Camping Wilcox (grotte à la Patate)

Rivière à la Patate > Camping Wilcox (grotte Patate) – 10 km
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Lundi. Le magnifique panorama du canyon de la Rivière à la Patate s’ouvre à nos yeux dès le début du jour. La Providence nous comble aussi d’un autre cadeau : il y a absence totale de soleil pour brûler notre peau. La routine du matin se fait comme de coutume et les céréales chaudes onctueuses portent bien leur nom.

Jacinthe se surpasse particulièrement dans la couture de deux nouvelles « patchs » sur les culottes de Roger. Quel art ! Le chaudron ayant servi au déjeuner (c’est-à-dire le seul chaudron du camp) vit une histoire mémorable ce matin-là. D’abord, il subit des grafignes innombrables dans le but de décoller les restes du déjeuner légèrement brûlé. Tous les objets disponibles participent au décollage : torchon, terre, morceaux de bois, coquilles d’escargots et cailloux. Le chaudron est relativement propre après sa demi-heure de frottage. Il faut ensuite préparer les casques de spéléologie. Ceux qui possèdent des casques de vélo fixent leurs lampes frontales dessus. Roger, par contre, doit utiliser le chaudron comme casque, rembourré par un ensemble de sacs vides : efficacité étonnante.

Nous marchons les deux kilomètres qui nous séparent de la caverne à la Patate. Le matériel de camping reste derrière nous.

L’entrée de la caverne est immense. Le début du trajet est parsemé d’immenses salles faciles à rejoindre. Réal découvre rapidement une crevasse dans un mur et part à la découverte d’une salle inattendue. L’exploration se poursuit par un corridor avec un plafond de plus en plus bas.

Le plancher, qui était à peine humide au début du trajet, devient graduellement un véritable ruisseau où l’eau glaciale coule entre nos pattes. Alors que de simples pas ordinaires suffisaient à nous faire avancer au début, il faut graduellement se pencher, se mettre en petit bonhomme, être à quatre pattes, et même ramper dans l’eau boueuse. Les plus petits s’en donnent à cœur joie (Jacinthe), alors que les plus grands (Réal) ont plus de peine à transporter leur carcasse. Chaque technique de marche est baptisée : le canard, la salamandre, le bébé de un an, et j’en passe. Le plus difficile est hors de tout doute l’eau glaciale dans laquelle nos mains trempent constamment.

Malheureusement, Jean-Pierre décide de nous abandonner en chemin, alors que nous sommes près d’arriver. Au retour, Roger, qui ouvre la marche, aperçoit la lueur d’une lampe au bout du tunnel.

– Jean-Pierre, est-ce que tout va bien ?

– Je ne suis pas Jean-Pierre, je suis Daniel. Toi, comment tu t’appelles ?

– Je m’appelle Roger Laroche.

– Aie, tu m’niaise. C’est quoi ton nom, pour vrai ?

– Je suis réellement Roger Laroche.

Il s’agit de deux touristes avec qui nous avons une conversation très agréable.

Une pluie torrentielle nous attend à la sortie de la caverne. C’est une agréable surprise, car nous étions justement mouillés et gelés. Nous prenons donc le dîner sur place, profitant ainsi de l’abri de la caverne. Le retour au campement se fait sous le signe de la pluie et des grands vents dont nous avons l’impression qu’ils pourraient nous emporter. Heureusement, deux magnifiques castors nous saluent en chemin et se dandinent à quelques mètres de nous. Nous prenons le temps de les admirer.

L’arrivée au campement est pour le moins surprenante. Un puissant vent déferle sur les tentes et l’équipement. Quelques piquets de tente sont arrachés, deux isolants et une casquette sont perdus. L’empaquetage se fait dans un temps record et nous prenons la route pour Carleton où nous prévoyons aller souper au restaurant. Dès l’arrivée au restaurant, il y a l’opération « dégustation du sucre à la crème » présenté sur le comptoir, suivie de l’opération « mise au sec ». Nous tentons de revêtir notre linge le plus beau pour être présentables. La serveuse nous offre de laver notre linge sale et nous acceptons rapidement l’invitation.

Et c’est le grandiose souper de fruits de mer, accompagné d’un bon vin blanc. C’est une occasion unique de rencontrer des touristes et de faire du « lobbying » pour trouver un « lift » pour demain. Après le long souper, nous nous rendons directement au camping Wilcox pour monter le camp et se coucher. Comme le veut la tradition, le coucher est précédé de la prière en groupe, simple et spontanée.

Roger