Mont-Laurier 2

Mont-Laurier, 8 km
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Levé à 7h45, je prends mon petit déjeuner à l’hôtel et après 6 minutes de vélo je suis à la boutique. Bien sûr, nous commandons une roue neuve qui devrait arriver d’ici deux jours – espérons demain. Donc, une deuxième nuit à l’hôtel. J’y reviens alors que tombent quelques gouttes sans conséquences.

Ensuite, je commande un nouvel appareil photo qui devrait arriver à la boutique de vélo d’ici deux jours – espérons demain. Le site de commande n’est pas si coopératif, mais ça finit par fonctionner. En attendant, il me reste le téléphone pour prendre quelques photos. Comme le radar météo voit venir une bonne averse, je reste sagement à ma chambre jusqu’au dîner.

Quand la pluie se termine, je pars marcher un peu. Il y a deux petites îles habitées sur la Rivière du Lièvre, et un parc sur l’Île Bell, mais c’est un petit parc avec quelques bancs et des balançoires. En revanche, j’y croise Robert sur son quadriporteur. Retraité et hémiplégique, il habite ici depuis des décennies et aime son coin. De retour à l’hôtel, une famille de Bretagne arrive. Ils profitent bien de leur voyage au pays. De mon côté, petite pause – sieste…

En fin d’après-midi, lentement et prudemment, je me risque à une balade vélo aux alentours sous la chaleur de la fin de l’après-midi. Je retrouve la Rivière Lièvre, une maison de mon enfance et mon école primaire de l’époque, les chutes, un joli sentier en pleine ville. 

Retour à l’hôtel. Afin de cuisiner mon souper, j’ai besoin d’un contenant pouvant aller dans le four à micro-ondes. La réceptionniste m’en prête un, et nous engageons la conversation plus avant. Technicienne en éducation spécialisée, Emmanuelle a surtout travaillé dans des organismes communautaires et s’intéresse aux jeunes. Comme c’est une partie importante de ma vie, c’est très intéressant.

Après le repas, petite marche de l’autre côté de la rivière, miroir en cette fin de journée. C’est ensuite le temps de compléter en musique un journal différent de ce que j’aurais imaginé, un journal de l’attente.

La soirée se termine en revoyant la vidéo Canada vertical qui relate une aventure plein air épique à laquelle avait participé Jacob, rencontré en Gaspésie il y a quelques années : la première traversée nord-sud du Canada à force humaine (ski, canot et vélo), 7600 km sur 8 mois, de l’île d’Ellesmere jusqu’à la pointe Pelée (Ontario). Ça aide à relativiser les défis que je me lance. En attendant, une autre nuit confortable s’annonce.

Km jour : 8,2
Km total : 241
Temps : 0:46
Maximum : 20
Moyenne : 10,7

Mont-Laurier

Mont-Laurier, 20 km
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Dimanche. Excellente nuit, à peine moins fraîche que la précédente. Je m’étais couché tôt, je me réveille une bonne demi-heure plus tard alors que la journée s’annonce à nouveau superbe. 

La piste est pratiquement déserte : je croise un chevreuil, deux cyclistes et un quatre-roues égarés. C’est un tunnel vert et lumineux, avec parfois des parois de roches de chaque côté. Il faut quand même surveiller, car elle est souvent abimée. Je prends une pause petit déjeuner au village Lac-Saguay. Pas d’eau disponible, mais j’ai ce qu’il faut pour me rendre à la source de Lac-des-Écorces.

Soudain, un nième gros cahot expulse mon appareil photo de sa pochette, qui se retrouve plié en deux dans les rayons de la roue avant. Bilan : un appareil photo détruit, trois rayons cassés et un vélo inutilisable au milieu du bois. Je commence par récupérer les débris : la carte mémoire est là, mais la batterie a pris le bois. Heureusement, je suis intact, mais un peu mal pris. Bon. Que faire ?

La réponse arrive sur deux roues. Infirmière cadre dans un hôpital régional et maman de deux jeunes enfants, Audrey-Anne habite Rivière-Rouge et profite du beau temps. Sa voiture est à Lac Saguay. Elle pédale jusque là, puis reviens me prendre alors que je marche à côté de mon vélo handicapé vers puis sur le chemin Guénette. Direction Mont-Laurier en excellente compagnie afin de dénicher une roue ou, au pire, de la faire réparer. 

