Du lac au fleuve au lac

Lac Témiscouata, près du camping improvisé

Pohénégamook > Edmundston > Lac Témiscouata (Dégelis) – 125 km
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Dimanche. Finalement, les trains aussi se reposent. J’ai donc pu dormir sans eux. Je m’éveille vers 5h, après une bonne nuit. Un coup d’œil sur la météo prévue me convainc de ranger mon campement sans attendre que la tente ne soit mouillée. Elle ne reçoit que quelques gouttes. À 6h, je prends la route sous un ciel bien gris, mais sans la pluie qui reste plus au nord. 

Si tôt un dimanche matin, c’est vraiment tranquille. Petite pause pour la crème solaire et un plein d’eau à Rivière-Bleue, le premier village. Je longe longuement le bien nommé mais rarement visible Lac Long.

Ce n’est pas un pays riche, comme attesté par des maisons souvent décrépites et parfois abandonnées. Après 40 km, j’arrive au Nouveau-Brunswick et la route est désormais numérotée 120.

Le premier village est Lake Baker, lieu de villégiature. Le grand lac, environné de montagnes, est magnifique, et les maisons clairement plus luxueuses.

Quelques bonnes descentes – entrecoupées de montées, quand même – me mènent au fleuve Saint-Jean, un des principaux cours d’eau de la province. Nous sommes loin de l’embouchure, mais il est déjà majestueux.

Étonnamment, il fait presque beau, avec de bonnes percées de soleil. Comme la circulation est plus dense sur une route pas vraiment large, j’allume mon feu rouge clignotant. 

En entrant à Edmundston, un homme m’interpelle. Ayant déjà participé au GDPL, Patrick reconnaît mon maillot. Sympathique rencontre entre cyclistes. Je rejoins la piste cyclable vers 11h50 – 12h50 heure du Nouveau-Brunswick. Comme j’avais vérifié d’avance la configuration des lieux, je me repère facilement.

J’arrête pour un petit pique-nique. Un garçon d’environ 12 ans se joint à moi : Yahya est passionné de vélo et très serviable. Il me parle de quelques aventures sur deux roues – un voyage d’Edmundston à Montréal avec son père, et un accident sérieux duquel il est sorti blessé avec un vélo détruit. Il me guide vers l’épicerie, puis nous reprenons nos routes respectives. 

Près de la ville, les vélos sont assez nombreux, presque tous électriques et conduits par des retraités, mais bientôt je suis presque seul. La piste de poussière de roche qui longe la rivière Madawaska et l’autoroute est facile – c’était un chemin de fer -, mais je garde un œil sur la météo et le ciel.

Quand l’averse arrive, je suis installé à une table de pique-nique couverte, le luxe. Robert, un homme du coin en vélo électrique, se joint à moi pour profiter de l’abri. Une autre agréable rencontre qui se termine quand le soleil se met à briller de tous ses feux dans un ciel bien bleu. L’averse a quand même duré une heure.

Peu après, je suis de retour au Québec. La piste aux longues lignes droites a quitté la rivière mais pas la bruyante autoroute. Le premier village est Dégelis. J’y fait le plein d’eau et regarde la météo : dans un peu plus d’une heure, une autre averse s’annonce. Aux abris ! Après 20 minutes, je trouve le site parfait : loin de l’autoroute, près du Lac Témiscouata avec plage de galets, table protégée, espace plat pour la tente, que demander de plus ?

Je mange, j’explore un peu, et la pluie commence à la minute prévue. C’est le temps de rédiger le journal en tout confort et bien au sec, accompagné par le chant des huards.

Après la pluie, je retourne évidemment au bord du lac, puis il est temps de monter la tente, de ranger le campement et de m’installer pour la nuit.

À 20h30, je suis dans mon fidèle abri de toile, avec comme environnement sonore le doux bruit des vagues sur les galets. Loin des routes, des trains et des autres machines, on est si bien !

km jour : 122,9
km total : 195
départ / arrivée : 6 h 05 / 17 h 15
temps de trajet : 7:43
vitesse moyenne : 15,9
vitesse maximale : 56