
> 100 km, samedi.
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Avec le discret chant de la cascade, on dort toujours bien chez Lucie. Nous nous levons vers 7 h, il fait un temps magnifique, alors nous déjeunons près de la piscine avec du yogourt et une profusion de framboises et de bleuets frais cueillis. Un délice. Avant que je prenne la route, nous admirons une sélection d’images fabuleuses de l’Argentine. À 9 h, je pars, alors que Lucie prépare un voyage imminent.
Je longe la Rivière Chaudière vers Québec, tout d’abord sur la rive ouest puis, à partir de Saint-Ètienne-de-Lauzon, sur la rive est. La circulation est assez dispersée et la route variable, mais généralement correcte. Et les paysages sont bien jolis, même si le soleil disparaît derrière les nuages.

À Breakeyville, une ancienne voie ferrée est devenue une superbe piste cyclable très fréquentée au bord de la rivière. Une pause à une halte devient une occasion de rencontres, certains rêvant de voyager, d’autres appréciant une oreille pour y déposer des pans de vie.
À Lévis, après un dîner à l’ombre du soleil revenu en force, l’approche des ponts est compliquée par des travaux, mais rendue très agréable par la rencontre de deux jeunes cyclistes curieux.

Le pont de Québec est égal à lui-même, soit étroit, pénible et dangereux : la passerelle pour vélos et piétons est à peine plus large que mon vélo, il faut poser le pied à terre lors des croisements, c’est franchement désagréable.
L’arrivée sur l’autre rive n’est pas bien meilleure : un gros chantier oblique à un détour par une rue si abrupte que je dois m’arrêter pour laisser un pause à mon système cardiovasculaire. Ouf ! Le calme du Chemin Saint-Louis est apprécié… brièvement. À Cap-Rouge, une descente abrupte mène au bord du fleuve, puis je remonte tranquillement vers Saint-Augustin-de-Desmaures. C’est là que je croise les cyclotouristes du jour.

Simon, concepteur de jeux vidéos, et Jasmine, architecte, complètent un voyage Montréal-Québec avec un équipement approximatif, mais se préparent à partir sur des voyages plus importants. Il est aussi question de ne pas laisser le travail prendre la place de la vie. Belle rencontre.
Un peu plus loin, après un zone de travaux, la piste descend abruptement – je me rappelle avoir difficilement monté cette côte à 15 % – pour rejoindre un petit paradis cycliste, un peu habitation en forêt, un peu agriculture. Splendide, même si le soleil est de moins en moins présent.

En remontant, je suis rattrapé par Annie, qui vit sans voiture et rêve de partir au loin sur deux roues. Nous jasons longuement, elle se dit inspirée par mon voyage, c’est encore une très agréable rencontre.
La route se poursuit, j’achète quelques victuailles, la pluie annoncée ne vient pas. À Neuville, de nombreux kiosques de fruits et légumes offrent des délices impossibles à transporter. J’achète quand même une poignée de fèves jaunes, savoureuses.
À Donnacona, je valide un détour à travers un chantier avec un homme. À la suite d’un accident de voiture qui l’a laissé handicapé, Christian a été obligé de quitter son travail de mécanicien passionné. Il vit difficilement les limitations physiques. C’est quand même étonnant de voir tant de gens se confier à un inconnu qui passe. Une route qui traverse la Rivière Jacques-Cartier est complètement fermée aux voitures et devient une belle pause.

À 19 h, après exactement 100 km, j’arrive à Portneuf, à une halte routière presque parfaite : il y a des tables couvertes, des toilettes, de l’eau potable, mais… le camping y est interdit. Je profite des installations pour souper, puis je me mets en quête d’un site pour la nuit. Ce sera derrière une usine, discrètement.
Je monte la tente, je m’installe pour écrire. J’y suis depuis un peu plus d’une demi-heure, il est 21 h, une forte averse déferle brièvement. Mais l’eau reste à l’extérieur. J’écris la journée d’aujourd’hui, puis dodo à 22 h.
Km jour : 101,0
Km total : 1749
Temps : 6 : 40
Maximum : 50
Moyenne : 15,3
Heures : 9 h 00 / 20 h 00
