Mais nous sommes dimanche : les boutiques de vélo sont fermées, il ne reste que Canadian Tire qui n’a que ses vélos, mais pas de roues ni de rayons. Il faudra attendre à lundi, 9h. Camper en centre-ville devant la boutique n’est pas une option valide, je me retrouve donc à l’hôtel en compagnie de mon vélo. Il est 11h30. Merci, Audrey-Anne : aujourd’hui, tu as été un ange, mon ange.

Il y a quand même des avantages à la situation : douche, lavage, recharge d’appareils  et connexion Internet sont vraiment utiles. Si la plupart des commerces sont fermés, il reste l’épicerie… à environ une demi-heure de marche dans chaque sens sous 28°. Je prends le risque d’y aller avec mon vélo, lentement et sans charge à l’avant : succès. J’ai maintenant ce qu’il me faut pour me rendre à Senneterre, à environ 300 km d’ici.

Ce n’était pas le plan, mais comme j’ai accès à l’électricité et à Internet je peux mettre en ligne les premières pages du journal, ce qui occupe bien mon temps avant et après le soupez pizza – pas beaucoup d’options aux alentours…

Bien sûr, j’appelle mon ami Jean-Pierre, qui fête demain son anniversaire. Avec mon frère Gaétan, toujours de bon conseil, nous discutons du remplacement de l’appareil photo.  

Avant le dodo, je prépare mes sacs pour être fin prêt demain matin. Ce sera une nouvelle aventure après une nuit confortable.

Km jour : 19,2 + 3,7
Km total : 229 + 232
Temps : 1:11 + 0:20
Maximum : 26
Moyenne : 16,2
Heures : 7h30 / 9h20

Lac-Saguay

> Lac Saguay, 110 km
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Samedi. Nuit calme et froide, 12° dans la tente ce matin : j’ai apprécié mon chaud sac de couchage. Levé peu avant 6h, je suis en route peu après 7h. Je garde un peu mon polar puisque c’est encore froid, mais il fait un temps magnifique.

Au début, je suis presque seul. La piste traverse une dernière fois la Rivière du Nord, ici torrent, puis ça monte doucement avant une descente de près de 15 kilomètres autour de Saint-Faustin. 

Nous approchons de Mont-Tremblant et du très joli et touristique lac Mercier. Ici, il y a du monde : cyclistes de tout acabit, coureurs, marcheurs, patineurs, et autres. En restant vigilant, ça va bien.

Une toute jeune femme immobile contemple un chevreuil peu timide qui se régale à proximité. Pour aujourd’hui, c’est mon troisième sur quatre.

En arrivant à Labelle, j’ouvre mon téléphone pour indiquer à mon cousin René que je m’approche, mais comme prévu il a des visiteurs – ce sera pour une autre fois. J’ai aussi un appel de ma cousine Martine, qui sera au Lac-St-Jean en même temps que moi. À suivre.

Après Labelle, ça se calme sur la piste. Il y a des sections plus agricoles et le km 100 depuis Saint-Jérôme. En fin d’avant-midi, il y a un haut pont qui surplombe la Rivière Rouge et deux groupes de cyclistes qui s’y croisent par hasard. Je me propose pour prendre une photo de famille, habituellement plus satisfaisante que le traditionnel égoportrait. La conversation commence. Jean-Charles, en particulier, aimerait bien partir pour de longs trajets sur deux roues. Bel échange.

Alors que cette troupe reprend la piste, quelques canots passent le rapide sous le pont, puis arrive René qui achève une belle boucle sur deux roues. Enseignant, il se déplace à l’année sur son vieux vélo. Un autre passionné.

À la sortie du pont, quelques tables, il est temps de manger. Je me joins à trois jeunes femmes qui adorent leur premier voyage à vélo. Amies au secondaire, colocs pendant les études, Mélissa, Raphaëlle et Maïa entrent avec un certain vertige dans la vie professionnelle, mais y apportent leurs valeurs et leurs idées du monde dans lequel elles souhaitent vivre. Une autre très belle rencontre.

Maintenant, il est temps de rouler. J’avance tranquillement sur une piste souvent détériorée. En passant à Rivière-Rouge, je ne remplis pas mes gourdes car l’eau n’y est pas potable. C’est en arrivant à Nominingue que je trouve de l’eau.

