Bienvenue cyclistes ?

Tout un accueil !

Sommaire

Je ne pouvais pas laisser le blocage de la piste se poursuivre sans réagir. Dès mon retour, j’ai transmis une plainte au Ministère des Transports. J’ai également écrit pour quelques médias un texte présentant ce problème étrange rencontré sur un des principaux axes cyclables du Québec. Voici.

Bienvenue cyclistes ? Pas tous les jours.

Cyclotouriste de longue date, je viens enfin de parcourir Le Parc linéaire interprovincial Petit Témis qui relie Edmunston NB à Rivière-du-Loup Qc, une magnifique balade vélo de 134 km. Mais les gens de la région évitent une partie de la piste, car il y a un os.

Entre St-Honoré-de-Témiscouata et St-Louis-du-Ha ! Ha !, la piste est fermée : il y a de gros travaux sur l’autoroute 85. Pour les contourner, une navette est offerte… cinq jours par semaine, soit du jeudi au lundi. Or, une semaine compte bel et bien sept jours !

Mardi dernier, j’ai bien vu les panneaux annonçant la fermeture avant d’arriver devant une barrière et des cônes oranges. Je n’ai vu aucune indication de détour, et pour cause : il n’y a pas de détour. Il n’est pas recommandable de rouler sur une autoroute en travaux, même si certains y vont à leurs risques.

J’ai fait quelques appels. À la navette, une boite vocale, pas de retour. À Québec 511 (Transport Québec), une préposée un peu désemparée m’indique que ce ministère ne s’occupe pas des vélos (quelqu’un s’est trompé de siècle ?) et, en désespoir de cause, me donne le numéro de la municipalité. À la municipalité, ce sont les vacances, il ne reste qu’une boite vocale. Heureusement, la Sûreté du Québec est là. Un agent se rend sur place et demande un véhicule de l’entrepreneur pour me faire franchir quelques kilomètres, même si ce n’est pas sa responsabilité. Bravo et merci !

Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Mercredi matin, j’ai croisé plusieurs voyageurs au long cours : quelques québécois, un allemand, un couple parti de Toronto vers Moncton, un jeune homme pédalant de Vancouver jusqu’à Terre-Neuve. Aucun ne mesurait le problème, plusieurs ne comprenaient pas le français. Je leur ai fait part de mon expérience et de la solution utilisée.

Si rien n’est fait, des voyageurs seront mal pris et à grand risque deux jours par semaine, alors que la navette existe. En attendant d’établir un nécessaire vrai détour vélo, la navette doit rouler tous les jours dès mardi prochain. Point.

Deux jours plus tard, j’ai appelé le numéro de la navette. On m’a indiqué que le service était maintenant disponible sept jours par semaine, ce qui a été confirmé le lundi 28 juillet par un communiqué du Ministère. Est-ce grâce à ma plainte, à des pressions de la SQ ou aux deux ? Peu importe : les cyclistes pourront passer en sécurité. C’est quand même étonnant : ce chantier s’étire de 2022 à 2027, et ce n’est que maintenant que la navette roule tous les jours de l’été.

Malheureusement, la piste sera à nouveau complètement fermée à partir du 1er septembre ; il faudra donc s’assurer d’un détour sécuritaire d’ici là. Donc, encore à suivre.

Les derniers kilomètres

Un joli camping

St-Honoré-de-Témiscouata > Rivière-du-Loup >> Montréal – 55 km
Sommaire

Mercredi. La nuit s’annonçait froide, elle a tenu promesse : mon thermomètre a affiché un tout petit 10°. Au matin, le soleil a tout réchauffé puisque la journée s’annonce parfaite. Quand je me lève vers 8h15, Simon est déjà parti. Sous le soleil, le site reste enchanteur. Je me prépare tranquillement pour cette dernière journée vélo – déjà ! 

En début de journée, je croise plusieurs cyclistes au long cours : quelques québécois, Tobin, de Hambourg (Allemagne), Sue et Don, pédalant de Toronto à Moncton, ainsi que Rudy, traversant de Vancouver à St-Jean Terre-Neuve. Aucun ne soupçonne le blocage de la piste, alors je leur fais part de la solution expérimentée hier.

