Sonoma

> Fort Ross – 95 km
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Lundi. Je me lève vers 7 h 15 après une nuit très confortable et reposante. En sortant de ma tente, je découvre que j’ai des voisins : une tente minuscule, sans moyen de transport visible à proximité. Bientôt, nous faisons connaissance. Mia et Sam sont du Vermont et sont au milieu d’un voyage de deux mois en randonnée pédestre, avec quelques bouts sur le pouce ou en bus. Ils sont très gentils et nous passons de bons moments à échanger.

Il faut bien partir, ce que je fais peu avant 9 h. Comme hier, il y a parfois des bancs de brume mais le soleil domine. Je rejoins rapidement la Baie de Tomales. La route est vallonnée, mais facile, il y a un léger vent de face – il faudra m’y habituer – et pratiquement aucune circulation. C’est bien joli. La baie abrite d’imposantes huîtrières et ses berges sont peuplées de restaurants et de petits ports de pêche.

La route quitte la baie et longe une rivière jusqu’à Tomales. J’y achète un sandwich dont je mange la moitié immédiatement, gardant le reste pour plus tard. Ensuite, les côtes se succèdent, longues à monter, rapides à descendre. Je croise six cyclotouristes, dont le dernier me parle en français : mexicain, il a appris la langue en Suisse.

La CA1 rejoint la route de Petaluma et il y a maintenant pas mal plus de trafic. Vigilance et coopération. J’achète un sac de cerises à une jeune fille qui a appris le français en France. À nouveau, ça monte et ça descend tout le temps. Après Bodega, une bonne descente termine cette séquence, mais le brouillard venu de la mer fait chuter la température à 15°. J’enfile mon polar.

À Bodega Bay, il y a énormément de voitures sur la route étroite, mais le soleil est de retour pour de bon. Le village est fier d’avoir servi de lieu de tournage pour le célébrissime « The Birds », de Hitchcock. Il est aussi utile pour une petite épicerie.

La suite de la route est très spectaculaire : ce sont les « Sonoma Coast State Beaches », une suite de plages au pied des falaises, constellées de gros blocs et où brisent les vagues du Pacifique. Ma moyenne est pas mal ralentie par la prise de photos. J’y croise plusieurs cyclotouristes allant vers le sud, et retrouve à quelques reprises Scott, une jeune de San Francisco en route vers le nord.

Cette section au relief énergique se termine par une bonne montée : je passe de 8 m à 182 m. L’ambiance est vraiment alpine, avec sa route en lacets, une bonne pente, une végétation de conifères dans une lande. Il n’y a ni cascades ni neige, mais la mer a proximité ajoute une touche magique au paysage Ce n’est quand même pas très difficile, car c’est assez court.

Ensuite, la route s’accroche à flanc de montagne, serpentant, grimpant ou plongeant selon les moments, mais toujours splendide. Parfois, elle rentre vers l’intérieur dans de petits vals boisés. Que c’est beau !

Je commence à m’intéresser au lieu de camping. Je n’ai plus beaucoup d’eau, et le territoire est très sec. Je vois une indication pour un camping d’état, mais c’est cher et je n’ai plus assez d’argent US – il me faudra m’en procurer bientôt. En revanche, il y a un robinet ! Je fais le plein de mes bouteilles. Maintenant, je peux dormir n’importe où. Juste à côté de Fort Ross, un site historique, il y a un petit coin bien approprié. En revanche, je m’installe au poste d’accueil de Fort Ross pour cuisiner sur le béton, question de ne pas déclencher d’incendie avec la végétation jaunie par le manque d’eau.

J’installe ensuite ma tente, mais je dois débarrasser l’emplacement de jolies ronces qui pourraient abîmer mon matériel. Et c’est l’heure d’écrire un peu avant que la nuit ne tombe trop : en camping sauvage, il ne faut pas abuser de la frontale… À 21 h 30, il fait trop noir pour voir les touches de mon clavier, alors je me couche avec volupté malgré un sol un peu irrégulier.

km jour : 94,2
km total : 208,3
départ / arrivée : 8 h 50 / 18 h 50
temps de trajet : 8 : 50
vitesse moyenne : 14,4
vitesse maximale : 57,6
camping : 0 $