Il y a aussi un dernier chevreuil, un pont et plein de gens qui batifolent à la plage en dessous. J’arrête, un homme est là et la conversation est lancée. Reynald, retraité, a décidé de se remettre en forme après un infarctus. Il est vraiment sympathique, c’est bien agréable. Roger et Michael, deux de ses amis, arrivent, ce qui relance la conversation. Il faut quand même repartir.

Au village, une petite équipe prépare le spectacle de ce soir. Sur scène, une femme à la guitare, ses trois filles de 9 à 14 ans environ chantent avec elle. Un homme gère le son avec une tablette, un autre sera sur scène ce soir mais sa guitare a un petit problème à régler. Ça s’annonce très bien, mais la route m’appelle.

En s’éloignant de Nominingue, il n’y a plus personne. Il y a quelques sites intéressants pour camper, mais il est tôt. Peu après 17h, un site magnifique, semi-aménagé, près d’un lac sauvage. Ce soir, ce sera ici. 

Rien n’est parfait, on dirait. Les variations sur le thème du moustique abondent. Je cuisine rapidement avec polar, pantalons et moustiquaire, puis je me réfugie sous la partie moustiquaire de ma tente pour écrire à la clarté. Quelques cyclotouristes passent mais ne s’arrêtent pas.

21h15, tout est complété, la nuit n’est pas encore tombée mais la fraîcheur s’annonce. Le ciel est parfait.

Km jour : 109.8
Km total : 209 
Temps : 6:43
Maximum : 29
Moyenne : 16,3
Heures : 7h10 / 17h10

Sainte-Agathe

Rivière du Nord

> Sainte-Agathe, 100 km
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Vendredi. Grand départ pour un projet un peu fou. Chibougamau, c’est loin, mais je n’y étais jamais allé. Go pour une boucle d’environ 2000 kilomètres !

J’avais prévu partir hier, mais c’était le déluge alors que le beau temps s’installe pour à partir d’aujourd’hui. Et pour le moment les nombreux feux qui dévastent le nord du pays ne menacent pas mon itinéraire. À suivre.

Je ne pars pas très tôt. Je me lève tard, et il reste quelques préparatifs. En particulier, je vide mon frigo dans mes bagages. C’est donc pas mal lourd. Les premiers tours de roues sont un peu instables, le temps de renouer avec cette conduite différente. 100 m, et c’est réglé.

Je prends d’abord le boulevard Gouin, puis je traverse Laval jusqu’à Ste-Rose, essentiellement sur pistes cyclables. Facile. À Rosemère et Sainte-Thérèse, c’est plus compliqué, mais je rejoins finalement la première partie de la piste du Petit Train du Nord.

Ici, elle longe plus ou moins la voie ferrée toujours utilisée, souvent sous les arbres. Je dois prendre une pause technique, car le support du garde-boue commence à frotter sur la roue arrière. C’est corrigé rapidement.

À Saint-Jérôme, il faut marcher pour rejoindre le kilomètre 0, car un spectacle est en préparation pour ce soir. Je reconnais la musique de Robert Charlebois. Ça risque d’être bien bon, mais je serai ailleurs. 

J’ai déjà 54 kilomètres au compteur, et ça va très bien. Je replace la chaîne du vélo d’une jeune femme – plus facile avec des gants. À partir du Chemin des Hauteurs, la piste est en poussière de roche, ce qui est moins confortable et rapide. À Prévost, les travaux de pavage sont bien avancés, c’est tout neuf et bien agréable. À la gare, une femme fait des étirements un peu acrobatiques. Mélanie est pharmacienne en milieu hospitalier et adore son travail, mais est aussi férue de randonnée et s’intéresse aux valeurs. Belle pause.

Je retrouve la poussière de roche, mais aussi la Rivière du Nord qui magnifie le paysage. De plat en faux plat, ça monte pas mal et il y a du monde qui se déplace par toutes sortes de moyens.

Au kilomètre 36, changement radical d’ambiance : c’est Val Morin. la piste longe le Lac Raymond, haut lieu de villégiature. C’est très beau, même si j’ai parfois le soleil en plein visage, mais ce n’est pas un endroit pour y planter ma tente. 