La piste progresse principalement en forêt, avec quelques passages près de routes. Quelques jolis lacs et un autre camping avec cascade enjolivent le trajet. En approchant de Rivière-du-Loup, les cyclistes récréatifs se font plus nombreux – je regonfle le pneu d’un vélo électrique.

Les bâtiments, routes et autres aménagements se multiplient, on devine puis observe les montagnes de Charlevoix et le fleuve. En entrant en ville, je perds brièvement la piste mais la retrouve facilement.

Une bonne descente passant devant l’hôpital, puis je retrouve l’info touristique et ma voiture. Tout est en ordre, bien sûr. Je charge mon matériel, j’installe mon vélo sur le toit, je change de vêtements. Il est temps d’acheter un peu de nourriture et de prendre la route sous la chaleur et un ciel voilé.

Peu après, à l’entrée de Notre-Dame-du-Portage, j’arrête pour manger en admirant le majestueux fleuve et les montagnes de l’autre rive. Je roule pour un bout de temps sur la pittoresque route 132, puis je rallie l’autoroute après Rivière-Ouelle. Quelques recharges et plusieurs kilomètres plus loin, je suis de retour à la maison… avant de repartir dans deux jours ! 

km jour : 55,2
km total : 349
départ / arrivée : 9 h 30 / 13 h 30
temps de trajet : 2:38
vitesse moyenne : 21,0
vitesse maximale : 66

Dépasser les obstacles

On va où ?

Parc du Lac Témiscouata >  St-Honoré-de-Témiscouata – 61 km
Sommaire

Mardi. Nuit excellente, fraîche et sèche, comme prévu. Ciel constellé d’étoiles, mais le village de Cabano éclaire assez pour ne pas avoir besoin de la frontale dans ma tente. Au matin, il ne fait que 13° dans la tente, mais le ciel est parfait. J’examine les cartes pour décider du programme de l’avant-midi. À 8h, je suis sur mon vélo, mais je laisse l’essentiel de mon bagage au camping.

Je prend la route d’accès qui monte doucement dans une vallée. Elle est lisse, parfaite, puisqu’elle est fermée en hiver. Je n’y croise que quelques véhicules SÉPAQ, dont celui de M. Jean, capitaine de la navette. Après 9 km, je prends à droite. Il y a une bonne descente, puis une abrupte montée, mais je n’ai pas à me rendre en haut maintenant puisqu’il y a le stationnement pour la boucle de la Montagne du Chert, mon objectif pour tout de suite.

C’est une jolie balade en forêt, mais presque sans points vue. Il y a un petit belvédère, puis on devine le Grand Lac Touladi à travers les branches, mais sauf par une fugace éclaircie il faut se contenter d’une belle marche avec à l’occasion un peu de boue.

De retour à mon vélo, je prends la route vers l’entrée St-Juste. Je termine la montée à 13%, suivie d’une descente à 17% et de quelques autres autour de 15%. Ça descend vite, avec une pointe mesurée à 66 km/h ! Après un pont sur la Rivière Touladi, je dois prendre à droite. Surprise ! Sur 6 km, je roule sur du mauvais gravier, avec des côtes ravinées et de la planche à laver. Ça brasse ! Seul réconfort, quelques framboises juteuses.

Toute mauvaise chose a une fin – je l’espère, et c’est le cas ici. Un pont suspendu, qui se marche mais est trop étroit pour se croiser, retraverse la Rivière Touladi. Ensuite, je retrouve une bonne piste cyclable en poussière de roche qui me ramènera au camping.

Après une petite pause près d’une anse, mon vélo émet un fort bruit métallique. Qu’est-ce que c’est ? Diagnostic : le frein avant. Je n’ai que ma pompe, des rustines et mes mains, le reste est dans la tente. Je mets mon vélo à l’envers sur une table, puis je démonte les étriers avant. Le ressort qui éloigne les plaquettes du disque est tout tordu, et les plaquettes sont grugées. Ces dernières me servent d’outil pour plus ou moins redresser le ressort, je peux tout remettre en place et rouler en sécurité. Ouf !

J’avais envisagé revenir sur mes pas pour prendre l’autre traversier, il n’en est plus question. Je réserve un passage sur la navette, je prépare mon matériel en vitesse et je suis au quai 10 minutes avant le départ, à nouveau en compagnie de M. Jean. Toutes les places sont occupés, mais le lac est plus tranquille qu’hier. Traversée à nouveau très plaisante.

