Blanc-Sablon / St-Barbe

Pour aller au nord, faire du pouce à sept risque fort de nous laisser sur place. Nous nous séparons donc pour vivre des aventures à géométrie variable. En cliquant sur les noms, voyez où et comment nous irons.
Sommaire

St-Anthony > Blanc-Sablon

Jeudi. Le lever a lieu à 7 h. Pour la première fois du voyage, nous nous dépêchons de partir pour nous assurer d’être à temps à St-Barbe. C’est la seule fois où le lever tôt est nécessaire. À 8 h, les vélos sont parés. C’est le temps le plus beau de tout le voyage car nous le prenons pour regarder et sentir ce que nous voyons. Nous passons voir le musée qui est malheureusement fermé. Nous visitons rapidement la ville. À partir de 10 h, deux conducteurs de camions successifs nous conduisent à l’équipe de Diane.

Roger

Pistolet Bay > Blanc-Sablon

La nuit a été fraîche, mais très calme et réparatrice. Jean-Pierre, Diane et moi sommes d’excellente humeur et très en forme. Mais nous savons bien que le pouce est parfois difficile.

À 9 h, nous prenons la route. Il fait frais, c’est confortable pour pédaler, le soleil nous accompagne. Après le chemin de gravier et un petit bout d’asphalte, nous rejoignons la 430. Je roule les yeux rivés sur mon rétroviseur, et nous faisons signe à tous les véhicules qui semblent appropriés. Plusieurs arrêtent, même si souvent il n’en passe qu’un aux 15 minutes, mais aucun n’a assez de place pour nous et nos vélos. Vers midi, de côte en côte, de baie en ruisseau, nous pédalons toujours. Nous nous conditionnons physiquement et mentalement à pédaler jusqu’à St-Barbe (nous prévoyons dîner bientôt) lorsqu’un immense camion-remorque s’arrête juste devant sans que nous n’ayons rien fait. A-t-il des ennuis mécaniques ? Est-il en panne d’essence ? A-t-il été séduit par Diane ? Je m’approche pour étudier le phénomène et je découvre la cause de l’arrêt : une certaine Jacinthe.

Le camionneur qui les avait recueillis peu après St-Anthony nous accueille à notre tour. La joie est totale. Très rapidement (130 km/h) et agréablement, nous nous retrouvons à St-Barbe où, après dîner, discussion et plaisantes retrouvailles, nous prenons le traversier de 14 h 45, direction Blanc-Sablon.

La mer est calme, le soleil brille, la timonerie nous est ouverte, une baleine fait des folies alors que les icebergs ont beaucoup fondu. J’aime être en bateau, tout est parfait… mais nous n’avons pas de nouvelles de Jean et nous avons appris peu avant notre départ que Lyette et Alain ont arrêté à Port au Choix deux jours plus tôt. Où sont-ils ?

Jean nous attend au quai de Blanc-Sablon en sautant de joie. Arrivé hier après un voyage difficile sur le pouce, il a troqué sa tente pour un « bed & breakfeast » à l’Anse-au-Clair, premier village du Labrador. Il déborde de joie.

Après quelques formalités, nous nous dirigeons vers un camping qui domine Blanc-Sablon, la baie et la région. Il y coule une jolie et délicieuse cascade, il y a de la neige, des bécosses, des balançoires, des tables à pique-nique, et nous soupons allégrement dans une mer de maringouins voraces.

Après le souper, surprise, le traversier revient. Lyette a-t-elle soudoyé le capitaine ? Roger et Jean-Pierre vont enquêter. Jean nous quitte pour son gite. L’attente se prolonge… À la brunante, nos enquêteurs reviennent bredouilles : le bateau suspect est disparu, Lyette reste introuvable. Énigme…

Sur ce mystère impénétrable, chacun se dirige vers ses quartiers de nuit. Il est 22 h (T.N.) ou 20 h 30 (Qc). Il ne fait pas noir. Demain, nous irons peut-être à Red Bay, et nous nous reposerons sûrement. Bonne nuit.

Réal

Brig Bay > St-Barbe

Jeudi. Le réveil a lieu relativement tôt grâce au soleil qui augmente de minute en minute la température ambiante dans la tente. Objectif de la journée : atteindre St-Barbe et rejoindre le groupe (?). On doit tous prendre le traversier le 19.

Avant le départ, Alain en profite pour compléter son herbier photo et se régale d’une talle de cypripèdes jaunes, l’œil rivé à son appareil photographique.

En route ! On croise un « pond ». Une saucette pour le plaisir et pour le débarbouillage s’impose. Un rasage à froid, sans miroir, bravo, Alain ! On déjeune ensuite en se faisant sécher au soleil, tout en regardant les poissons sauter pour attraper les mouches. Yé pour les poissons !

On poste les dernières cartes postales. On redémarre. Bon vent, bonne route, St-Barbe en vue. Vu l’heure, on décide de pousser un peu plus loin pour observer les glaciers plus au nord. On aperçoit le traversier qui quitte pour Blanc-Sablon. Demain, ce sera à nous de l’emprunter. Pour l’instant, on vise Anchor Point. On dîne sur les marches d’une chapelle anglicane en observant la silhouette de glaciers au large. Le soleil est toujours au rendez-vous, le vent aussi, alors on reste très loin des 32° de Montréal (même heure, même date).

On rentre tranquillement à St-Barbe. On s’informe des heures du traversier pour demain lorsqu’on remarque un message à notre intention. Eh oui, déconfiture passagère, le groupe est déjà à Blanc-Sablon. Déception, car on se faisait une joie de se retrouver tous ensemble… Plan changé, message mal compris ? On se remet de cet imprévu en soupant au resto St-Barbe. Sympa. Morue qui fond dans la bouche. En placotant avec des gens de Ville Lasalle, on apprend qu’ils retournent vers Deer Lake demain matin. Le fameux pouce, enfin, est trouvé. Ce facteur de stress éliminé, Alain semble détendu, confiant de prendre l’avion tel que prévu, même s’il est un peu déçu de n’avoir pu saluer le groupe avant son départ.

Allez hop, au dodo. On se lève tôt demain matin. Lui part pour le sud de Terre-Neuve (Deer Lake) et moi pour l’ouest (Blanc-Sablon). Espérons que la mer sera douce pour moi comme le voyage l’a été dans l’ensemble. Tourlou.

Lyette xx