Un peu plus loin, en arrivant à Sainte-Agathe, il y a un emplacement convenable avec un banc et à proximité de la rivière et de ses rapides. Il est grand temps. Je mange, je monte le camp et je fais deux appels. Il est 23h30, trop tard pour écrire. Dodo !

Km jour : 100,0
Km total : 100 
Temps : 6:56
Maximum : 32
Moyenne : 14,4
Heures : 11h30 / 20h20

Le Nord à vélo – été 2026

Projet un peu fou, peut-être : une boucle d’environ 2000 kilomètres dans la forêt, loin des villes mais près de la nature. À partir de Montréal, le plan est de passer par Senneterre, Chibougamau, le Lac-Saint-Jean et, un peu, la Côte-Nord avant de revenir à la maison. Comme toujours, il y aura des imprévus : dès le jour 3, je suis immobilisé. À suivre…

N.B. Retour sur la route le 14 vers 15h, avec une nouvelle roue et un nouvel appareil photo.

Sainte-Agathe
2026-07-10 – 100 km

Lac-Saguay
2026-07-11 – 110 km

Mont-Laurier
2026-07-12 – 20 km

Mont-Laurier 2
2026-07-13 – 8 km

Bienvenue cyclistes ?

Tout un accueil !

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Je ne pouvais pas laisser le blocage de la piste se poursuivre sans réagir. Dès mon retour, j’ai transmis une plainte au Ministère des Transports. J’ai également écrit pour quelques médias un texte présentant ce problème étrange rencontré sur un des principaux axes cyclables du Québec. Voici.

Bienvenue cyclistes ? Pas tous les jours.

Cyclotouriste de longue date, je viens enfin de parcourir Le Parc linéaire interprovincial Petit Témis qui relie Edmunston NB à Rivière-du-Loup Qc, une magnifique balade vélo de 134 km. Mais les gens de la région évitent une partie de la piste, car il y a un os.

Entre St-Honoré-de-Témiscouata et St-Louis-du-Ha ! Ha !, la piste est fermée : il y a de gros travaux sur l’autoroute 85. Pour les contourner, une navette est offerte… cinq jours par semaine, soit du jeudi au lundi. Or, une semaine compte bel et bien sept jours !

Mardi dernier, j’ai bien vu les panneaux annonçant la fermeture avant d’arriver devant une barrière et des cônes oranges. Je n’ai vu aucune indication de détour, et pour cause : il n’y a pas de détour. Il n’est pas recommandable de rouler sur une autoroute en travaux, même si certains y vont à leurs risques.

J’ai fait quelques appels. À la navette, une boite vocale, pas de retour. À Québec 511 (Transport Québec), une préposée un peu désemparée m’indique que ce ministère ne s’occupe pas des vélos (quelqu’un s’est trompé de siècle ?) et, en désespoir de cause, me donne le numéro de la municipalité. À la municipalité, ce sont les vacances, il ne reste qu’une boite vocale. Heureusement, la Sûreté du Québec est là. Un agent se rend sur place et demande un véhicule de l’entrepreneur pour me faire franchir quelques kilomètres, même si ce n’est pas sa responsabilité. Bravo et merci !

Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Mercredi matin, j’ai croisé plusieurs voyageurs au long cours : quelques québécois, un allemand, un couple parti de Toronto vers Moncton, un jeune homme pédalant de Vancouver jusqu’à Terre-Neuve. Aucun ne mesurait le problème, plusieurs ne comprenaient pas le français. Je leur ai fait part de mon expérience et de la solution utilisée.

Si rien n’est fait, des voyageurs seront mal pris et à grand risque deux jours par semaine, alors que la navette existe. En attendant d’établir un nécessaire vrai détour vélo, la navette doit rouler tous les jours dès mardi prochain. Point.

Deux jours plus tard, j’ai appelé le numéro de la navette. On m’a indiqué que le service était maintenant disponible sept jours par semaine, ce qui a été confirmé le lundi 28 juillet par un communiqué du Ministère. Est-ce grâce à ma plainte, à des pressions de la SQ ou aux deux ? Peu importe : les cyclistes pourront passer en sécurité. C’est quand même étonnant : ce chantier s’étire de 2022 à 2027, et ce n’est que maintenant que la navette roule tous les jours de l’été.

Malheureusement, la piste sera à nouveau complètement fermée à partir du 1er septembre ; il faudra donc s’assurer d’un détour sécuritaire d’ici là. Donc, encore à suivre.