En arrivant à Cabano, je prends enfin le temps de manger avant de repartir sur la piste, toujours très agréable.

Devant moi, un cycliste chargé que je rattrape à l’ancienne gare. David est venu d’Ottawa à vélo, mais il vient de faire un mauvais détour sur des routes de gravier sans aucune indication puisque la piste est fermée à St-Honoré. Il se reposera ce soir au Parc. Plus loin, une affiche orange confirme la fermeture et annonce une navette du jeudi au lundi. Nous sommes mardi, la planification du chantier est clairement déficiente. 

Arrivé sur place, c’est le cul-de-sac : une solide barrière et aucun détour proposé. Il faut trouver une solution. J’appelle d’abord le numéro sur l’affiche : répondeur, pas de retour d’appel. Ensuite, la ligne d’aide du ministère des Transports. Me suis-je trompé siècle ? Ils ne s’occupent pas de vélo (ce n’est pas du transport ?) sauf, visiblement, pour fermer des pistes. La préposée me donne le numéro de la municipalité : le répondeur me souhaite de bonnes vacances. Étape suivante : la SQ, police provinciale. Eux sont efficaces : un agent posté à Cabano me rappelle rapidement, il me fait préciser ou je suis et vient me rejoindre. Il arrive en même temps qu’une camionnette de l’entrepreneur. Bingo !

C’est Carl, un superviseur, qui m’amène avec mon vélo de l‘autre côté du chantier. Il n’y a pas de détour suggéré car il faudrait passer sur l’autoroute, ce que font les cyclistes quand il n’y a pas de navette. Petit suivi à prévoir…

La fin du trajet d’aujourd’hui est sans histoire. Personne sur la piste, ça monte tranquillement pas vite, une petite cascade égaie le chemin. J’attends le prochain site favorable.

Il est là : une table, des plateformes de tente, un foyer, et un autre cycliste, Simon, de Rimouski. C’est son premier voyage à vélo mais il est un randonneur aguerri. Demain, il ira au Parc du Lac Témiscouata. Beau programme, je peux lui fournir quelques indications pratiques pour passer la barricade. 

Comme il y a quelques moustiques, nous ne veillons pas tard. J’écris le journal, j’appelle mon frère et à 22h15 c’est prêt pour dormir, avec le chant du ruisseau tout près et un ciel constellé d’étoiles qui fêtent la Voie Lactée. Demain, déjà, dernier jour de cette courte aventure.

Dans le Parc
km jour : 30,5
km total : 263
départ / arrivée : 8 h 00/ 13 h 45
temps de trajet : 2:19
vitesse moyenne : 13,2
vitesse maximale : 66

Cabano (navette) > St-Honoré-de-Témiscouata
km jour : 30,8
km total : 293
départ / arrivée : 14 h 15 / 18 h 15
temps de trajet : 2:22
vitesse moyenne : 13,0
vitesse maximale : 24

Au parc du Lac Témiscouata

Lac Témiscouata, vu du sentier de la Montagne-du-Fourneau

Lac Témiscouata (Dégelis) > Parc du Lac Témiscouata – 35 km
Sommaire

Lundi. Les bruits de la nuit ont été multiples : les vagues et le vent se sont effacés, les huards ont chanté de temps en temps, et vers 1h une solide averse s’est mise à tambouriner sur la tente, heureusement toujours étanche malgré les années. Vers 7h15, l’équipe d’entretien m’a réveillé en faisant un peu de ménage. Elle est efficace, les installations sont exceptionnellement propres.

Je m’organise tranquillement, la tente est assez sèche quand je débute ma journée de vélo vers 8h30.

C’est frais, avec un mélange soleil et nuages et un solide vent du nord-ouest qui souffle dans ma face. Comme je ne vais pas loin aujourd’hui, aucun problème. En revanche, je garde ma veste pendant tout le trajet.

Entre le lac et la montagne, cette partie de la piste est magnifique. Comme il n’y a pas de route, il n’y a aucune construction ; surtout, une succession de tranchées creusées à la dynamite et de ponts offrent de superbes points de vue. Évidemment, c’est encore assez tranquille puisqu’il est tôt.

Après quelques kilomètres, il y a un chapelet de chalets tout au long de la berge puisqu’il y a une route. C’est moins sauvage, malheureusement.

