Western Brook Pond 2

Western Brook Pond
Sommaire

Jeudi. Lever au bout de l’étang Western Brook. Je ne dis pas que le soleil se lève car l’existence de cette mystérieuse créature est de plus en plus remise en cause. li pleut. Il pleut. Il pleut. Certaines éclaircies laissent croire que le temps va changer mais la pluie revient toujours de plus belle. Quoi faire aujourd’hui ? En fait, il n’y a pas d’activités communes comme tel, chacun occupant sa journée comme il l’entend. Quatre grands types d’activités ont lieu aujourd’hui : le dodo dans la tente, les escapades dans la nature, l’organisation du camp et les prises de décision en groupe.

Le dodo dans la tente est l’activité type du couple Alain / ­Lyette. Ça dort, ça dort, ça dort, on se demande s’ils sont toujours dans la tente ou s’ils ne sont pas plutôt partis dans la nature. Ils semblent avoir un horaire particulier car on les surprend à dîner dans l’heure qui précède le souper.

L’escapade dans la nature est typique de Réal. Tôt le matin, il part avec Jean-Pierre escalader une cascade. Tous deux explorent une caverne de glace dans laquelle ils peuvent se tenir debout.

Dans l’après-midi, Réal repart, avec Jacinthe et Roger cette fois. lis explorent une cascade à nulle autre pareille. L’escalade est telle qu’ils montent à l’intérieur du nuage et ne voient même plus le bas de la montagne.

Roger continue à faire des efforts indescriptibles pour convaincre Jacinthe qu’elle est la plus belle fille du monde, plus belle encore que les montagnes de conte de fée qui les entourent.

La dernière escapade à souligner est la fameuse partie de golf dans la tente entre Jean, Diane et Jean-Pierre. Il semble que Jean-Pierre est le premier à réussir ses 18 trous.

L’organisation du camp est marquée par deux activités particulièrement coriaces aujourd’hui : l’allumage du feu et le séchage du linge. Quel plaisir de faire un brasier avec un tas de branches détrempées ! Pour augmenter le niveau de plaisir, deux feux différents ont été allumés. Si certains aiment manger du jambon ou des saucisses fumés, ici nous avons droit aux vêtements fumés.

Dans l’abri sous roche où se trouvent les feux, la corde à linge est tendue directe­ment au-dessus des feux. Les bottines à l’envers accrochées sur une branche, c’est bien sûr la technique la plus efficace même si le dessous des bottines arrive directement sous le nez de Réal.

La décision sur l’heure où l’on quittera le site est sans contredit le défi le plus ardu à surmonter. À 13 h, le bateau ne vient pas. Il ne vient pas non plus à 14 h. Il vient à 15 h, mais seuls Réal, Jacinthe et Roger l’ont aperçu du haut de la montagne. Voulons-nous rester une journée de plus, OUI ou NON ? L’énigme a été résolue par Diane qui a brillamment affirmé sa personnalité. Elle a dit contre vents et marées qu’il fallait profiter une journée de plus du plus beau site du voyage.

La prise de décision a coûté quelques désagréments, comme par exemple de tout démonter le camp pour être prêts à l’arrivée du bateau, transporter les bagages au quai, charger les bagages dans le bateau, discuter avec le capitaine, décider aussitôt de rester sur place, décharger le bateau, ramener les bagages où ils étaient dans la demi-heure précédente, remonter les tentes et finalement déguster le souper préparé par Lyette et Alain. Que d’aventures pour décider de ne rien faire et de rester sur place !

Il pleut, il pleut, il pleut. C’est sur ce même thème que la journée se termine après une brève soirée autour d’un feu difficile à garder en vie, pendant que Lyette et Alain dorment toujours dans la paix d’un paradis détrempé.

Roger