Les derniers kilomètres

Un joli camping

St-Honoré-de-Témiscouata > Rivière-du-Loup >> Montréal – 55 km
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Mercredi. La nuit s’annonçait froide, elle a tenu promesse : mon thermomètre a affiché un tout petit 10°. Au matin, le soleil a tout réchauffé puisque la journée s’annonce parfaite. Quand je me lève vers 8 h 15, Simon est déjà parti. Sous le soleil, le site reste enchanteur. Je me prépare tranquillement pour cette dernière journée vélo – déjà ! 

En début de journée, je croise plusieurs cyclistes au long cours : quelques québécois, Tobin, de Hambourg (Allemagne), Sue et Don, pédalant de Toronto à Moncton, ainsi que Rudy, traversant de Vancouver à St-Jean Terre-Neuve. Aucun ne soupçonne le blocage de la piste, alors je leur fais part de la solution expérimentée hier.

La piste progresse principalement en forêt, avec quelques passages près de routes. Quelques jolis lacs et un autre camping avec cascade enjolivent le trajet. En approchant de Rivière-du-Loup, les cyclistes récréatifs se font plus nombreux – je regonfle le pneu d’un vélo électrique.

Les bâtiments, routes et autres aménagements se multiplient, on devine puis observe les montagnes de Charlevoix et le fleuve. En entrant en ville, je perds brièvement la piste mais la retrouve facilement.

Une bonne descente passant devant l’hôpital, puis je retrouve l’info touristique et ma voiture. Tout est en ordre, bien sûr. Je charge mon matériel, j’installe mon vélo sur le toit, je change de vêtements. Il est temps d’acheter un peu de nourriture et de prendre la route sous la chaleur et un ciel voilé.

Peu après, à l’entrée de Notre-Dame-du-Portage, j’arrête pour manger en admirant le majestueux fleuve et les montagnes de l’autre rive. Je roule pour un bout de temps sur la pittoresque route 132, puis je rallie l’autoroute après Rivière-Ouelle. Quelques recharges et plusieurs kilomètres plus loin, je suis de retour à la maison… avant de repartir dans deux jours ! 

km jour : 55,2
km total : 349
départ / arrivée : 9 h 30 / 13 h 30
temps de trajet : 2:38
vitesse moyenne : 21,0
vitesse maximale : 66

Dépasser les obstacles

On va où ?

Parc du Lac Témiscouata >  St-Honoré-de-Témiscouata – 61 km
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Mardi. Nuit excellente, fraîche et sèche, comme prévu. Ciel constellé d’étoiles, mais le village de Cabano éclaire assez pour ne pas avoir besoin de la frontale dans ma tente. Au matin, il ne fait que 13° dans la tente, mais le ciel est parfait. J’examine les cartes pour décider du programme de l’avant-midi. À 8 h, je suis sur mon vélo, mais je laisse l’essentiel de mon bagage au camping.

Je prend la route d’accès qui monte doucement dans une vallée. Elle est lisse, parfaite, puisqu’elle est fermée en hiver. Je n’y croise que quelques véhicules SÉPAQ, dont celui de M. Jean, capitaine de la navette. Après 9 km, je prends à droite. Il y a une bonne descente, puis une abrupte montée, mais je n’ai pas à me rendre en haut maintenant puisqu’il y a le stationnement pour la boucle de la Montagne du Chert, mon objectif pour tout de suite.

C’est une jolie balade en forêt, mais presque sans points vue. Il y a un petit belvédère, puis on devine le Grand Lac Touladi à travers les branches, mais sauf par une fugace éclaircie il faut se contenter d’une belle marche avec à l’occasion un peu de boue.

De retour à mon vélo, je prends la route vers l’entrée St-Juste. Je termine la montée à 13 %, suivie d’une descente à 17 % et de quelques autres autour de 15 %. Ça descend vite, avec une pointe mesurée à 66 km/h ! Après un pont sur la Rivière Touladi, je dois prendre à droite. Surprise ! Sur 6 km, je roule sur du mauvais gravier, avec des côtes ravinées et de la planche à laver. Ça brasse ! Seul réconfort, quelques framboises juteuses.