À Notre-Dame-du-Lac, le premier village, j’arrête au quai du traversier que je prévois prendre demain. Plusieurs chalets plus loin, j’arrive à Cabano, où je prendrai une navette vers le parc. Après un arrêt à l’épicerie, j’appelle pour réserver mon passage. Comme je suis 10 minutes en retard pour celui de 10h45, je prendrai le suivant, à 13h15. J’ai donc le temps de me balader le long de la berge – un homme est en planche à voile, les conditions sont excellentes. Je reviens vers le parc pour m’installer à l’ombre et à l’abri du vent pour écrire un peu jusqu’à l’heure du repas.

J’arrive au quai du traversier une bonne demi-heure en avance. Malgré le vent froid et quelques gouttes, c’est vraiment joli. La navette l’Épinoche est un gros ponton aménagé avec un toit souple, des supports à vélo et des banquettes toutes occupées. Jean, le capitaine, nous avise que ça pourrait brasser avec le vent et les vagues, mais c’est finalement plutôt facile.

Mon voisin est très sympathique et intéressant. Jean-François est en vacances en famille – avec sa femme et trois filles de 5 à 13 ans – mais sa voiture est en réparation pour deux jours à cause d’un problème de freins collés. Il vient de la laisser au garage et rentre au camping à vélo. Il a hâte de la changer mais ils viennent de faire des travaux majeurs et urgents à la maison. Il garde un excellent moral, la traversée passe vite.

Tout près du quai, il y a un poste d’accueil. Comme je suis à vélo, je n’avais pas à réserver et j’ai une place garantie. Les sites « Bienvenue cyclistes » sont à environ un kilomètre, au bout d’un chemin de gravier et près d’un ancien quai. C’est parfait : il y a des tables, une super toilette sèche, une armoire en métal à l’abri des animaux gourmands et une jolie plage. 

Je m’installe mais renonce à la baignade : c’est pas chaud. En revanche, il y a le sentier de la Montagne-du-Fourneau qui semble intéressant. Cette boucle de 5,8 km monte en forêt jusqu’à un spectaculaire point de vue. C’est ravissant… et ça fait changement. J’y croise Jean-François et ses deux plus jeunes, mais avec une poussette il a renoncé, une excellente idée.

Au retour, une petite averse m’accueille. Quand elle se termine, je fais un aller-retour à vélo vers ma tente pour pouvoir enfin prendre une douche, qui s’impose après ces quelques jours. Le bloc sanitaire est assez loin dans le camping. En y entrant, j’ai une question et l’homme qui y répond a de la conversation. Il a 10 ans de plus que moi mais reste passionné de randonnée malgré les limites qui s’installent. Il est aussi passionnément en opposition au gouvernement du pays voisin – il n’est pas le seul. Après la douche, une autre averse passe. Une famille avec deux très jeunes fils est à la vaisselle, c’est à nouveau une belle rencontre.

De retour au camping, c’est l’heure de cuisiner, d’admirer le coucher du soleil et de rentrer sous la tente vers 20h45. Un peu d’écriture alors que la noirceur est tombée, et je me prépare pour une nuit froide sous un ciel dégagé – pour le moment -, à nouveau bercée par les vagues toutes proches. Vive la nature !

km jour : 36,8
km total : 232
départ / arrivée : 8 h 30 / 11 h 00
temps de trajet : 2:41
vitesse moyenne : 13,7
vitesse maximale : 32

Du lac au fleuve au lac

Lac Témiscouata, près du camping improvisé

Pohénégamook > Edmundston > Lac Témiscouata (Dégelis) – 125 km
Sommaire

Dimanche. Finalement, les trains aussi se reposent. J’ai donc pu dormir sans eux. Je m’éveille vers 5h, après une bonne nuit. Un coup d’œil sur la météo prévue me convainc de ranger mon campement sans attendre que la tente ne soit mouillée. Elle ne reçoit que quelques gouttes. À 6h, je prends la route sous un ciel bien gris, mais sans la pluie qui reste plus au nord. 

Si tôt un dimanche matin, c’est vraiment tranquille. Petite pause pour la crème solaire et un plein d’eau à Rivière-Bleue, le premier village. Je longe longuement le bien nommé mais rarement visible Lac Long.

