
Port-Menier > Baie-Sainte-Claire – 20 km
Sommaire
Lundi. C’est Réal qui, naturellement, se lève le premier avec un goût irrésistible de visiter les environs. Jean-Pierre et moi l’accompagnons dans une petite tournée de reconnaissance. Comme c’est inévitable avec Réal, notre première expérience « flyée » consiste à rouler en vélo (sans bagages, heureusement !) dans l’eau, près du quai de Port-Menier. À cet endroit, le fond est rocheux et l’eau relativement peu profonde. Il est possible de faire une assez longue distance, et c’est très agréable.

Vers midi, les estomacs se rassasient au bord d’une splendide falaise. Ça fait du bien de manger ! Certains estomacs semblent ne pas avoir de limites. Roger, par exemple, qui s’offre toujours à finir les plats.
Puis, en route ! Les vélos sont maintenant prêts pour affronter le trajet, chargés comme des ânes. Petit arrêt à Port-Menier pour vérifier si tout est au point. Dernier contact avec la civilisation.
Les vélos sont difficiles à manœuvrer lorsqu’on n’est pas dessus. Cependant, nous constatons qu’une fois en selle le trajet s’effectue très agréablement. La route est belle, ça se pédale très bien. Il y a très peu de dénivellation, ce qui dans notre cas offre un certain avantage.
Notre destination, Baie-Sainte-Claire, est à la pointe ouest de l’île. L’équipe décide de faire un détour par l’Anse-aux-Fraises. On n’a pas le temps, mais il parait que c’est tellement beau. Alors, en route.

Effectivement, l’Anse-aux-Fraises offre un spectacle assez saisissant. Les restants de quelques constructions et un cimetière apparaissent au milieu d’une prairie qui ondule avec le souffle de la mer. La lecture des pierres tombales du cimetière nous apprend que la vie n’a certainement pas été facile pour les gens d’ici.
Réal et Jean-Pierre sont très intéressés à aller jusqu’à une falaise à l’autre bout de l’anse. On n’a pas tellement le temps, mais… Ça serait tellement le fun. Alors nous voilà rendus au pied d’une falaise qui offre deux attractions particulières: une collection inestimable de fossiles et une petite cascade rafraîchissante, pour ne pas dire glaciale. Chacun y va d’une petite saucette sous le filet d’eau glacée. Ça… ravigote!
Il serait vraiment temps de prendre le chemin de Baie-Sainte-Claire. Le trajet s’effectue relativement vite, sauf la traversée d’un ruisseau qui me vaut quelques écorchures.
Baie-Sainte-Claire possède aussi ses maisons abandonnées qui donnent une allure fantôme à la place. Le paysage est vraiment merveilleux. Surprise ! Un impressionnant troupeau de chevreuils nous attend. Roger entreprend d’en faire le décompte. Depuis le matin, il compte tous ceux qu’il rencontre. Combien, Roger? Trente? Trente-cinq?

Le campement est installé rapidement, et le souper préparé non moins rapidement par une équipe efficace. Là, je commence à être un peu fatiguée. Mais il me reste encore tant de choses à dire. Voilà, en vrac, garrochés, les souvenirs qui me restent de cette fin de journée.
– L’acharnement de Roger à bâtir un feu à l’abri du vent, à grands renforts de bancs, tables, panneaux de bois, empruntés à une maison abandonnée.
– La première pêche – infructueuse – de Jean-Pierre, au Lac à la Marne.
– Réal, infatigable, qui part après souper faire un autre petit trajet de vélo. Je l’accompagne, question de me réchauffer un peu.
– Puis une soirée autour d’un feu qui boucane dans toutes les directions, au son de la flûte, de la guitare et du crayon.
Bonne nuit !
Jacinthe