Toute mauvaise chose a une fin – je l’espère, et c’est le cas ici. Un pont suspendu, qui se marche mais est trop étroit pour se croiser, retraverse la Rivière Touladi. Ensuite, je retrouve une bonne piste cyclable en poussière de roche qui me ramènera au camping.

Après une petite pause près d’une anse, mon vélo émet un fort bruit métallique. Qu’est-ce que c’est ? Diagnostic : le frein avant. Je n’ai que ma pompe, des rustines et mes mains, le reste est dans la tente. Je mets mon vélo à l’envers sur une table, puis je démonte les étriers avant. Le ressort qui éloigne les plaquettes du disque est tout tordu, et les plaquettes sont grugées. Ces dernières me servent d’outil pour plus ou moins redresser le ressort, je peux tout remettre en place et rouler en sécurité. Ouf !

J’avais envisagé revenir sur mes pas pour prendre l’autre traversier, il n’en est plus question. Je réserve un passage sur la navette, je prépare mon matériel en vitesse et je suis au quai 10 minutes avant le départ, à nouveau en compagnie de M. Jean. Toutes les places sont occupés, mais le lac est plus tranquille qu’hier. Traversée à nouveau très plaisante.

En arrivant à Cabano, je prends enfin le temps de manger avant de repartir sur la piste, toujours très agréable.

Devant moi, un cycliste chargé que je rattrape à l’ancienne gare. David est venu d’Ottawa à vélo, mais il vient de faire un mauvais détour sur des routes de gravier sans aucune indication puisque la piste est fermée à St-Honoré. Il se reposera ce soir au Parc. Plus loin, une affiche orange confirme la fermeture et annonce une navette du jeudi au lundi. Nous sommes mardi, la planification du chantier est clairement déficiente. 

Arrivé sur place, c’est le cul-de-sac : une solide barrière et aucun détour proposé. Il faut trouver une solution. J’appelle d’abord le numéro sur l’affiche : répondeur, pas de retour d’appel. Ensuite, la ligne d’aide du ministère des Transports. Me suis-je trompé siècle ? Ils ne s’occupent pas de vélo (ce n’est pas du transport ?) sauf, visiblement, pour fermer des pistes. Désemparée, la préposée me donne le numéro de la municipalité : le répondeur me souhaite de bonnes vacances. Étape suivante : la SQ, police provinciale. Eux sont efficaces : un agent posté à Cabano me rappelle rapidement, il me fait préciser ou je suis et vient me rejoindre. Il arrive en même temps qu’une camionnette de l’entrepreneur. Bingo !

C’est Carl, un superviseur, qui m’amène avec mon vélo de l‘autre côté du chantier. Il n’y a pas de détour suggéré car il faudrait passer sur l’autoroute, ce que font les cyclistes quand il n’y a pas de navette. Petit suivi à prévoir…

La fin du trajet d’aujourd’hui est sans histoire. Personne sur la piste, ça monte tranquillement pas vite, une petite cascade égaie le chemin. J’attends le prochain site favorable.

Il est là : une table, des plateformes de tente, un foyer, et un autre cycliste, Simon, de Rimouski. C’est son premier voyage à vélo mais il est un randonneur aguerri. Demain, il ira au Parc du Lac Témiscouata. Beau programme, je peux lui fournir quelques indications pratiques pour passer la barricade. 

Comme il y a quelques moustiques, nous ne veillons pas tard. J’écris le journal, j’appelle mon frère et à 22 h 15 c’est prêt pour dormir, avec le chant du ruisseau tout près et un ciel constellé d’étoiles qui fêtent la Voie Lactée. Demain, déjà, dernier jour de cette courte aventure.

Dans le Parc
km jour : 30,5
km total : 263
départ / arrivée : 8 h 00/ 13 h 45
temps de trajet : 2:19
vitesse moyenne : 13,2
vitesse maximale : 66

Cabano (navette) > St-Honoré-de-Témiscouata
km jour : 30,8
km total : 293
départ / arrivée : 14 h 15 / 18 h 15
temps de trajet : 2:22
vitesse moyenne : 13,0
vitesse maximale : 24

Au parc du Lac Témiscouata

Lac Témiscouata, vu du sentier de la Montagne-du-Fourneau

Lac Témiscouata (Dégelis) > Parc du Lac Témiscouata – 35 km
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Lundi. Les bruits de la nuit ont été multiples : les vagues et le vent se sont effacés, les huards ont chanté de temps en temps, et vers 1 h une solide averse s’est mise à tambouriner sur la tente, heureusement toujours étanche malgré les années. Vers 7 h 15, l’équipe d’entretien m’a réveillé en faisant un peu de ménage. Elle est efficace, les installations sont exceptionnellement propres.