Ce n’est pas un pays riche, comme attesté par des maisons souvent décrépites et parfois abandonnées. Après 40 km, j’arrive au Nouveau-Brunswick et la route est désormais numérotée 120.

Le premier village est Lake Baker, lieu de villégiature. Le grand lac, environné de montagnes, est magnifique, et les maisons clairement plus luxueuses.

Quelques bonnes descentes – entrecoupées de montées, quand même – me mènent au fleuve Saint-Jean, un des principaux cours d’eau de la province. Nous sommes loin de l’embouchure, mais il est déjà majestueux.

Étonnamment, il fait presque beau, avec de bonnes percées de soleil. Comme la circulation est plus dense sur une route pas vraiment large, j’allume mon feu rouge clignotant. 

En entrant à Edmundston, un homme m’interpelle. Ayant déjà participé au GDPL, Patrick reconnaît mon maillot. Sympathique rencontre entre cyclistes. Je rejoins la piste cyclable vers 11h50 – 12h50 heure du Nouveau-Brunswick. Comme j’avais vérifié d’avance la configuration des lieux, je me repère facilement.

J’arrête pour un petit pique-nique. Un garçon d’environ 12 ans se joint à moi : Yahya est passionné de vélo et très serviable. Il me parle de quelques aventures sur deux roues – un voyage d’Edmundston à Montréal avec son père, et un accident sérieux duquel il est sorti blessé avec un vélo détruit. Il me guide vers l’épicerie, puis nous reprenons nos routes respectives. 

Près de la ville, les vélos sont assez nombreux, presque tous électriques et conduits par des retraités, mais bientôt je suis presque seul. La piste de poussière de roche qui longe la rivière Madawaska et l’autoroute est facile – c’était un chemin de fer -, mais je garde un œil sur la météo et le ciel.

Quand l’averse arrive, je suis installé à une table de pique-nique couverte, le luxe. Robert, un homme du coin en vélo électrique, se joint à moi pour profiter de l’abri. Une autre agréable rencontre qui se termine quand le soleil se met à briller de tous ses feux dans un ciel bien bleu. L’averse a quand même duré une heure.

Peu après, je suis de retour au Québec. La piste aux longues lignes droites a quitté la rivière mais pas la bruyante autoroute. Le premier village est Dégelis. J’y fait le plein d’eau et regarde la météo : dans un peu plus d’une heure, une autre averse s’annonce. Aux abris ! Après 20 minutes, je trouve le site parfait : loin de l’autoroute, près du Lac Témiscouata avec plage de galets, table protégée, espace plat pour la tente, que demander de plus ?

Je mange, j’explore un peu, et la pluie commence à la minute prévue. C’est le temps de rédiger le journal en tout confort et bien au sec, accompagné par le chant des huards.

Après la pluie, je retourne évidemment au bord du lac, puis il est temps de monter la tente, de ranger le campement et de m’installer pour la nuit.

À 20h30, je suis dans mon fidèle abri de toile, avec comme environnement sonore le doux bruit des vagues sur les galets. Loin des routes, des trains et des autres machines, on est si bien !

km jour : 122,9
km total : 195
départ / arrivée : 6 h 05 / 17 h 15
temps de trajet : 7:43
vitesse moyenne : 15,9
vitesse maximale : 56

Quelques jolies côtes

Sur la Route des Frontières

Rivière-du-Loup > Pohénégamook – 75 km
Sommaire

Vendredi 18. J’arrive en fin d’après-midi chez ma sœur Lucie. Comme elle habite en Beauce, nous ne nous voyons pas si souvent, chaque occasion est une joie mutuelle. Évidemment, nous discutons voyage – elle arrive d’un spectaculaire trek au Tibet -, mais j’ai aussi la chance de croiser son fils Émile, un jeune homme aux nombreux projets. Une très belle rencontre, comme toujours.

Samedi. La nuit a été excellente, bercée par le chant de la rivière qui s’est quand même calmée après ses récents débordements. Je me lève vers 7h, mon neveu Émile est déjà parti à vélo vers Québec où il rejoindra des amis pour 100 km de plus. Ça va rouler !

