
Vauréal – canyon et chute
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Samedi. Le premier événement de cette journée de congé fut le lever. Le fait qu’il eut lieu tient presque du miracle. Dans des souffrances sans nom, avec des gémissements, nous quittâmes nos douillets sacs de couchage pour entamer (lentement, très lentement) cette dure journée de congé à la rivière-chute-canyon Vauréal.
Nous prenons même congé les uns des autres. Deux par deux, nous vivons à un rythme calme et agréable. Avec Jean-Pierre, je pars vers le milieu de l’avant-midi vers le canyon Vauréal. En vélo, nous descendons la première et vertigineuse côte qui aboutit dans le lit d’un ruisseau presque asséché.

À l’impossible, nul n’est tenu, et nous abandonnons vite nos montures inutiles pour poursuivre à pieds la longue marche vers la chute, en grappillant quelques fraises et en enjambant (avec succès relatif) la rivière pour faciliter la marche. Ce canyon est splendide avec ses châteaux, ses tourelles, ses portes et ses meurtrières, et ses fossiles presque à chaque pas. Et la chute qu’on attend, qu’on désire, qu’on découvre finalement dans sa splendeur.
Elle est haute, haute, immuable et toujours différente… Nous restons sans voix, mais non sans appétit, puis je descends lentement et prudemment me baigner, peu à l’aise sur les cailloux pointus et dans l’eau glaciale. Le choc est violent, mais moindre que celui de l’eau qui dévale du ciel et qui me fait reculer à une dizaine de mètres de la chute. Je pensais me sécher douillettement au soleil, mais c’est plutôt la pluie qui nous transit, sous le poncho de Jean-Pierre.
Au retour, nous croisons Jacinthe et Roger qui étaient partis du camp de la rivière après la pluie. Ils ont pris du temps, fait du lavage, dîné, et semblent très heureux de ce programme. Peu après, nous rencontrons Marcel et Martine, des cyclistes de Sept-Îles rencontrés à l’Anse-aux-Fraises et à Kalimazoo, qui semblent plutôt découragés. La fatigue et le manque de plaisir les ont plutôt démoralisés. Apprenant ce qui leur restait à marcher, ils choisissent de remonter avec nous jusqu’au campement, en passant par le belvédère Vauréal. Puis ils repartent avec leur camion loué vers Port-Menier.
Jean-Pierre et moi, après une brève sieste, descendons à pieds vers le haut de la chute par le lit de la rivière. Trajet facile, pour un point de vue original et vertigineux. De retour au campement avec une pleine vache-à-eau sur mon vélo, nous préparons le souper. Jacinthe et Roger reviennent cinq minutes plus tard et c’est Jacinthe, sous la supervision attentive et souriante de Roger, qui organise et réussit le feu. Bravo, Jacinthe !
Surprise, nous faisons la vaisselle à la lumière naturelle. Puis une soirée agréable, douce et longue sans longueurs unit breuvages variés (tisane de sapin, etc…), échanges calmes, chants, musique, silence, prière, sous la garde de la lune et des oiseaux sauvages qui nous réjouissent de leur concert. Le bonheur !
Réal



