Dépasser les obstacles

On va où ?

Parc du Lac Témiscouata >  St-Honoré-de-Témiscouata – 61 km
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Mardi. Nuit excellente, fraîche et sèche, comme prévu. Ciel constellé d’étoiles, mais le village de Cabano éclaire assez pour ne pas avoir besoin de la frontale dans ma tente. Au matin, il ne fait que 13° dans la tente, mais le ciel est parfait. J’examine les cartes pour décider du programme de l’avant-midi. À 8h, je suis sur mon vélo, mais je laisse l’essentiel de mon bagage au camping.

Je prend la route d’accès qui monte doucement dans une vallée. Elle est lisse, parfaite, puisqu’elle est fermée en hiver. Je n’y croise que quelques véhicules SÉPAQ, dont celui de M. Jean, capitaine de la navette. Après 9 km, je prends à droite. Il y a une bonne descente, puis une abrupte montée, mais je n’ai pas à me rendre en haut maintenant puisqu’il y a le stationnement pour la boucle de la Montagne du Chert, mon objectif pour tout de suite.

C’est une jolie balade en forêt, mais presque sans points vue. Il y a un petit belvédère, puis on devine le Grand Lac Touladi à travers les branches, mais sauf par une fugace éclaircie il faut se contenter d’une belle marche avec à l’occasion un peu de boue.

De retour à mon vélo, je prends la route vers l’entrée St-Juste. Je termine la montée à 13%, suivie d’une descente à 17% et de quelques autres autour de 15%. Ça descend vite, avec une pointe mesurée à 66 km/h ! Après un pont sur la Rivière Touladi, je dois prendre à droite. Surprise ! Sur 6 km, je roule sur du mauvais gravier, avec des côtes ravinées et de la planche à laver. Ça brasse ! Seul réconfort, quelques framboises juteuses.

Toute mauvaise chose a une fin – je l’espère, et c’est le cas ici. Un pont suspendu, qui se marche mais est trop étroit pour se croiser, retraverse la Rivière Touladi. Ensuite, je retrouve une bonne piste cyclable en poussière de roche qui me ramènera au camping.

Après une petite pause près d’une anse, mon vélo émet un fort bruit métallique. Qu’est-ce que c’est ? Diagnostic : le frein avant. Je n’ai que ma pompe, des rustines et mes mains, le reste est dans la tente. Je mets mon vélo à l’envers sur une table, puis je démonte les étriers avant. Le ressort qui éloigne les plaquettes du disque est tout tordu, et les plaquettes sont grugées. Ces dernières me servent d’outil pour plus ou moins redresser le ressort, je peux tout remettre en place et rouler en sécurité. Ouf !

J’avais envisagé revenir sur mes pas pour prendre l’autre traversier, il n’en est plus question. Je réserve un passage sur la navette, je prépare mon matériel en vitesse et je suis au quai 10 minutes avant le départ, à nouveau en compagnie de M. Jean. Toutes les places sont occupés, mais le lac est plus tranquille qu’hier. Traversée à nouveau très plaisante.

En arrivant à Cabano, je prends enfin le temps de manger avant de repartir sur la piste, toujours très agréable.

Devant moi, un cycliste chargé que je rattrape à l’ancienne gare. David est venu d’Ottawa à vélo, mais il vient de faire un mauvais détour sur des routes de gravier sans aucune indication puisque la piste est fermée à St-Honoré. Il se reposera ce soir au Parc. Plus loin, une affiche orange confirme la fermeture et annonce une navette du jeudi au lundi. Nous sommes mardi, la planification du chantier est clairement déficiente. 

Arrivé sur place, c’est le cul-de-sac : une solide barrière et aucun détour proposé. Il faut trouver une solution. J’appelle d’abord le numéro sur l’affiche : répondeur, pas de retour d’appel. Ensuite, la ligne d’aide du ministère des Transports. Me suis-je trompé siècle ? Ils ne s’occupent pas de vélo (ce n’est pas du transport ?) sauf, visiblement, pour fermer des pistes. La préposée me donne le numéro de la municipalité : le répondeur me souhaite de bonnes vacances. Étape suivante : la SQ, police provinciale. Eux sont efficaces : un agent posté à Cabano me rappelle rapidement, il me fait préciser ou je suis et vient me rejoindre. Il arrive en même temps qu’une camionnette de l’entrepreneur. Bingo !

C’est Carl, un superviseur, qui m’amène avec mon vélo de l‘autre côté du chantier. Il n’y a pas de détour suggéré car il faudrait passer sur l’autoroute, ce que font les cyclistes quand il n’y a pas de navette. Petit suivi à prévoir…

La fin du trajet d’aujourd’hui est sans histoire. Personne sur la piste, ça monte tranquillement pas vite, une petite cascade égaie le chemin. J’attends le prochain site favorable.

Il est là : une table, des plateformes de tente, un foyer, et un autre cycliste, Simon, de Rimouski. C’est son premier voyage à vélo mais il est un randonneur aguerri. Demain, il ira au Parc du Lac Témiscouata. Beau programme, je peux lui fournir quelques indications pratiques pour passer la barricade. 

Comme il y a quelques moustiques, nous ne veillons pas tard. J’écris le journal, j’appelle mon frère et à 22h15 c’est prêt pour dormir, avec le chant du ruisseau tout près et un ciel constellé d’étoiles qui fêtent la Voie Lactée. Demain, déjà, dernier jour de cette courte aventure.

Dans le Parc
km jour : 30,5
km total : 263
départ / arrivée : 8 h 00/ 13 h 45
temps de trajet : 2:19
vitesse moyenne : 13,2
vitesse maximale : 66

Cabano (navette) > St-Honoré-de-Témiscouata
km jour : 30,8
km total : 293
départ / arrivée : 14 h 15 / 18 h 15
temps de trajet : 2:22
vitesse moyenne : 13,0
vitesse maximale : 24