Lundi. Cette fois-ci, c’était une vraie bonne nuit, bien reposante. Déjà, je ne sens plus le décalage horaire.
Philippe et Marie travaillent aujourd’hui. En avant-midi, je fais quelques courses. En particulier, je règle la question du téléphone. En après-midi, avec les ados et Philippe, nous préparons l’anniversaire de Corentin, qui reçoit quelques amis. Philippe et moi abattons également un arbre abîmé qui surplombe la cour du voisin.
Cinq gamins arrivent, débordants d’énergie, pour une fête animée. La soirée se termine en famille et en chansons. Demain, déjà, je prendrai la route…
km jour : 17,3 km total : 22 temps déplacement : 1 : 02 vitesse moyenne : 16,8 vitesse maximale : 39,7
Dimanche. Je m’éveille à 3 h, heure de mon corps. La nuit a été bien courte, une sieste entre Terre-Neuve – souvenirs… – et l’Irlande, ensoleillée ce matin. Je commence le journal sur batterie, puisqu’il n’y a pas de prises électriques à bord.
L’avion atterrit sans encombre vers 10 h 35, un peu plus tôt que prévu. La météo, elle, suit le programme : frais et gris, avec de petites gouttelettes. Les douanes vont bien, mon matériel arrive intact et je remonte le vélo sans problème. Pourtant, j’avais oublié de dégonfler les pneus, qui n’ont heureusement pas éclaté.
À 12 h 30, je quitte le Terminal 3 pour la gare SNCF, 300 m plus loin. J’achète les deux billets de train qui n’étaient pas disponibles depuis chez moi, puis un billet de RER. La pluie est au rendez-vous, et j’ai hâte d’arriver. En revanche, l’accès au train n’est pas simple. Il me faut aller à l’autre bout de la gare, là où il y a un ascenseur, mais le portail large pour vélos et chaises roulantes ne fonctionne pas. Je dois enlever deux sacoches pour utiliser le portail régulier, très étroit. C’est Jasmine, une jeune préposée de la SNCF, qui me guide, m’accompagne et m’aide jusque sur le quai de la gare. Quelle gentillesse !
Le trajet en train est assez long, surtout que je dois rester constamment debout pour prendre soin de mon vélo. Il y a une correspondance à Chatelet-Les-Halles, où je dois utiliser les escaliers mobiles, un bon exercice. J’arrive comme prévu à la gare de Chatou-Croissy. Après un ascenseur et un escalier, je suis dehors et il mouille à peine. Je pédale facilement jusque chez mes amis.
L’accueil est plus que chaleureux : tous m’attendent, spécialement Corentin qui espère cette visite à chaque trois ans pour son anniversaire. Il aura 10 ans demain. Il y a aussi Marianne, 14 ans, Nicolas, 12 ans, Philippe et Marie, et même Jacques, un des prêtres de la paroisse où travaille Marie, qui est venu en visite.
Mes amis ont déménagé l’an dernier. Leur nouvelle maison est bien plus spacieuse que l’ancien appartement. J’installe mon vélo au garage et je dépose mes bagages dans la chambre qui m’est prêtée, puis nous profitons des joies de la conversation.
Jacques doit quitter, mais bientôt Virginie et Jean-Sébastien se joignent à nous pour le dîner – repas du soir – et la soirée. Jean-Sébastien est québécois d’origine mais vit en Europe depuis des années ; lui et Virgine ont ensemble deux petites filles, absentes ce soir. À nouveau, les conversations sont très agréables et nous mènent jusqu’à la fin de la soirée. Le décalage fait son effet : je manque parfois quelques mots…
Je me couche pas mal tard, mais le rythme local est pris… j’espère. Et quel plaisir de retrouver ces chers amis !
km jour : 4,6 km total : 5 temps déplacement : 0 : 35 vitesse moyenne : 7,7 vitesse maximale : 23,1
Samedi. Chaque départ se ressemble : il faut courir pour être prêt à temps. Je n’ai pas que couru, j’ai aussi visité mon amie Manon hier et passé la soirée de jeudi avec mes frères Gaétan et François. Malheureusement, je n’ai pas le temps de saluer ma mère Hélène aujourd’hui. Je me reprendrai au retour.
Comme j’ai un nouveau vélo et une nouvelle guitare, j’ai eu à leur coudre des sacs sur mesure, ce qui a occupé la journée de dimanche dernier. J’ai également un nouveau grand sac pour les bagages : tout ça implique quelques ajustements… Tous les morceaux du casse-tête s’imbriquent les uns aux autres, et un taxi passe me prendre vers 18 h.
C’est bien sûr une mini fourgonnette. Souhei, mon conducteur, est très gentil et sociable. En revanche, nous perdons plusieurs minutes dans la zone de travaux à cause d’un accident assez sérieux. Pas de stress : il est très tôt. À 18 h 30, je suis à l’aéroport.
Je me présente au guichet. Les bagages sont acceptés sans aucune difficulté. Je dois simplement déballer le vélo pour inspection. Une bonne surprise : le vélo et les bagages enregistrés pèsent seulement 40 kg, soit 43 kg au total en incluant mon bagage à main, bien mieux que les 55 kg de mon voyage précédent en Europe. Yé !
J’ai du temps devant moi. J’en profite pour appeler ma sœur Lucie, qui part lundi pour l’Europe avec sa chorale, puis mon amie Nadine. Après le contrôle de sécurité, je parle avec Monique, mon autre sœur. Ainsi, j’aurai eu du temps avec toute la fratrie.
L’embarquement est sans histoire. Exceptionnellement, il y a quelques places libres autour de moi. Mon voisin d’en arrière, Antoine, 6 ans, est très joyeux de prendre l’avion pour la première fois de sa vie. Mais c’est une belle joie, un émerveillement. Au décollage, peu après 22 h, nous avons même un aperçu des feux d’artifice qui illuminent le cœur de Montréal.
Je jette un coup d’œil à la liste des films proposés. Je choisis Le livre de la jungle, une adaptation visuellement très spectaculaire du classique de Kipling. À l’exception du jeune garçon qui joue Mowgli, tout est en images de synthèse d’un réalisme total malgré les animaux qui parlent et les cascades impossibles. Et le scénario est cohérent. Ensuite, il est grand temps de dormir un peu même si un fauteuil d’avion ne peut rivaliser avec un lit…
Souvent, un voyage à vélo devient une aventure. Avec des hauts et des bas – pas seulement à cause du relief –, avec cinq pays et plus de 3500 kilomètres sous des températures parfois excessives, avec des paysages fabuleux et souvent surprenants, mais surtout avec les rencontres espérées ou inattendues mais toujours vivifiantes, c’est une épopée mémorable de 50 jours que vous pourrez suivre au quotidien sur ces pages.
Cliquez pour agrandir les images. Bon voyage virtuel.
Chaque année, quand reviennent les vacances, je reprends la route. Cette année-là, j’avais choisi l’est. Plus précisément, je suis parti vers les provinces maritimes, que je ne connaissais que partiellement. Je débute ainsi le tour du Golfe du Saint-Laurent, un projet que je compléterai en 2019.
Dans un premier temps, j’ai pédalé jusqu’à Natashquan, puis pris le bateau vers Blanc-Sablon et traversé Terre-Neuve, la Nouvelle Écosse, l’île du Prince-Edouard et un bout du Nouveau-Brunswick. En principe, c’était une balade d’environ 3000 km, bien dépassés. Évidemment, il y a eu quelques défis et surprises : ça fait partie du plaisir !