Je m’organise tranquillement, la tente est assez sèche quand je débute ma journée de vélo vers 8 h 30.

C’est frais, avec un mélange soleil et nuages et un solide vent du nord-ouest qui souffle dans ma face. Comme je ne vais pas loin aujourd’hui, aucun problème. En revanche, je garde ma veste pendant tout le trajet.

Entre le lac et la montagne, cette partie de la piste est magnifique. Comme il n’y a pas de route, il n’y a aucune construction ; surtout, une succession de tranchées creusées à la dynamite et de ponts offrent de superbes points de vue. Évidemment, c’est encore assez tranquille puisqu’il est tôt.

Après quelques kilomètres, il y a un chapelet de chalets tout au long de la berge puisqu’il y a une route. C’est moins sauvage, malheureusement.

À Notre-Dame-du-Lac, le premier village, j’arrête au quai du traversier que je prévois prendre demain. Plusieurs chalets plus loin, j’arrive à Cabano, où je prendrai une navette vers le parc. Après un arrêt à l’épicerie, j’appelle pour réserver mon passage. Comme je suis 10 minutes en retard pour celui de 10 h 45, je prendrai le suivant, à 13 h 15. J’ai donc le temps de me balader le long de la berge – un homme est en planche à voile, les conditions sont excellentes. Je reviens vers le parc pour m’installer à l’ombre et à l’abri du vent pour écrire un peu jusqu’à l’heure du repas.

J’arrive au quai du traversier une bonne demi-heure en avance. Malgré le vent froid et quelques gouttes, c’est vraiment joli. La navette l’Épinoche est un gros ponton aménagé avec un toit souple, des supports à vélo et des banquettes toutes occupées. Jean, le capitaine, nous avise que ça pourrait brasser avec le vent et les vagues, mais c’est finalement plutôt facile.

Mon voisin est très sympathique et intéressant. Jean-François est en vacances en famille – avec sa femme et trois filles de 5 à 13 ans – mais sa voiture est en réparation pour deux jours à cause d’un problème de freins collés. Il vient de la laisser au garage et rentre au camping à vélo. Il a hâte de la changer mais ils viennent de faire des travaux majeurs et urgents à la maison. Il garde un excellent moral, la traversée passe vite.

Tout près du quai, il y a un poste d’accueil. Comme je suis à vélo, je n’avais pas à réserver et j’ai une place garantie. Les sites « Bienvenue cyclistes » sont à environ un kilomètre, au bout d’un chemin de gravier et près d’un ancien quai. C’est parfait : il y a des tables, une super toilette sèche, une armoire en métal à l’abri des animaux gourmands et une jolie plage. 

Je m’installe mais renonce à la baignade : c’est pas chaud. En revanche, il y a le sentier de la Montagne-du-Fourneau qui semble intéressant. Cette boucle de 5,8 km monte en forêt jusqu’à un spectaculaire point de vue. C’est ravissant… et ça fait changement. J’y croise Jean-François et ses deux plus jeunes, mais avec une poussette il a renoncé, une excellente idée.

Au retour, une petite averse m’accueille. Quand elle se termine, je fais un aller-retour à vélo vers ma tente pour pouvoir enfin prendre une douche, qui s’impose après ces quelques jours. Le bloc sanitaire est assez loin dans le camping. En y entrant, j’ai une question et l’homme qui y répond a de la conversation. Il a 10 ans de plus que moi mais reste passionné de randonnée malgré les limites qui s’installent. Il est aussi passionnément en opposition au gouvernement du pays voisin – il n’est pas le seul. Après la douche, une autre averse passe. Une famille avec deux très jeunes fils est à la vaisselle, c’est à nouveau une belle rencontre.

