
Lac Témiscouata (Dégelis) > Parc du Lac Témiscouata – 35 km
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Lundi. Les bruits de la nuit ont été multiples : les vagues et le vent se sont effacés, les huards ont chanté de temps en temps, et vers 1h une solide averse s’est mise à tambouriner sur la tente, heureusement toujours étanche malgré les années. Vers 7h15, l’équipe d’entretien m’a réveillé en faisant un peu de ménage. Elle est efficace, les installations sont exceptionnellement propres.
Je m’organise tranquillement, la tente est assez sèche quand je débute ma journée de vélo vers 8h30.
C’est frais, avec un mélange soleil et nuages et un solide vent du nord-ouest qui souffle dans ma face. Comme je ne vais pas loin aujourd’hui, aucun problème. En revanche, je garde ma veste pendant tout le trajet.

Entre le lac et la montagne, cette partie de la piste est magnifique. Comme il n’y a pas de route, il n’y a aucune construction ; surtout, une succession de tranchées creusées à la dynamite et de ponts offrent de superbes points de vue. Évidemment, c’est encore assez tranquille puisqu’il est tôt.
Après quelques kilomètres, il y a un chapelet de chalets tout au long de la berge puisqu’il y a une route. C’est moins sauvage, malheureusement.
À Notre-Dame-du-Lac, le premier village, j’arrête au quai du traversier que je prévois prendre demain. Plusieurs chalets plus loin, j’arrive à Cabano, où je prendrai une navette vers le parc. Après un arrêt à l’épicerie, j’appelle pour réserver mon passage. Comme je suis 10 minutes en retard pour celui de 10h45, je prendrai le suivant, à 13h15. J’ai donc le temps de me balader le long de la berge – un homme est en planche à voile, les conditions sont excellentes. Je reviens vers le parc pour m’installer à l’ombre et à l’abri du vent pour écrire un peu jusqu’à l’heure du repas.

J’arrive au quai du traversier une bonne demi-heure en avance. Malgré le vent froid et quelques gouttes, c’est vraiment joli. La navette l’Épinoche est un gros ponton aménagé avec un toit souple, des supports à vélo et des banquettes toutes occupées. Jean, le capitaine, nous avise que ça pourrait brasser avec le vent et les vagues, mais c’est finalement plutôt facile.
Mon voisin est très sympathique et intéressant. Jean-François est en vacances en famille – avec sa femme et trois filles de 5 à 13 ans – mais sa voiture est en réparation pour deux jours à cause d’un problème de freins collés. Il vient de la laisser au garage et rentre au camping à vélo. Il a hâte de la changer mais ils viennent de faire des travaux majeurs et urgents à la maison. Il garde un excellent moral, la traversée passe vite.

Tout près du quai, il y a un poste d’accueil. Comme je suis à vélo, je n’avais pas à réserver et j’ai une place garantie. Les sites « Bienvenue cyclistes » sont à environ un kilomètre, au bout d’un chemin de gravier et près d’un ancien quai. C’est parfait : il y a des tables, une super toilette sèche, une armoire en métal à l’abri des animaux gourmands et une jolie plage.

Je m’installe mais renonce à la baignade : c’est pas chaud. En revanche, il y a le sentier de la Montagne-du-Fourneau qui semble intéressant. Cette boucle de 5,8 km monte en forêt jusqu’à un spectaculaire point de vue. C’est ravissant… et ça fait changement. J’y croise Jean-François et ses deux plus jeunes, mais avec une poussette il a renoncé, une excellente idée.
Au retour, une petite averse m’accueille. Quand elle se termine, je fais un aller-retour à vélo vers ma tente pour pouvoir enfin prendre une douche, qui s’impose après ces quelques jours. Le bloc sanitaire est assez loin dans le camping. En y entrant, j’ai une question et l’homme qui y répond a de la conversation. Il a 10 ans de plus que moi mais reste passionné de randonnée malgré les limites qui s’installent. Il est aussi passionnément en opposition au gouvernement du pays voisin – il n’est pas le seul. Après la douche, une autre averse passe. Une famille avec deux très jeunes fils est à la vaisselle, c’est à nouveau une belle rencontre.

De retour au camping, c’est l’heure de cuisiner, d’admirer le coucher du soleil et de rentrer sous la tente vers 20h45. Un peu d’écriture alors que la noirceur est tombée, et je me prépare pour une nuit froide sous un ciel dégagé – pour le moment -, à nouveau bercée par les vagues toutes proches. Vive la nature !
km jour : 36,8
km total : 232
départ / arrivée : 8 h 30 / 11 h 00
temps de trajet : 2:41
vitesse moyenne : 13,7
vitesse maximale : 32


























