Lac-Saint-Jean et, un peu, la Côte-Nord avant de revenir à la maison. Comme toujours, il y aura des imprévus : dès le jour 3, je suis immobilisé. À suivre…

N.B. Retour sur la route le 14 vers 15h, avec une nouvelle roue et un nouvel appareil photo.

Sainte-Agathe
2026-07-10 – 100 km

Lac-Saguay
2026-07-11 – 110 km

Mont-Laurier
2026-07-12 – 20 km

Mont-Laurier 2
2026-07-13 – 8 km