Île Quarry 2

Île Quarry
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Vendredi. Toute cette journée se fait sous le signe de la fête dans la féerie de l’île Quarry. Comme nous sommes encore fatigués de la demi-nuit sur le bateau, le lever se fait plus tard qu’à l’habitude. Avec des mains de maîtres, Louise et Alain cuisinent des omelettes assaisonnées des multiples manières. Sitôt le déjeuner terminé, Jacinthe et Louise inventent un instrument de musique avec le foyer pour le feu et quelques et quelques morceaux de bois. C’est une batterie de percussions aux sons variés. Plusieurs d’entre nous improvisent donc un surprenant concert de percussions et de voix dans un rythme endiablé.

Dès que chacun est prêt, nous entreprenons le grand tour de l’île en suivant la grève. Le temps est ensoleillé et venteux. Nous passons notre temps à nous émerveiller devant la flore, la faune et la géologie de l’île. Les arrangements de fleurs et de rochers surpassent de beaucoup tout ce que les paysagistes montréalais auraient pu imaginer. Ici, la force de la vie est si puissante que les fleurs arrivent à pousser sur des pierres presque dénudées de terre. Les escargots et les huîtres peuplent le sol que nous foulons. Nous rencontrons plusieurs monolithes et nous explorons les débuts de «grottes» creusées dans les rochers par l’érosion. Trois carcasses de bébés phoques (probablement) sont trouvées sur la grève. La force des vagues est particulièrement impressionnante, surtout quand deux courants opposés se rencontrent à une pointe de l’île. Bref, on pourrait prendre plusieurs pages pour décrire ce que nous avons observé.

La journée n’était cependant pas sans action. Nous avons construit un totem avec des roches en forme de briques. Plusieurs ont ramassé et gardé avec eux les objets qui les fascinaient le plus. Plusieurs chants ont ponctué la journée. Un petit groupe a bien ri de Jean-Pierre en lui demandant de porter une roche apparemment très lourde. Cette roche était en réalité de la styromousse. Vers la fin de la randonnée, la gang se divise en deux. Alors que certains complètent le tour de l’île, d’autres piquent à travers par le sentier aménagé.

Nous entamons donc la préparation et la dégustation du souper : fettucini aux crevettes suivi d’une fondue au chocolat. Il faut dire que nous sommes affamés à la suite d’une grande journée de marche. Nous avons l’air d’une gang de goinfres en avalant la fondue au chocolat en vitesse accélérée en utilisant des mains toutes beurrées. Il faut dire que certains malins se sont amusés à enduire les mains des autres de chocolat. Résultat : nous sommes bien repus et les fonds de plats sont même difficiles à finir. La soirée se poursuit par la traditionnelle vaisselle et la longue préparation de la soirée. Certains préparent en secret la fête de Jean-Pierre, d’autres tentent de faire un feu potable au grand vent, d’autres prennent un temps de repos ou une marche.

Nous débutons donc le feu de camp marqué par les festivités de l’anniversaire de Jean-Pierre. Au son du « Mon cher Jean-Pierre », nous remettons au jubilaire une tasse de gamelle remplie de chocolat de fondue surmonté de chandelles qui n’ont jamais pu être allumées. Jean-Pierre reçoit ensuite son cadeau bien enveloppé et décoré d’un chou « scout ». C’est une casquette de Havre-Saint-Pierre et un laminé représentant un macareux. Réal, Jacinthe et Roger entonnent ensuite un chant qu’ils ont composé pour la circonstance. Le texte suit ci-dessous. Après le petit mot de Jean-Pierre, la soirée se poursuit dans les chants et la musique pour se terminer par la prière communautaire.

Roger

Ne te fie pas aux apparences, tu es vraiment unique,
Pendant le temps de nos vacances, tu as été magnifique,

Merci, merci, Jean-Pierre, de tant nous aimer,
Pour ton anniversaire, chacun te dit : «Je t’aime», je t’aime, je t’aime !

Le photographe infatigable, le cartographe zélé,
Toujours vaillant et serviable, est un ami adoré,

Chef cuisinier improvisé, pêcheur désespéré,
Pour des repas bien planifiés, on a été très gâtés,

Tu nous as bien organisés, tu avais tout étudié,
On t’a suivi sur les sentiers, ton rêve nous a entraînés,

Observateur, conciliateur, si proche, pourtant discret,
Tu as été un vrai leader, tu as bâti notre paix,

Tout en douceur, persévérant, et toujours étonnant,
Avec Diane, ton âme-sœur, tu nous ouvres grand ton cœur !

Voyez la vidéo tournée quelques années plus tard, après l’ajout du dernier paragraphe.