
Relais Nordik > Havre-St-Pierre
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Dimanche. Avons-nous vraiment dormi ? À 15 ou 20 sur le pont supérieur, installés le moins mal possible, avec l’escale, l’orage électrique, le bateau qui danse, les enfants qui courent, le sommeil a été ce qu’il a été. À 4 h 15, déjà, une magnifique boule orange surgit de l’horizon pour se réfugier dans les nuages. Comme elle, je me recouche vaillamment.
À 6 h 30, nous arrivons à La Romaine. Plusieurs sacs-à-dos, dont le mien, se réfugient dans un conteneur. L’avion accidenté est impressionnant, posé sur les conteneurs. Avec Jean-Pierre, Diane et Roger, ainsi que Daniel et Lucie, deux montréalais qui nous suivent depuis Pistolet Bay, nous visitons l’église amérindienne. Elle est étonnante, simple et ancrée dans les traditions catholiques et autochtones. Événement majeur : le bateau attend Diane, Roger et Jean-Pierre, car Diane a une crevaison et le bateau devance son départ. Ouf ! On a eu chaud.
Au milieu de l’avant-midi, nous visitons Kégaska. C’est charmant. Les rues sont faites de coquillages concassés, ce qui semble efficace. Devant l’église, un monument rappelle trois marins disparus en mer en 1983… Mer belle et cruelle. Puis la pluie recommence tranquillement. À Natashquan, je ne débarque pas, à la grande surprise de mes amis. Ou alors je préfère ne pas mouiller mes chaussures, ou alors je suis fatigué, ou alors les deux. Au retour, on me dit du bien de Natashquan, c’est mieux le jour que la nuit.
Le temps passe et repasse lentement. On lit, on jase un peu, Jean initie des jeux passionnants qui durent très peu, notre journal a un succès fou… La pluie parfois intense se complète de brume, ce qui nous vaut la compagnie de la sirène aux deux minutes. Je préfère d’autres sirènes. Quand est-ce qu’on arrive ? Quand est-ce qu’on mange ? Etc.
Mais toute mauvaise chose a une fin. À l’arrivée à Baie-Johan-Beetz, nous finissons un excellent repas et le soleil brille pour nous permettre de nous dégourdir un peu. Havre-St-Pierre est proche, c’est l’heure du caucus pour coordonner les prochains jours. Un chocolat chaud nous rassemble au salon et l’ordre du jour chargé nous occupe un bon moment. Pendant que brume et pluie reviennent, nous pesons le pour et le contre d’une visite amicale aux macareux et aux monolithes des Îles Mingan.
La nuit tombe. Une éclaircie, un phare : c’est le Havre. Au cœur d’une activité fébrile, nous saluons nos amis du bateau, retrouvons nos autos et les chargeons. Nous nous dirigeons vers notre camping de l’autre fois et nous installons sous les étoiles dans des tentes détrempées. Après une tentative de caucus avortée pour cause de fatigue aiguë, le dodo est décrété et promptement réalisé.
Est-ce la fin de l’aventure ? Demain nous le dira…
Réal
