
Brig Bay > Eddies Cove West – 51 km
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Dimanche. Je reprends le flambeau pour décrire une autre belle journée, à la lueur du soleil couchant et du feu sur le bord de la grève construit à l’aide de cinq ou six garçons de 7 à 13 ans vivant à Eddies Cove West, notre lieu de repos pour la nuit. Mais allons-y par ordre chrono !
On s’était promis une nuit sans contrainte de temps et c’est ce qu’on a fait, avec un lever éparpillé, tout en douceur, au rythme de chacun. Roger se trouve un bain, à sa bonne habitude, mais quel vent frisquet ! Tour ce qu’il faut pour réveiller la compagnie ! Réal est déjà sur sa bicyclette, pour se réveiller ?
Diane, faisant lecture de l’Évangile du jour, mentionne avec St-Paul que « nos faiblesses sont en réalité nos forces ». Le déjeuner, omelette et pain au cheddar, achève de nous réconcilier avec une journée splendide. Atelier vélo pour mise au point, au poil ! Aux alentours de 13 h, heure locale, incroyable mais vrai, départ.
On roule bon train, agréablement. En pleine descente, un « Pow ! » retentissant, mon pneu avant éclate, déséquilibre, redressement, mon équilibre instable ( ! ) me permet (eh oui) de rester sur mon vélo. Stopper en pleine course avec deux cents quelques livres1 (mon poids inclus, évidemment) en mouvement et sauver le tout (coudes et genoux inclus) n’est pas évident. On répare, on repart.
À la rivière aux Castors où, nous dit-on, on voit souvent sauter les saumons qui remontent, on dîne en bonne compagnie. Un habitant des lieux nous accueille bien, nous offre même le café. La voisine, avec un accent réjouissant, ne peut nous offrir de remplir nos gourdes car son système de plomberie, de tuyauterie, est gelé. Elle croit qu’il devrait dégeler d’ici la fin juillet… On se régale d’un pain au millet et aux noix à la mode Roger. Sans égal à ce jour.

Et on repart. On longe la côte avec les falaises enneigées en enfilade d’un côté et la mer de l’autre. Les glaciers nous ont quittés, semble-t-il. On bronze allégrement, trop au gré de Diane et de Réal qui doivent se tartiner généreusement joues et bout du nez avec le «Zincofax» de Jean-Pierre.
Vers 17 h ou 18 h, on commence à se dire qu’il faudrait se trouver un campement, Après maintes tergiversations de tou(te)s et chacun(e), on s’établit à Eddies Cove West, petit village charmant. On nous offre un champ face au quai. Les vaches nous passent sous le nez. Quel sans-gêne, quand même… se disent-elles peut-être, car c’est bien leur place, après tout. On apprécie l’hospitalité régionale. On retrouve même le monsieur (avec son père de 78 ans) qui avait donné de l’eau à Jean-Pierre et Roger hier. Quelle coïncidence de se revoir ici !
Le camp se monte en deux temps trois mouvements. Le souper est mené de façon expérimentée par Diane accompagnée de Jean-Pierre. On mange avec appétit. J’apprécie particulièrement que le vent (le froid) nous épargne ce soir. La preuve, je porte encore mes «shorts» au moment d’aller dormir.
Avant le coucher, on a droit à un magnifique feu, comme mentionné plus haut. C’est un instant privilégié pour moi, malheureusement un peu abrégé car je prends le temps de téléphoner à Alain qui se dit un peu fébrile avant son arrivée à Deer Lake. On discute, on revit quelques événements de la journée. Les moments forts, cocasses, imprévus, sont goûtés à nouveau. Les inévitables moments de frictions et de tensions sont mis de l’avant pour permettre à tous de bien les vivre. N’oublions pas le premier anniversaire de Roger et Jacinthe. Que de partage depuis un an. On est heureux pour eux. Ils nous livrent un beau témoignage de leur cheminement et nous reflètent la part que chacun des membres du groupe y a pris. Célébration autour des textes du jour, de St-Paul (nos faiblesses sont en réalité nos forces) en particulier. Finalement, on se retire dans nos tentes. Le repos des guerriers, quoi. Les « lambineux » et les « placotteux » se couchent vers 1 h 30. Ouf ! Diane se paye le luxe d’un mal de mer à retardement.
Bonne nuit quand même. Tourlou à tous.
Lyette

- 200 lbs : 90 kg ↩︎