De retour au camping, c’est l’heure de cuisiner, d’admirer le coucher du soleil et de rentrer sous la tente vers 20 h 45. Un peu d’écriture alors que la noirceur est tombée, et je me prépare pour une nuit froide sous un ciel dégagé – pour le moment -, à nouveau bercée par les vagues toutes proches. Vive la nature !

km jour : 36,8
km total : 232
départ / arrivée : 8 h 30 / 11 h 00
temps de trajet : 2:41
vitesse moyenne : 13,7
vitesse maximale : 32

Du lac au fleuve au lac

Lac Témiscouata, près du camping improvisé

Pohénégamook > Edmundston > Lac Témiscouata (Dégelis) – 125 km
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Dimanche. Finalement, les trains aussi se reposent. J’ai donc pu dormir sans eux. Je m’éveille vers 5 h, après une bonne nuit. Un coup d’œil sur la météo prévue me convainc de ranger mon campement sans attendre que la tente ne soit mouillée. Elle ne reçoit que quelques gouttes. À 6 h, je prends la route sous un ciel bien gris, mais sans la pluie qui reste plus au nord. 

Si tôt un dimanche matin, c’est vraiment tranquille. Petite pause pour la crème solaire et un plein d’eau à Rivière-Bleue, le premier village. Je longe longuement le bien nommé mais rarement visible Lac Long.

Ce n’est pas un pays riche, comme attesté par des maisons souvent décrépites et parfois abandonnées. Après 40 km, j’arrive au Nouveau-Brunswick et la route est désormais numérotée 120.

Le premier village est Lake Baker, lieu de villégiature. Le grand lac, environné de montagnes, est magnifique, et les maisons clairement plus luxueuses.

Quelques bonnes descentes – entrecoupées de montées, quand même – me mènent au fleuve Saint-Jean, un des principaux cours d’eau de la province. Nous sommes loin de l’embouchure, mais il est déjà majestueux.

Étonnamment, il fait presque beau, avec de bonnes percées de soleil. Comme la circulation est plus dense sur une route pas vraiment large, j’allume mon feu rouge clignotant. 

En entrant à Edmundston, un homme m’interpelle. Ayant déjà participé au GDPL, Patrick reconnaît mon maillot. Sympathique rencontre entre cyclistes. Je rejoins la piste cyclable vers 11 h 50 – 12 h 50 heure du Nouveau-Brunswick. Comme j’avais vérifié d’avance la configuration des lieux, je me repère facilement.

J’arrête pour un petit pique-nique. Un garçon d’environ 12 ans se joint à moi : Yahya est passionné de vélo et très serviable. Il me parle de quelques aventures sur deux roues – un voyage d’Edmundston à Montréal avec son père, et un accident sérieux duquel il est sorti blessé avec un vélo détruit. Il me guide vers l’épicerie, puis nous reprenons nos routes respectives. 

Près de la ville, les vélos sont assez nombreux, presque tous électriques et conduits par des retraités, mais bientôt je suis presque seul. La piste de poussière de roche qui longe la rivière Madawaska et l’autoroute est facile – c’était un chemin de fer -, mais je garde un œil sur la météo et le ciel.

Quand l’averse arrive, je suis installé à une table de pique-nique couverte, le luxe. Robert, un homme du coin en vélo électrique, se joint à moi pour profiter de l’abri. Une autre agréable rencontre qui se termine quand le soleil se met à briller de tous ses feux dans un ciel bien bleu. L’averse a quand même duré une heure.

Peu après, je suis de retour au Québec. La piste aux longues lignes droites a quitté la rivière mais pas la bruyante autoroute. Le premier village est Dégelis. J’y fait le plein d’eau et regarde la météo : dans un peu plus d’une heure, une autre averse s’annonce. Aux abris ! Après 20 minutes, je trouve le site parfait : loin de l’autoroute, près du Lac Témiscouata avec plage de galets, table protégée, espace plat pour la tente, que demander de plus ?

Je mange, j’explore un peu, et la pluie commence à la minute prévue. C’est le temps de rédiger le journal en tout confort et bien au sec, accompagné par le chant des huards.

Après la pluie, je retourne évidemment au bord du lac, puis il est temps de monter la tente, de ranger le campement et de m’installer pour la nuit.

À 20 h 30, je suis dans mon fidèle abri de toile, avec comme environnement sonore le doux bruit des vagues sur les galets. Loin des routes, des trains et des autres machines, on est si bien !

km jour : 122,9
km total : 195
départ / arrivée : 6 h 05 / 17 h 15
temps de trajet : 7:43
vitesse moyenne : 15,9
vitesse maximale : 56