
Camping Wilcox > Vauréal – 35 km
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Vendredi. Notre cinquième journée sur l’île pourrait être baptisée la journée des catastrophes. Bien entendu, c’est selon l’interprétation de la principale victime qui est en même temps l’auteure de ces pages.

Carleton (Wilcox) devait être notre campement fixe. Cependant, nous nous sommes permis une fois de plus de changer notre programme. En route pour les Chutes Vauréal où cette fois nous établirons vraiment notre campement fixe. Juste avant de partir, nous disons « au revoir » à l’épave du Wilcox, nostalgique vestige d’un naufrage.
Aujourd’hui, nous devions faire une journée plutôt mollo. La distance à parcourir nous semblait assez courte, en comparaison avec celle de la veille. Mais… Dès le départ, j’ai des jambes de plomb. Des côtes, encore des côtes, toujours des côtes. Même la plus petite me fait horreur. Je me traîne, assez loin derrière les autres. En arrivant à la Rivière à la Patate, je prends la débarque de ma vie en descendant une côte. Je suis pas mal sonnée. Ça me prend un peu de temps à me relever, au milieu de mes trois amis inquiets. À part plusieurs bonnes éraflures, je n’ai pas de blessures graves. J’ai cependant fait l’expérience de l’utilité d’un casque protecteur. Sans lui, j’aurais mangé un méchant coup sur la tête.
Étant donné mon état peu glorieux, l’équipe s’arrête immédiatement pour le dîner. Jean-Pierre en profite pour désinfecter toutes mes égratignures. J’ai maintenant des jambes très « séduisantes », comme dirait Roger.
Bon ! Il faut quand même se remettre en route, même si je suis encore étourdie ; les premiers kilomètres sont pénibles. Encore des côtes… Que la route est longue ! Il me semble que mes compagnons sont plus fatigués eux aussi.

Mais le canyon Observation chasse notre fatigue. C’est vraiment à couper le souffle. Nous marchons le long de parois abruptes en admirant la petite rivière qui coule au fond. Bien du travail pour une si petite rivière, nous dit Réal.
Il faut quand même repartir pour Vauréal, avant que le courage ne nous abandonne (le mien, en tout cas !) Juste avant de reprendre la route, nous croisons une famille de Joliette que nous avions rencontrée sur le bateau. Nous échangeons quelques nouvelles, puis ils nous apprennent que Vauréal est à au moins une heure et demie sur une route qui laisse à désirer. Zut !
Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Un peu plus loin, Réal fait une crevaison. Mon dérailleur fait des folies. Ma chaîne débarque. Le porte-bagages de Roger perd des vis. Je sens que Jean-Pierre aussi est fatigué, mais il continue patiemment la route. Des côtes, encore, toujours. Ça finit où ? Qui a dit qu’il n’y en avait presque pas sur l’île ? Terrain plat, qu’ils disaient.
À l’arrivée, la vue des Chutes Vauréal récompense tous nos efforts. Tout simplement splendide et unique ! Notre campement est installé sans trop de difficultés
Jean-Pierre et moi avons le contrat de la préparation du souper. Eh bien, laissez-moi vous dire que c’en est tout un, pas mal compliqué à préparer. Sa réalisation nécessite plusieurs phases de cuisson et nous demande tous les morceaux de notre modeste batterie de cuisine. Nous sommes tout collés, la vaisselle aussi, et nous ne savons plus où déposer nos ustensiles. Mémorable ! Mauvaise surprise, le gâteau à l’abricot est moisi. J’ai fait la fine gueule, j’en ai pas mangé, au grand plaisir de mes compagnons.
La veillée se poursuit tranquillement autour du feu. Jean-Pierre sommeille en essuyant la vaisselle. Nous sommes plutôt amortis. Demain, ce sera une journée de vacances. Après tout, c’est samedi !
Jacinthe