Après une douche, puis un agréable petit déjeuner avec Lucie, je prends la route – en voiture – vers 8h30. Le ciel est voilé, il fait environ 20°, ce sera ainsi toute la journée. Si la circulation est plus dense qu’à l’habitude, le trajet est facile à part un bouchon causé par des travaux. Je suis à Rivière-du-Loup vers 11h. 

Je branche ma voiture à une borne, bientôt rejoint par deux autres électromobilistes. J’essaie pour la première fois la fonction Autocharge qui fonctionne parfaitement. Je mange en chargeant, j’arrête à l’épicerie puis je stationne à l’info-touriste où ma voiture passera ces quelques jours. Des gouttes passent rapidement, il est 12h45 quand je commence au sec le vrai voyage.

Je démarre en longeant le fleuve sur quelques kilomètres. En arrivant à l’embranchement vers Notre-Dame-du-Portage, village avec une seule rue entre mer et falaise, une bonne averse. Je me réfugie sous une tonnelle avec deux dames en vélo électrique. C’est sympathique mais bref  : nous repartons après 10 minutes. Je traverse le ravissant village avant de retrouver la route 132. J’y croise Gervais, cycliste parti ce matin de Québec et en route vers Natashquan. Il profite du vent de dos – que j’ai dans la face – pour accumuler les kilomètres. Nous nous ressemblons pour les projets sur deux roues.

Peu avant St-André-de-Kamouraska, je prends à gauche sur la route des Frontières (289) qui me mènera jusqu’au Nouveau-Brunswick… si j’appuie sur les pédales. Ça commence par une solide montée jusqu’à l’autoroute puis jusqu’à St-Alexandre-de-Kamouraska. J’y croise trois cyclistes légers, les derniers de la journée. Ensuite, je suis en forêt pour quelques heures de montée vallonnée. Ma moyenne baisse radicalement.

La circulation est modérée, la chaussée est souvent bonne, parfois passable, et les accotements sont rares. Je longe brièvement le lac Morin, grand, assez sauvage et agrémenté de quelques gouttes sans conséquences. Ensuite… ça monte toujours.

Je rejoins enfin un sommet, à environ 430 m, puis ça commence à vraiment descendre. Avec des pointes régulières à 50 km/h, et même un maximum à 57 km/h, la moyenne remonte tandis que je descends vers Pohénégamook, lac et village. J’admire le paysage, je fais le plein d’eau et je croise près du lac une jeune famille installée ici le temps de reconstruire un pont.

La journée est bien avancée, il est temps de planter la tente. Une halte routière fera très bien l’affaire. Elle offre des tables, des poubelles avec une section recyclage – pas besoin de chercher un bac – et un coin de gazon discret pour ma tente. Repas rapide et simple, vaisselle sous quelques gouttes et moustiques envahissants, je suis bien heureux de me réfugier sous mon fidèle abri de toile. Voisinage imprévu, deux trains passent tout près, leur vacarme pas vraiment atténué par la végétation. Quand ils s’éloignent, il reste le bruit de la route, mais c’est la routine en camping sauvage. À 21h, le journal est achevé, la nuit est presque tombée, c’est le temps de dormir pour être en forme pour la journée pluvieuse qui s’annonce.

km jour : 72,7
km total : 72
départ / arrivée : 12 h 45 / 18 h 45
temps de trajet : 4:39
vitesse moyenne : 15,6
vitesse maximale : 57

Le Petit Témis – 2025

Le Lac Témiscouata

En cet été 2025, pas de grand voyage, mais plusieurs activités et petites sorties. En revanche, j’avais bien besoin de faire quelques kilomètres sur mon vélo même si j’avais peu de jours consécutifs disponibles. J’ai décidé de faire une balade en territoire nouveau : la piste cyclable du Petit Témis, maillon de la Route Verte qui permet de faire une bonne partie du tour du Québec. Ça semblait facile, mais il y a eu quelques imprévus…

Quelques jolies côtes
2025-07-19 > Pohénégamook – 75 km

Du lac au fleuve au lac
2025-07-20 > (Dégelis) – 125 km

Au parc du Lac Témiscouata
2025-07-21 > Parc du Lac Témiscouata – 35 km

Dépasser les obstacles
2025-07-22 > St-Honoré-de-Témiscouata – 61 km

Les derniers kilomètres
2025-07-23 > Rivière-du-Loup – 55 km

Bienvenue cyclistes ?
Un petit suivi…